Le genre au-delà des langues

À l’heure où l’écriture inclusive fait débat aux quatre coins de la France, laissez-moi donc vous parler du genre dans le domaine linguistique. Une aventure au cœur des mystères de nos langues et de notre inconscient vous attend.

Je tâcherai de répondre à trois questions essentielles : comment attribue-t-on le genre ? Le genre influence t-il notre façon de penser ? Quelles en sont les répercussions actuelles ?

suite

Tout d’abord, revoyons les bases : qu’est-ce que le genre ? Il peut être de deux types : naturel et grammatical. Nous évoquerons au cours de cet article le genre grammatical, qui désigne la catégorisation de mots en différents genres, la plupart du temps masculin et féminin mais aussi parfois neutre. Dans certaines langues, comme le français, le genre grammatical est égal au genre sexuel, lorsque celui-ci est connu. Par exemple, le mot « fille », en français, est féminin tout comme ce qu’il définit. Cependant, ce ne sera pas le cas dans d’autres langues comme l’allemand pour laquelle le mot fille sera neutre « das Mädchen ».

Certains langages n’ont aucun genre grammatical pour les mots, comme l’anglais ou bien les langues scandinaves qui, elles, séparent les mots en deux catégories : les êtres animés et inanimés. Enfin, certains langages ont une façon bien à eux d’attribuer le genre aux mots : en Papouasie-Nouvelle-Guinée, en alamblak, le masculin est tout simplement attribué aux objets longs, grands ou bien étroits… Mais alors, me direz-vous, quelles conséquences ces particularités linguistiques peuvent-elle bien avoir ?

Si je vous dis « pont », quels adjectifs vous viennent à l’esprit ? Laissez-moi deviner. Ne serait-ce pas « fort », « résistant », « gros » ? Et pourtant si je pose cette même question à des locuteurs allemands. Leur réponse sera tout autre : « joli », « fragile », « délicat ». Cette expérience fut réalisée en 2002 sur des locuteurs allemands et espagnols. Ainsi, le mot « clé », féminin en espagnol, évoquait, pour les hispanophones les notions de petitesse, de complexité. En allemand, le mot clé est masculin et évoquait en premier lieu des mots comme « métal » ou « froid ». Selon notre langue maternelle et la « genrification » ou non des mots, notre perception des objets changent.

La langue française, tout comme l’allemand, l’espagnol, l’italien, le portugais ainsi que bien d’autres langues ont comme particularité donc de « genrifier » les mots. Exemple plus concret : lors d’une expérience, on a demandé à des locuteurs russes de personnifier les jours de la semaine. Ainsi, pour eux, les jours féminins étaient des femmes et les jours masculins des hommes, de la même manière que si l’on nous demandait de nommer notre ours en peluche préféré, grandes sont les probabilités que nous options pour un nom masculin. Le plus étonnant fut que lorsqu’on leur demanda les raisons de ces choix, ils furent tout simplement incapables de se justifier ! Cependant, il faut garder à l’esprit que cette façon de penser est tout simplement inexistante chez les locuteurs anglophones ou bien scandinaves !

Cette petite différence dans notre langage engendre ainsi une différence dans notre façon de voir les choses et de percevoir le monde qui nous entoure. Une autre étude va encore plus loin. Jennifer L. Prewitt-Freilino a établi une corrélation entre la genrification des mots dans un langage et la place qu’ont les femmes dans la société du pays où est parlé celui-ci. Dans une première expérience, on a demandé à des élèves de lire un passage en anglais, français et espagnol puis de répondre à un questionnaire.

Les résultats ont démontrés que les élèves répondaient aux questions de manière plus sexiste lorsque le langage était genré. Prewitt-Freilino et ses collègues ont poussé la recherche plus loin en consultant le Gender Gap Index du World Economic Forum qui recense les inégalités homme-femme dans plusieurs domaines, ils ont ainsi découvert que 54 % des pays présents dans l’index étaient des pays où le langage était genré alors que seulement 19,4 % des pays de l’index était des pays au langage neutre. Cependant, comme rien n’est jamais tout blanc ou tout noir, les recherches de Prewitt-Freilino ont aussi démontré que les locuteurs au langage neutre ont tendance à choisir, par défaut, lorsqu’on leur demande, le genre masculin. Le féminisme a la vie dure.

