Difficultés et joies du traducteur littéraire

Certains textes sont plus complexes à traduire que d’autres. Certains auteurs sont plus compliqués à transposer que d’autres.

Compliqués ou savoureux ?

Si pour le lecteur, le style de l’auteur fait partie intégrante du plaisir et de la richesse de lecture, c’est aussi vrai pour le traducteur.

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Dans un récent entretien accordé à l’ATLF (Association Littéraire des Traducteurs de France), Nathalie Bru décrit sa méthode de travail et son amour pour l’écrivain qui l’a conduite à la traduction littéraire : Paul Beatty.

« Jubiler dans d’atroces souffrances »

Nathalie Bru explique en effet qu’elle a découvert l’auteur au cours de ses études et que, sous le charme du texte, elle a décidé de surmonter ses difficultés pour en faire son sujet de mémoire puis le proposer à des maisons d’édition, estimant que l’auteur méritait d’être connu en France.

Elle souligne l’importance de s’éloigner du texte pour mieux le traduire, la nécessité de s’approprier le texte pour en conserver l’esprit et le sens plutôt que la forme. La fidélité passe par une fine connaissance du français afin de trouver une manière d’écrire qui gardera l’essence de la source au lieu de vouloir à tout prix coller au texte. Nathalie Bru précise : « Je me laisse porter par le texte tel que je l’entends, tel qu’il résonne en moi et j’essaie de transposer cette musique dans une musicalité française qui me semble correspondre en me laissant autant que possible porter par ma plume. Bien sûr, il y a de nombreux réglages à faire ensuite. […] Avec ce type d’écriture, être fidèle au texte implique un degré de trahison supérieur à ce qui est nécessaire pour la traduction de textes disons plus “classiques”. » Le traducteur est alors lui-même poussé à la création de formes innovantes, à la recherche d’autres sources d’inspiration : collègues, amis et enfants sont mis à contribution pour trouver une nouvelle fraîcheur et tester des idées.

Ce point de vue n’est pas sans rappeler la méthode d’André Markowicz qui, dans sa nouvelle traduction des livres de Dostoïevski, s’était attaché à rendre la véhémence des propos de l’auteur, la musicalité et la théâtralité des œuvres, au lieu de produire une traduction en beau français, déstabilisant à l’époque les puristes.

Nathalie Bru évoque également les questions que soulève un texte riche en références culturelles. Ce type de texte nécessite que le traducteur s’interroge non seulement en amont, pour lui-même s’assurer d’appréhender et de bien retranscrire ces références, mais également lors de la traduction : le lecteur va-t-il les saisir ? L’écrivain a-t-il prévu que celui-ci les comprenne ? Est-ce fondamental à la compréhension du texte ? Faut-il fournir des explications ? Sous quelles formes ? Comment résister à la tentation de fournir au lectorat toutes les informations que le traducteur a pris plaisir à glaner au cours des recherches et qui prouvent, si besoin était, le talent de l’auteur ?

Pour reprendre les mots de Nathalie Bru, toute traduction littéraire n’est-elle pas finalement « un travail à la fois jubilatoire, exténuant, enrichissant (intellectuellement faute de l’être financièrement) et… terriblement frustrant » ?

 

Alexane Bébin

Révisé par Héloïse Huard

Source : http ://www.atlf.org/jubiler-dans-datroces-souffrances-nathalie-bru-paul-beatty/

Le genre au-delà des langues

À l’heure où l’écriture inclusive fait débat aux quatre coins de la France, laissez-moi donc vous parler du genre dans le domaine linguistique. Une aventure au cœur des mystères de nos langues et de notre inconscient vous attend.

Je tâcherai de répondre à trois questions essentielles : comment attribue-t-on le genre ? Le genre influence t-il notre façon de penser ? Quelles en sont les répercussions actuelles ?