Il est important de souligner que ces recherches ont aussi mis au jour des langages neutres très sexistes comme en Iran. Des exceptions existent. Cette expérience nous incitera plus, espérons-le, à nous questionner sur les mots que nous employons chaque jour. Enfin, elle ouvre la voie à une prise de conscience et, peut-être, à de futures évolutions dans nos langages.

Anaëlle Edon

La traduction : une passerelle interculturelle

De tout temps, la traduction a servi à des individus de cultures et d’origines différentes à communiquer. Cependant, la traduction n’est pas utile uniquement à cet usage : elle permet également de créer une relation entre les cultures dans un monde cosmopolite. En effet, il relève du traducteur d’effectuer le passage d’une culture à l’autre tout en enrichissant sa traduction de repères et de contexte, lui donnant ainsi une qualité et une pertinence forte.

suite

Le traducteur : un agent culturel

Dans cette pratique, le traducteur est considéré comme un agent culturel puisqu’il est comme un médiateur entre les cultures. En effet, c’est à lui que revient la lourde tâche de retranscrire les références culturelles le mieux possible en les adaptant et en employant des détours lorsque celles-ci sont impossibles à traduire dans la langue cible.

Pour cet exercice, cet agent culturel doit tenir compte des pratiques et des normes sociales, des identités nationales ou des institutions, des mœurs et des pratiques de chaque pays, des rapports de pouvoir ainsi que des politiques qui influencent la traduction d’une manière ou d’une autre.

Le traducteur établit donc un pont important entre les deux langues dont le but est de défendre la diversité culturelle. Celui-ci est par conséquent indispensable car sans traduction, nous serions plongés dans un monde d’incompréhension, de peur de « l’autre » et de conflits.

La traduction des termes à fort contenu culturel

Il ne s’agit pas simplement de traduire des mots mais plutôt des concepts propres à des civilisations qui possèdent leurs propres manières de penser. Ces mots « à fort contenu culturel » ou « culture-bound terms » en anglais sont très difficiles à traduire puisqu’il s’agit de préserver leur identité en gardant à l’esprit qu’il ne sera pas forcément possible de conserver l’ensemble du concept.

Ces termes illustrent la plupart du temps : une culture matérielle différente telle que l’architecture, les vêtements, la gastronomie, les unités de mesures ; un système socioculturel bien défini comme la religion, les coutumes, les systèmes scolaires et administratifs, la politique et le domaine militaire. On retrouve généralement ce type de contenu dans le domaine juridique et des sciences humaines.

Comment s’y prendra alors notre agent culturel pour traduire ce genre de texte ? Ce dernier aura le choix parmi les quatre options suivantes qui s’offrent à lui : l’emprunt, la traduction littérale que l’on pourrait également qualifier de calque, l’équivalence culturelle puis la périphrase autrement désignée par traduction explicative. Chacun de ces procédés a ses spécificités et doit être choisi en fonction du public ciblé, du domaine du texte ainsi que de son style.

Le traducteur devra donc se heurter à un dilemme souvent rencontré avec ce genre de contenu qui n’est autre que faire un choix entre traduire ou expliquer. Quel que soit son choix, il devra y avoir réfléchi avec considération puisque la moindre erreur pourrait entraîner une mauvaise compréhension du texte et ainsi, le passage de relais entre les deux cultures ne pourra s’opérer correctement.

Rédigé par Ellenita Gomez
Révisé par Perrine Bourdeau

Source : http ://blog.bilis.com/traduction-culture-constructive-interdependance/

L’audiodescription ou le travail des traducteurs d’image

L’audiodescription, bien que moins connue que le sous-titrage ou le doublage et peu mise en avant, compte parmi les divers types de traduction audiovisuelle et n’en est assurément pas moins importante. L’audiodescription est un procédé rendant accessible aux personnes malvoyantes ou non-voyantes des films, des émissions, des pièces ou bien encore des expositions. Il est aujourd’hui de plus en plus possible de bénéficier de ce procédé à la télévision, mais aussi dans des cinémas ou des théâtres qui programment certaines séances ou pièces en audiodescription. Alors, de quoi s’agit-il concrètement ?

suite

L’audiodescription consiste à décrire, grâce à une voix off, certains passages ou détails d’un programme audiovisuel afin de faciliter la compréhension des personnes déficientes visuelles qui ne peuvent pas le visionner correctement. Le script est rédigé par un auteur après analyse du film puis est enregistré. Une analyse de l’œuvre au préalable par l’auteur est nécessaire afin de bien cerner ses enjeux et de définir les intentions du réalisateur. Cette analyse permet aussi de choisir les éléments à ne pas omettre et ceux qui sont superflus, et de déterminer les moments où l’audiodescription pourra être placée. Enfin, le script doit être rédigé de façon à s’inscrire dans des moments dépourvus de dialogues ou de musiques et effets sonores trop importants, afin, bien évidemment, de ne pas gêner leur écoute et leur compréhension.

L’audiodescription se révèle donc être un exercice complexe qui contient son lot de défis et de difficultés. Il existe en effet une importante contrainte de temps et il s’agit donc d’être assez concis afin de ne pas empiéter sur les dialogues tout en étant le plus précis et le plus informatif possible. On peut facilement imaginer la difficulté d’écrire l’audiodescription d’un film rapide dans lequel les actions ou les changements de plans, par exemple, s’enchainent.

Pour créer une audiodescription de qualité, il faut donc faire face à divers enjeux. Bien-sûr, il est nécessaire que le texte soit clair et facile d’écoute. Il est aussi important de faire des choix car on ne peut pas tout décrire et il faut donc aller au plus important sans toutefois perdre certaines informations capitales. Il s’agit également de décrire de façon neutre et objective les informations données à l’écran. En effet, l’auteur ne peut pas laisser entrevoir ses propres impressions, être critique ou transmettre des impressions personnelles, et ce, afin de laisser le spectateur se faire un avis.

Toutefois, il semble important pour un auteur de coller au style du film dans son audiodescription, c’est-à-dire de s’adapter notamment au type de film ou à l’atmosphère créée. On peut donc en déduire que l’enregistrement est un véritable travail de comédien puisqu’il faut trouver un bon équilibre entre une interprétation trop froide ou au contraire, trop expressive. La difficulté est donc de rester fidèle à l’œuvre sans la dénaturer.

Les auteurs d’audiodescription sont parfois appelés « traducteurs d’image », a priori avec raison, puisque c’est bien d’un travail de traduction dont il s’agit : les auteurs ne décrivent pas seulement l’image, ils la traduisent en un texte audio afin de recréer mentalement les images dans l’esprit des spectateurs malvoyants ou non-voyants et de les plonger dans l’œuvre comme le reste des spectateurs.

Camille Le Corre
Révisé par Perrine Bourdeau et Virginie Le Diagon

Source : http ://www.btistudios.com/latest/2013/12/05/audio-description-the-inside-story/

La VOST pour mieux s’exprimer !

Je suis sûr que vous aimez regarder séries et films, dont la plupart viennent probablement de l’étranger. Dépendant de votre niveau, il est possible que vous activiez les sous-titres, et c’est aujourd’hui ce que nous allons aborder !

suite

Tout d’abord, mise au point. Ici, nous allons parler de VOST (Version originale sous-titrée), donc pas de sous-titres traduits, déjà parce que cela est plus adapté lorsqu’il en vient à l’apprentissage d’une langue. Ensuite, il est possible que vous soyez déjà tombés sur différents sous-titrages de films ou séries vous ayant laissés effarés devant leur médiocrité, alors autant en rester à leur version originale. Là au moins, nous sommes certains de lire quelque chose de correct !

Commençons donc par le commencement : apprendre une langue, c’est diablement long et ça demande un investissement aussi régulier que sérieux. Je suppose que tout le monde s’accorde sur la question. Malheureusement, tout le monde n’a pas le temps de prendre des cours pour s’améliorer, et à défaut de mieux, on se rabat souvent sur des applications mobiles ou autres plateformes d’apprentissage pour s’y mettre.

Mais survient maintenant un hic : une fois « apprise », il est fort possible d’avoir quelques difficultés à utiliser une langue, car apprendre une langue, c’est une chose, mais l’utiliser en est une toute autre. En effet, pour cela, il est mieux d’avoir une certaine compréhension de celle-ci, en particulier en termes de contexte.