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Tout d’abord, revoyons les bases : qu’est-ce que le genre ? Il peut être de deux types : naturel et grammatical. Nous évoquerons au cours de cet article le genre grammatical, qui désigne la catégorisation de mots en différents genres, la plupart du temps masculin et féminin mais aussi parfois neutre. Dans certaines langues, comme le français, le genre grammatical est égal au genre sexuel, lorsque celui-ci est connu. Par exemple, le mot « fille », en français, est féminin tout comme ce qu’il définit. Cependant, ce ne sera pas le cas dans d’autres langues comme l’allemand pour laquelle le mot fille sera neutre « das Mädchen ».

Certains langages n’ont aucun genre grammatical pour les mots, comme l’anglais ou bien les langues scandinaves qui, elles, séparent les mots en deux catégories : les êtres animés et inanimés. Enfin, certains langages ont une façon bien à eux d’attribuer le genre aux mots : en Papouasie-Nouvelle-Guinée, en alamblak, le masculin est tout simplement attribué aux objets longs, grands ou bien étroits… Mais alors, me direz-vous, quelles conséquences ces particularités linguistiques peuvent-elle bien avoir ?

Si je vous dis « pont », quels adjectifs vous viennent à l’esprit ? Laissez-moi deviner. Ne serait-ce pas « fort », « résistant », « gros » ? Et pourtant si je pose cette même question à des locuteurs allemands. Leur réponse sera tout autre : « joli », « fragile », « délicat ». Cette expérience fut réalisée en 2002 sur des locuteurs allemands et espagnols. Ainsi, le mot « clé », féminin en espagnol, évoquait, pour les hispanophones les notions de petitesse, de complexité. En allemand, le mot clé est masculin et évoquait en premier lieu des mots comme « métal » ou « froid ». Selon notre langue maternelle et la « genrification » ou non des mots, notre perception des objets changent.

La langue française, tout comme l’allemand, l’espagnol, l’italien, le portugais ainsi que bien d’autres langues ont comme particularité donc de « genrifier » les mots. Exemple plus concret : lors d’une expérience, on a demandé à des locuteurs russes de personnifier les jours de la semaine. Ainsi, pour eux, les jours féminins étaient des femmes et les jours masculins des hommes, de la même manière que si l’on nous demandait de nommer notre ours en peluche préféré, grandes sont les probabilités que nous options pour un nom masculin. Le plus étonnant fut que lorsqu’on leur demanda les raisons de ces choix, ils furent tout simplement incapables de se justifier ! Cependant, il faut garder à l’esprit que cette façon de penser est tout simplement inexistante chez les locuteurs anglophones ou bien scandinaves !

Cette petite différence dans notre langage engendre ainsi une différence dans notre façon de voir les choses et de percevoir le monde qui nous entoure. Une autre étude va encore plus loin. Jennifer L. Prewitt-Freilino a établi une corrélation entre la genrification des mots dans un langage et la place qu’ont les femmes dans la société du pays où est parlé celui-ci. Dans une première expérience, on a demandé à des élèves de lire un passage en anglais, français et espagnol puis de répondre à un questionnaire.

Les résultats ont démontrés que les élèves répondaient aux questions de manière plus sexiste lorsque le langage était genré. Prewitt-Freilino et ses collègues ont poussé la recherche plus loin en consultant le Gender Gap Index du World Economic Forum qui recense les inégalités homme-femme dans plusieurs domaines, ils ont ainsi découvert que 54 % des pays présents dans l’index étaient des pays où le langage était genré alors que seulement 19,4 % des pays de l’index était des pays au langage neutre. Cependant, comme rien n’est jamais tout blanc ou tout noir, les recherches de Prewitt-Freilino ont aussi démontré que les locuteurs au langage neutre ont tendance à choisir, par défaut, lorsqu’on leur demande, le genre masculin. Le féminisme a la vie dure.