Ici arrive l’intérêt premier d’utiliser le sous-titrage comme un moyen d’apprentissage. Tout d’abord parce que je pense que tout le monde s’accordera à dire qu’apprendre en se distrayant rend la tâche moins fastidieuse. Ici, c’est en réalité plutôt un moyen d’associer plus aisément des mots ou expressions à leur contexte : voir une scène dans une série (par exemple) et le sous-titre qui correspond à ce qui est dit permet d’associer les deux clairement. Ainsi, lorsque nous entendons de nouveau ces mots ou expressions, le contexte nous revient bien plus facilement. Comprendre ce qui est dit est alors plus aisé, et vice-versa lorsqu’il s’agit de s’exprimer : nous nous souvenons de la situation, du coup, les mots nous reviennent d’eux-mêmes.

De plus, les sous-titres ont un intérêt pour les films étrangers eux-mêmes, simplement du fait qu’ils offrent une perspective linguistique différente de celle qu’il nous est possible de percevoir dans leur version doublée ou sous-titrée en français. Voir un film dans sa version originale permet une meilleure appréhension et compréhension de la culture du film.

En gros, si votre expression écrite comme orale est bancale, regardez des séries en VOST, c’est la solution idéale !

Maxime Cléret
Révisé par Camille Le Corre

Localisation et traduction de vidéos : un service qui tend à prospérer

Le format vidéo est aujourd’hui une excellente passerelle d’informations. Que ce soit les entreprises ou le service public, tous utilisent ce format simple et efficace pour faire passer leur message. Avec les moyens de communication et les plateformes actuels, les vidéos sont des moyens ludiques et rapides de se maintenir informé. Elles fournissent, par ailleurs, un travail important aux sociétés de localisation et de traduction.

suite

Aujourd’hui, de plus en plus d’entreprises utilisent le format vidéo comme un outil marketing. Une vidéo bien réalisée permet de capter l’attention du client sur des points bien précis et devient bien plus efficace qu’un texte. La vidéo se révèle alors être un atout majeur déclinable dans quasiment tous les domaines : l’économie, la publicité, les jeux vidéo, etc.

Les sociétés de traduction ou de localisation ont un rôle majeur car elles permettent la diffusion de cette information. La plupart du temps c’est un produit ou un concept qui est présenté dans ce type de format. Dans l’optique de conquérir les marchés étrangers, il est nécessaire d’adapter le contenu en fonction de la cible visée.

Les sociétés de traduction et de localisation proposent des services variés à leurs clients, maximisant ainsi leur retour sur investissement. Voici les principaux services qu’elles peuvent offrir :

  • Doublage : vise à remplacer la bande son originale par celle produite dans la langue souhaitée. Le doublage nécessite un processus de traduction particulier en amont, car le linguiste doit, dans un premier temps, analyser le mouvement des lèvres originel afin que la traduction s’y conforme et que le doublage ne se remarque pas.
  • Sous-titrage : consiste à ajouter à l’écran le texte du dialogue ou de la narration, traduit ou non.
  • Voice-over : consiste à remplacer ou à superposer la voix originale par le texte traduit. Il est alors possible de substituer complètement la traduction à la version originale ou de laisser cette dernière en fond sonore.
  • Voix-off : correspond à la voix d’une personne qui n’est pas à l’image. Une fois le script traduit, le comédien délivrera le message en adoptant une diction adéquate et en marquant les pauses nécessaires.

Moins couteux que le doublage, le voice-over et la voix off constituent des alternatives intéressantes au sous-titrage, qui oblige le spectateur à se concentrer sur la lecture, au détriment du reste de la vidéo. Il s’agit d’un service plus souple et plus rapide.

S’agissant d’un format narratif très efficace en termes de communication, la vidéo s’inscrit en permanence dans l’utilisation des réseaux sociaux. Non seulement c’est un support captivant, mais elle est la forme de contenu la plus partagée sur internet.

Arthur CHEVALLIER-LETORT
Révisé par Margaux LECLERC

La transcription, c’est pas de la tarte  !

Ben non, ce n’est pas facile. Premièrement parce que je le dis, et ensuite parce que sinon ce ne serait pas un métier. Souvent, la transcription est la première étape d’un long travail. Ce n’est donc pas à prendre à la légère. La transcription c’est la première étape de nombreux sous-titrages et doublages, de comptes-rendus de conférences, de retranscriptions de vidéos pour sourds et malentendants, etc.

suite

Dans le cadre du sous-titrage ou du doublage, la transcription sert de script à partir duquel produire une traduction. Le travail se doit d’être sérieux car chaque erreur se répercutera dans les autres langues. De plus, certains téléspectateurs dépendent du sous-titrage pour comprendre un programme. Les personnes sourdes et malentendantes ne peuvent pas se passer du sous-titrage produit à partir de la transcription. D’ailleurs, il arrive que la transcription soit le seul support qui leur est proposé. La transcription se fait de manière générale a posteriori de la production de la vidéo mais il arrive, pour les programmes en direct tels que les journaux télévisés, que la transcription soit faite en direct. On parle alors de transcription audio. La transcription audio peut se faire grâce à des logiciels qui soit, font du bon travail, mais sont encore assez approximatifs, surtout quand l’interlocuteur a un accent marqué. Certaines personnes, dont le talent ne peut être égalé que par un interprète, transcrivent en direct. Il n’est pas rare pour elles d’entendre une langue source et de devoir transcrire vers une langue cible. Ce sont en quelque sorte des interprètes par écrit.

Il est important que l’étape de la transcription soit bien respectée car, alors que nous nous dirigeons de plus en plus vers des contenus diffusés en version multilingue, le sous-titrage pour personnes entendantes est devenu prévalent et parfois l’unique choix proposé. Les personnes sourdes ou malentendantes, en regardant un programme sous-titré de manière classique ne perçoivent pas les hésitations, peuvent avoir du mal à comprendre qui parle et, le sous-titrage étant retravaillé pour rentrer dans une limite de caractères, peuvent perdre une partie importante du discours qu’une personne entendante pourrait saisir.

La transcription est loin d’être inutile et facile. Si jamais vous ne me croyez pas, je vous invite à tenter de transcrire le discours d’un parlementaire écossais pour les personnes sourdes et malentendantes.

 

Léa Pigeau
Révisé par Blandine Fourchet et Virginie Le Diagon

Source : https ://thelanguagefactory.co.uk/transcription-audio-translation-difference/

Sous-titrage VS doublage  : le choc des titans

Dans un article précèdent (Le sous-titrage : pourquoi ? du 11/10/2017) nous avons mis en évidence quelques avantages et inconvénients du sous-titrage. Ces points ont montré quelles incidences ils ont sur le public. Nous nous étions alors questionnés sur le meilleur choix à adopter pour atteindre au mieux le public. Les solutions qui sont le plus prisées sont le sous-titrage ou le doublage.

suite

Le traducteur a une grande responsabilité lors de la rédaction du scénario. S’il choisit de respecter scrupuleusement le texte, il risque de perdre le public à cause d’un texte qui perd de son sens dans la langue cible. S’il choisit de l’adapter, il risque de perdre le sens de l’action.

Les avantages du doublage sont la bonne compréhension de l’intrigue par les spectateurs. Cependant, est-ce vraiment le cas ? Le doublage se compose de deux phases principales : la traduction littéraire du scénario d’origine, puis son interprétation (par le traducteur dans un premier temps, puis par les acteurs). Les versions papiers et enregistrées ne seront pas les mêmes.

Les acteurs n’étant pas tous originaires des mêmes régions du monde, leur dialecte diffère. Ainsi, un acteur québécois n’aura pas les mêmes expressions qu’un acteur marseillais. Ils parlent cependant tous deux la même langue. Alors imaginez ce qu’il en est pour les films à doubler depuis l’anglais…

Le souci le plus important lors de la traduction d’une série ou d’un film est la prise en compte des jeux de mots. Le traducteur doit savoir faire preuve de créativité et d’imagination pour trouver un équivalent qui pourra être compris par le public et garder l’effet comique du calembour. Car bien évidement, il est inconcevable de traduire littéralement un jeu de mots.

Argumentons par l’exemple : dans la série The Big Bang Theory, les blagues en lien avec la physique, l’astronomie et les comics sont constantes et sont utilisées dans chaque épisode. Lors du visionnage dans la version française (doublée, donc) les doubleurs surjouent les personnages qu’ils incarnent. Ceci afin d’ajouter un nouvel effet comique et ainsi conserver l’effet comique que seules les répliques n’auraient su préserver. Par ailleurs, lors du visionnage en version originale sous-titrée, certaines références sont indiquées comme par exemple une figure équivalente connue en France…

Parce qu’aujourd’hui les États Unis influencent le monde entier, les films les plus divertissants et les mieux vendus (du point de vue publicitaire) sont produits à Los Angeles, et le prestige hollywoodien traverse les frontières, alors, en bon esprit de business, les séries et les films sont doublés dans le maximum de langues. Ainsi accessibles, les spectateurs deviennent des fans. Beaucoup se prennent au jeu des versions originales sous-titrées (surtout pour les séries). Mais est-ce plus lié à la volonté d’écouter le texte original ? Ou serait-ce plutôt par simple impatience d’avoir la version doublée ?