Il est important de souligner que ces recherches ont aussi mis au jour des langages neutres très sexistes comme en Iran. Des exceptions existent. Cette expérience nous incitera plus, espérons-le, à nous questionner sur les mots que nous employons chaque jour. Enfin, elle ouvre la voie à une prise de conscience et, peut-être, à de futures évolutions dans nos langages.

Anaëlle Edon

La traduction : une passerelle interculturelle

De tout temps, la traduction a servi à des individus de cultures et d’origines différentes à communiquer. Cependant, la traduction n’est pas utile uniquement à cet usage : elle permet également de créer une relation entre les cultures dans un monde cosmopolite. En effet, il relève du traducteur d’effectuer le passage d’une culture à l’autre tout en enrichissant sa traduction de repères et de contexte, lui donnant ainsi une qualité et une pertinence forte.

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Le traducteur : un agent culturel

Dans cette pratique, le traducteur est considéré comme un agent culturel puisqu’il est comme un médiateur entre les cultures. En effet, c’est à lui que revient la lourde tâche de retranscrire les références culturelles le mieux possible en les adaptant et en employant des détours lorsque celles-ci sont impossibles à traduire dans la langue cible.

Pour cet exercice, cet agent culturel doit tenir compte des pratiques et des normes sociales, des identités nationales ou des institutions, des mœurs et des pratiques de chaque pays, des rapports de pouvoir ainsi que des politiques qui influencent la traduction d’une manière ou d’une autre.

Le traducteur établit donc un pont important entre les deux langues dont le but est de défendre la diversité culturelle. Celui-ci est par conséquent indispensable car sans traduction, nous serions plongés dans un monde d’incompréhension, de peur de « l’autre » et de conflits.

La traduction des termes à fort contenu culturel

Il ne s’agit pas simplement de traduire des mots mais plutôt des concepts propres à des civilisations qui possèdent leurs propres manières de penser. Ces mots « à fort contenu culturel » ou « culture-bound terms » en anglais sont très difficiles à traduire puisqu’il s’agit de préserver leur identité en gardant à l’esprit qu’il ne sera pas forcément possible de conserver l’ensemble du concept.

Ces termes illustrent la plupart du temps : une culture matérielle différente telle que l’architecture, les vêtements, la gastronomie, les unités de mesures ; un système socioculturel bien défini comme la religion, les coutumes, les systèmes scolaires et administratifs, la politique et le domaine militaire. On retrouve généralement ce type de contenu dans le domaine juridique et des sciences humaines.

Comment s’y prendra alors notre agent culturel pour traduire ce genre de texte ? Ce dernier aura le choix parmi les quatre options suivantes qui s’offrent à lui : l’emprunt, la traduction littérale que l’on pourrait également qualifier de calque, l’équivalence culturelle puis la périphrase autrement désignée par traduction explicative. Chacun de ces procédés a ses spécificités et doit être choisi en fonction du public ciblé, du domaine du texte ainsi que de son style.

Le traducteur devra donc se heurter à un dilemme souvent rencontré avec ce genre de contenu qui n’est autre que faire un choix entre traduire ou expliquer. Quel que soit son choix, il devra y avoir réfléchi avec considération puisque la moindre erreur pourrait entraîner une mauvaise compréhension du texte et ainsi, le passage de relais entre les deux cultures ne pourra s’opérer correctement.

Rédigé par Ellenita Gomez
Révisé par Perrine Bourdeau

Source : http ://blog.bilis.com/traduction-culture-constructive-interdependance/

Dracula : traduction d’un mythe sang limites

Il n’est pas difficile d’imaginer qu’une œuvre aussi ancienne et renommée que Dracula, écrite par Bram Stoker ait été au fil des ans, traduite dans de nombreuses langues. Qui ne connait pas les grandes lignes de ce conte d’horreur devenu de nos jours un effet de mode dans la littérature moderne, au cinéma et même à la télévision ? On peut pourtant se demander d’où vient cet intérêt tout particulier pour le Roi des Carpates et pourquoi son lien avec les langues est si fort.