Il n’y a pas de solution miracle finalement. Les erreurs de langues ne sont pas toutes relevées et mises à jour. Sur cette évidence, on peut conclure avec l’idée suivante : certains préfèreront les sous-titres, d’autres le doublage, le tout étant que ces deux versions soient disponibles pour satisfaire le plus grand nombre.

 

 Julie Daval

Révisé par Camille Le Corre et Paula Stylo

Source : http ://ataa.fr/revue/archives/2750

La qualité avant tout  !

Traduire c’est faire passer un texte rédigé dans une langue source dans une langue cible.

Cependant, fournir une traduction de qualité n’est pas aussi simple qu’il n’y paraît. Et ce ne sont pas les traducteurs automatiques en ligne qui vous aideront, croyez-moi !

Je vais donc vous proposer cinq points clés qui pourront vous aider à juger de la bonne qualité d’une traduction.

suite

Français-anglais et anglais-français, c’est la même chose !

L’une des premières erreurs que l’on commet souvent en traduction, c’est de croire que l’on peut traduire vers n’importe quelle langue. FAUX ! Un vrai traducteur ne traduit que vers sa langue maternelle. Il doit avoir une connaissance parfaitement parfaite de sa langue d’origine.

À chacun ses compétences !

Tel le professeur de français qui enseigne le français et non les mathématiques, un traducteur est spécialisé dans un (ou des) domaine(s) bien précis. Ainsi, un traducteur spécialisé dans le domaine médical ne peut pas accepter une traduction juridique.

Les exigences de M. Le Client

Un traducteur se doit de respecter les exigences du client. Si des doutes persistent, il ne doit pas hésiter à revenir vers le client pour demander plus de détails et avoir toutes les informations qu’il juge nécessaires à la bonne traduction de son texte.

Respect et fidélité !

Comme en amour, certaines règles de base (évidentes ou non) sont primordiales pour le bon déroulement de votre traduction. Le respect du sens est de mise : il faut savoir restituer le contenu sans en oublier, ni en ajouter. Un bon traducteur sait éviter les faux-sens et les contre-sens. Il manie la langue avec une justesse juste par-faite.

Pertinence de la fluidité

La lecture du document traduit doit être naturelle et sans accroc (fluide !). On ne doit pas se rendre compte qu’il s’agit d’une traduction (fluidité !). C’est pour cela que le travail du traducteur est en réalité bien plus profond que la simple transposition d’un contenu linguistique dans une autre langue. « Adaptation » est son mot d’ordre : traduire c’est donc aussi adapter les éléments culturels au lecteur cible pour être sûr de transmettre l’intégralité du message.

Ainsi soit-il !

Anne-Laure Zamarreno
Révisé par Élodie Clomenil et Virginie Le Diagon

Source : http ://content.lionbridge.com/10-ways-to-ensure-quality-translations/

Le sous-titrage : pourquoi pas ?

Dans notre société moderne où la patience n’est plus de mise, tous les contenus multimédias doivent être accessibles immédiatement. C’est pour cela que le lendemain de la diffusion officielle d’un épisode aux États-Unis, les fans français peuvent satisfaire leur impatience et accèdent audit épisode. Chanceux sont ainsi les moins anglophones d’entre nous quand le sous-titrage fait office de bouée de secours ! Mais sous-titrer un épisode de 25 à 50 minutes n’est pas une mission facile.

suite

Celui qui assume la responsabilité de créer ces sous-titrages porte en effet deux casquettes : celle de traducteur et celle de rédacteur. Il est important de faire la distinction entre ces deux éléments.

Le traducteur doit être fidèle aux propos qui sont tenus dans les scènes, sans pour autant faire une traduction trop littéraire qui gênerait la compréhension des spectateurs. La partie rédaction est surtout concentrée sur la synchronisation du texte et des images.