Depuis sa publication en 1897, le récit de cette bonne vieille chauve-souris a été traduit dans pas moins de 29 langues depuis l’anglais qui est la langue d’origine de son écrivain. Eh oui ! Bien que Dracula vienne des Carpates, il porte bien la marque londonienne de B. Stoker. Mais le personnage fantastique retrouve une authenticité des pays de l’Est… dès sa première traduction ! En effet, en 1898 est publié pour la première fois Drakula : Angol Regény – Harker Jonathan Naplója, traduction du British Dracula qui devient alors hongrois. Il faut bien avouer que l’on apporte plus de respect à un vampire effrayant des montagnes de l’Est qu’à un ado brillant des plus américains (appelons-le Edward), bien moins charismatique.

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Encore une fois, et sans trop se mettre en danger, il est possible d’affirmer que la traduction première de Dracula apporte une valeur ajoutée au personnage, voire au concept de « vampire » qui après avoir traversé des générations se retrouve sur nos écrans. Mais l’altération, ou l’amélioration de l’œuvre grâce à la traduction de celle-ci ne s’arrête pas là : en 1901, une nouvelle version inspirée du personnage de Dracula voit le jour (et sans soleil, s’il vous plait) en Islande.

Traduire, c’est trahir un peu. La traduction littéraire ne déroge pas à cette règle, mais le traducteur islandais contemporain Valdimar Ásmundsson choisit son camp sans scrupule : lors de sa traduction vers une langue scandinave, il prit la liberté de changer quelque peu l’histoire du vampire, donnant un ton plus mystique, plus sombre et plus sensuel à l’œuvre nouvelle. Serait-ce de là que nous vient cette image presque provocatrice du désir charnel à l’évocation des vampires ? Si l’on considère que de nos jours, certains perçoivent ces créatures comme les antithèses des humains, cette attraction pour l’interdit est justifiée, et il est à présent démontré que la traduction de l’œuvre originelle a joué un rôle dans ce concept d’opposition de créations divines et sataniques. Impossible, me direz-vous, mais pas pour les traducteurs.

Le texte original remodelé, retravaillé et adapté aux différentes langues emporta le récit au-delà des Balkans, voyageant jusqu’en Asie où en 1956 fut publiée une version japonaise de Dracula. Encore une fois, le traducteur abandonna quelques conventions et s’éloigna de l’aspect épistolaire de la version originale pour en faire un récit plus oral, comme une légende à partager au coin du feu. Et ce fut un franc succès : le Japon s’ouvrit grâce à cette traduction, ou que dis-je… à cette transcréation à la littérature paranormale, précurseurs des mangas ?

Pour nos amis français, Dracula n’est à présent qu’une légende, et beaucoup oublient qu’avant de devenir l’emblème des séries telles que True Blood ou Vampire Diaries, les suceurs de sang découlaient de la littérature. Heureusement, certains artistes tentent de conserver l’authenticité des Carpates de Dracula. Même les comptines pour enfants s’en inspirent dans cette chanson nommée Le baiser du Vampire. Pour les enfants ? Cela reste à prouver, car malgré sa mélodie puérile, cette œuvre musicale révèle un sous-texte peu adapté aux plus jeunes. Ce n’est donc plus un souci de traduction du langage, mais après tout, s’adapter à son public est également un défi du traducteur. Voilà qui nous laisse sang-dessus-dessous.

Gildas Mergny

Source : http ://www.k-international.com/blog/dracula-in-translation/

La qualité avant tout  !

Traduire c’est faire passer un texte rédigé dans une langue source dans une langue cible.

Cependant, fournir une traduction de qualité n’est pas aussi simple qu’il n’y paraît. Et ce ne sont pas les traducteurs automatiques en ligne qui vous aideront, croyez-moi !

Je vais donc vous proposer cinq points clés qui pourront vous aider à juger de la bonne qualité d’une traduction.

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Français-anglais et anglais-français, c’est la même chose !

L’une des premières erreurs que l’on commet souvent en traduction, c’est de croire que l’on peut traduire vers n’importe quelle langue. FAUX ! Un vrai traducteur ne traduit que vers sa langue maternelle. Il doit avoir une connaissance parfaitement parfaite de sa langue d’origine.

À chacun ses compétences !

Tel le professeur de français qui enseigne le français et non les mathématiques, un traducteur est spécialisé dans un (ou des) domaine(s) bien précis. Ainsi, un traducteur spécialisé dans le domaine médical ne peut pas accepter une traduction juridique.

Les exigences de M. Le Client

Un traducteur se doit de respecter les exigences du client. Si des doutes persistent, il ne doit pas hésiter à revenir vers le client pour demander plus de détails et avoir toutes les informations qu’il juge nécessaires à la bonne traduction de son texte.

Respect et fidélité !

Comme en amour, certaines règles de base (évidentes ou non) sont primordiales pour le bon déroulement de votre traduction. Le respect du sens est de mise : il faut savoir restituer le contenu sans en oublier, ni en ajouter. Un bon traducteur sait éviter les faux-sens et les contre-sens. Il manie la langue avec une justesse juste par-faite.

Pertinence de la fluidité

La lecture du document traduit doit être naturelle et sans accroc (fluide !). On ne doit pas se rendre compte qu’il s’agit d’une traduction (fluidité !). C’est pour cela que le travail du traducteur est en réalité bien plus profond que la simple transposition d’un contenu linguistique dans une autre langue. « Adaptation » est son mot d’ordre : traduire c’est donc aussi adapter les éléments culturels au lecteur cible pour être sûr de transmettre l’intégralité du message.

Ainsi soit-il !

Anne-Laure Zamarreno
Révisé par Élodie Clomenil et Virginie Le Diagon

Source : http ://content.lionbridge.com/10-ways-to-ensure-quality-translations/

Traduire vers l’espagnol en tenant compte des variantes régionales

Disposant d’un nombre important de locuteurs sur le continent américain et dans les Caraïbes, la langue espagnole est présente bien au-delà de la péninsule ibérique. Cependant, sur le plan du vocabulaire comme sur celui de la prononciation, les variantes de l’espagnol parlées en Amérique latine, aux Etats-Unis et dans les pays hispanophones des Caraïbes se distinguent plus ou moins du castillan d’Espagne. Dans ce contexte, découvrons quelles sont les précautions à prendre avant de débuter un projet de traduction vers l’espagnol.

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Identifier le public cible

Avant toute chose, il est indispensable d’identifier le public auquel on va s’adresser, afin de proposer la meilleure traduction possible, que ce soit pour un document à caractère juridique, pour la localisation d’un site web ou pour une interprétation par visioconférence.

Néanmoins, l’identification du public cible ne doit pas se limiter à faire le choix entre traduire pour un public espagnol ou traduire pour un public américain. En effet, on retrouve de nombreuses variantes de la langue espagnole sur le continent américain. Par ailleurs, on observe des différences entre celles parlées dans les régions de plaines et les régions de plateaux.

De plus, à l’échelle d’un même pays, peuvent coexister des variantes de la langue espagnole. C’est le cas des Etats-Unis, où l’on remarque des différences entre l’espagnol parlé par les populations latino-américaines installées depuis plusieurs générations et celui parlé par les nouveaux immigrés.

Identifier les différences de vocabulaire et de prononciation

Après avoir bien identifié le public cible, il est nécessaire d’analyser les différences liées au vocabulaire et à la prononciation.

Le vocabulaire de la langue source devra être adapté au public cible en recherchant les équivalents utilisés dans le pays. Ainsi, le mot « cuisinière » sera traduit par « estufa » pour un public colombien, guatémaltèque ou mexicain. Cette adaptation est utile afin d’éviter les erreurs de sens : par exemple le mot « voiture » qui peut être traduit par « coche » dans certains pays d’Amérique latine, devra être traduit par « automóvil » au Guatemala, où le mot « coche » désigne un animal.