Ce travail peut paraître simple mais il n’en est rien. Des sous-titres trop longs s’étalant sur plusieurs plans feront perdre le sens de l’action aux lecteurs. Quant aux sous-titres trop courts qui resteraient figés tandis que l’acteur n’a pas fini sa tirade, ils frustreraient le public (qui aurait alors l’impression de ne pas avoir le message au complet).

Si ces deux conditions sont remplies, un large public peut être touché. Cependant, on se rend compte que lorsqu’il s’agit de films sous-titrés, les salles de cinéma sont désertées et les chaînes de télé zappées. Le grand public n’est pas spécialement habitué à lire les dialogues et suivre les actions en même temps. Selon les sondages qui ont été réalisés, il ressort que la plupart des spectateurs n’aiment pas avoir à choisir entre lire les sous-titres et comprendre l’action, et regarder les scènes et ne pas comprendre ce qu’il se passe.

Un dilemme se présente alors : faut-il traduire ou doubler le film ? Une question à laquelle une réponse sera apportée prochainement.

 

Julie Daval

Révisé par Camille Le Corre et Rachel Renouf

Source : http ://ataa.fr/revue/archives/2750

La traduction des contenus vidéo des entreprises

Les contenus vidéo représentent près des trois quarts de la circulation des flux d’informations sur Internet. De nombreuses entreprises utilisent ces outils de communication pour faire la promotion de leurs produits ou de leurs services. C’est par exemple le cas des éditeurs de jeux-vidéos, qui se servent des sites web d’hébergement de vidéos pour présenter les derniers épisodes de leurs licences.

suite

Un grand nombre de ces contenus vidéo sont des traductions, voire des adaptations créées spécialement pour le marché français. Cependant, en les visionnant, il n’est pas toujours évident de se rendre compte du travail préalable qui a été mené par les traducteurs en concertation avec les responsables des entreprises. Découvrons les étapes permettant d’obtenir une bonne traduction audiovisuelle respectueuse du public cible.

Les questions préalables à la traduction des contenus vidéo

Avant de faire traduire leurs contenus, les responsables des entreprises se prononcent sur leurs besoins en matière de traduction.

L’un des sujets les plus fréquents est celui du choix à opérer entre le sous-titrage et le voice-over. L’un des avantages du sous-titrage réside dans le fait qu’il permet au destinataire de comprendre le contenu d’une vidéo sans qu’il n’ait besoin d’activer le son de son smartphone ou de son ordinateur.

Néanmoins, le voice-over comporte aussi des avantages, puisqu’il évite au destinataire de devoir lire un trop grand nombre d’informations par la diffusion simultanée de la bande originale et de la voix-off.

Si le choix des responsables s’est porté sur le sous-titrage, se pose alors la question des types de sous-titres à utiliser. Les fichiers de sous-titres, qu’ils soient aux formats SRT, SUB, SSA ou TXT peuvent être modifiés à tout moment tandis que les sous-titres incrustés sont intégrés définitivement dans les vidéos.

Enfin, la question de la prise en charge de la transcription des contenus vidéo par le traducteur adaptateur est également un sujet crucial. En effet, si les responsables des entreprises décident de la traiter eux-mêmes, ils devront s’assurer de disposer des outils adéquats permettant de réaliser la détection.

L’intervention du traducteur adaptateur

Une fois qu’un projet sera attribué à un traducteur, celui-ci devra tout faire pour que le contenu livré soit en adéquation avec les attentes de l’entreprise.

Ainsi, le style du contenu vidéo original devra être respecté afin de préserver l’authenticité du message. Cela passera entre autres par l’utilisation du même registre de langue ou du même ton dans le cas du voice-over. Un vocabulaire familier pourra par exemple être conservé pour le sous-titrage d’un contenu vidéo destiné à de jeunes joueurs.

D’autre part, le traducteur devra veiller à ce que son adaptation soit respectueuse de la culture des destinataires du contenu vidéo traduit. Les responsables de l’entreprise, tout comme le traducteur devront donc avoir une bonne connaissance de leur public cible pour éviter de nuire à la réputation de l’entreprise et à celle du traducteur.

En conclusion, la traduction des contenus vidéo des entreprises est une activité bien plus complexe qu’on ne pourrait l’imaginer au premier abord.

Stéphane Bagassien-Catalan

Source : http ://www.vengaglobal.com/blog/expanding-market-reach-teach-your-videos-how-to-speak-a-foreign-language/