La prononciation des mots devra aussi être prise en compte pour la traduction audiovisuelle. Il faudra par exemple veiller à mettre l’accent tonique sur les déterminants possessifs si l’on s’adresse à un public mexicain.

En conclusion, on ne peut pas traduire exactement de la même façon selon que l’on s’adresse à un locuteur vivant sur la côte Est du Mexique, dans le Sud-Ouest des Etats-Unis, ou dans le Nord-Ouest de l’Argentine.

Stéphane Bagassien–Catalan

Source : http ://www.languagescientific.com/comprende-why-you-cant-just-translate-into-spanish/

Avantages et inconvénients de la retraduction

Nous savons que la traduction est une étape primordiale en vue de l’exportation d’une œuvre cinématographique ou littéraire. Toutefois, cette étape n’est pas toujours définitive puisque certaines œuvres peuvent être retraduites dans le cadre d’une réédition ou d’un nouveau doublage. Découvrons ce qu’apporte la retraduction et quelles sont ses limites.

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La retraduction : une vision moderne de l’œuvre originale

Pour commencer, lancer un projet de retraduction permet de proposer une nouvelle version de l’œuvre originale sans reproduire les erreurs repérées dans la traduction précédente. Il peut s’agir de fautes d’orthographe, de contresens, d’erreurs de style, d’erreurs de doublage ou d’erreurs liées au sous-titrage. Évidemment, la retraduction elle-même peut contenir des erreurs, d’où l’intérêt de recommencer ce processus régulièrement.

Ensuite, la mise en place d’une retraduction s’avère nécessaire lorsque la traduction précédente va à l’encontre de la volonté de l’auteur. Le cas du roman Minuit, publié en 1936 par Julien Green, illustre cette nécessité : sous le troisième Reich, la traduction allemande de cette œuvre donnait intentionnellement une image morbide et nihiliste des Français, sans tenir compte de la version originale en français.

En outre, effectuer une retraduction permet d’adapter le vocabulaire d’une œuvre aux évolutions de la langue vers laquelle elle doit être transposée. Prenons l’exemple des noms de métiers : dans le cas d’une œuvre en français à traduire vers l’anglais, on pourra utiliser le terme « fire fighter » plutôt que celui de « fireman » pour désigner un pompier. De même, pour une traduction du français vers l’espagnol on préfèrera le terme « auxiliar de vuelo » à celui de « azafata » pour désigner une hôtesse de l’air.

Comme nous venons de le voir, la retraduction nous permet d’apprécier l’œuvre originale sous un regard nouveau. Toutefois, ce procédé fait l’objet de nombreuses critiques pour les raisons suivantes.

La retraduction : une pratique discutable

Premièrement, entreprendre la retraduction d’un film ou d’un livre peut s’avérer moins passionnant pour des traducteurs que de traduire pour la première fois une œuvre vers une langue cible. Par exemple, s’ils ont préalablement consulté la traduction existante, ils risquent de trop s’attacher à celle-ci et découvriront peut-être moins de nouveaux termes durant la phase de recherche terminologique.

Deuxièmement, on peut reprocher à la retraduction de vouloir à tout prix moderniser des œuvres anciennes en oubliant le fait que celles-ci ont été conçues dans des contextes politiques et sociaux différents des nôtres. Il y a un risque que les jeunes générations aient du mal à situer correctement des œuvres anciennes dans leur cadre spatio-temporel à cause de leur retraduction. Par ailleurs, ces retraductions d’œuvres anciennes pourraient priver les jeunes lecteurs ou spectateurs d’opportunités leur permettant d’enrichir leur vocabulaire et leur culture générale.

Pour conclure, la retraduction est une procédure cherchant à corriger les défauts d’une traduction existante, mais elle doit rester fidèle à l’œuvre originale pour ne pas perdre de son intérêt.

Stéphane Bagassien – Catalan

Sources : https ://enlalunadebabel.com/2016/07/04/envejecen-los-libros-y-las-peliculas/

http ://translationjournal.net/journal/33censorship.htm

Le double-sens : le fléau de l’existence d’un traducteur

La langue est la manière par laquelle nous comprenons tout ce qui se passe autour de nous. C’est un ensemble de symboles qui représente les réalités d’une société et de sa culture. Elle est dynamique, et selon la société, la région, ou le pays, il y a toujours des différences,  subtiles ou non dans la manière de s’exprimer. Elle est donc un produit de la société où elle se développe et diffère d’un pays à l’autre. Le problème, c’est que dans la traduction d’une langue à une autre, il n’est pas toujours possible qu’un mot soit traduit de façon exacte pour donner la même signification que dans la langue source. Et donc voilà, le problème qui n’aura jamais de solution : le double-sens dans une traduction.

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Qu’est-ce que le double-sens ?

On parle de double-sens quand un mot ou une phrase peut avoir des interprétations différentes. Il peut être intentionnel ou non : un jeu de mots qui s’emploie en faisant une blague, une métaphore habilement conçue par un poète, ou juste un fait qui n’était pas du tout prévu. Quoi qu’il en soit, c’est rarement simple de traduire un mot ou une phrase avec un double-sens.

Le double-sens non intentionnel

Parfois dans la traduction, on se retrouve avec un texte qui contient un double-sens non intentionnel. Mais que faut-il faire dans cette situation ? En général, si la signification du double-sens est claire, il faut simplement faire en sorte que la traduction la transmette. Si le double-sens est trop ambigu, il vaut mieux en parler avec le client pour le prévenir du problème et lui demander une clarification pour pouvoir traduire le sens voulu. Il existe encore des mots ou des phrases dans une langue qui ont un double-sens selon le pays. En espagnol, le mot « chambear » s’utilise au Mexique, en Équateur et au Pérou pour « travailler, » mais en République dominicaine, cela signifie « inhaler de la cocaïne ». Il est donc très important de prendre en compte les double-sens possibles selon les pays et de s’assurer que la traduction est bien localisée pour les éviter.

Le double-sens intentionnel

Lorsqu’il est nécessaire de traduire vers plusieurs langues, il est beaucoup plus compliqué de traduire des ambiguïtés qui sont intentionnelles de la part du client. Pour quelques combinaisons de langues, il est bien possible de maintenir le double-sens, mais impossible pour d’autres. Par exemple, dans la blague suivante, la traduction de « purgatoire » fait toujours référence à un chat en anglais et en espagnol, mais en français, ce n’est pas le cas.

Where do cats go when they die ? – Purrgatory.

¿A dónde van los gatos cuando mueren ? – Purgatorio.

Par conséquent, s’il n’est pas possible de maintenir le double-sens, il faut prévenir le client et proposer une autre solution, telle qu’une reformulation complète ou un jeu de mots différent mais qui fonctionne dans la langue cible.

En tant que traducteur, les défis sont inévitables et la traduction des double-sens en fait partie. Parfois, ce double-sens peut être le fléau de votre existence sachant qu’il est difficile de traduire le sens dans sa totalité. Néanmoins, ce n’est pas toujours une situation impossible à gérer. Faîtes appel à votre créativité ! Vous pouvez y arriver !

Giselle Dunbar

Source : http ://traduccionexperta.com/doble-sentido-en-las-traducciones/

Quelques astuces pour les nouveaux traducteurs freelance

Débuter dans la traduction en indépendant peut être effrayant. Où trouver du travail, comment se vendre efficacement, où et comment développer son réseau, à combien se vendre ? Tant de questions que peuvent se poser les débutants et si peu de réponses, ou tout au moins pas évidentes. Alors, comment doit-on s’y prendre pour débuter dans les meilleures conditions possibles ?

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Petit florilège des livres les plus traduits au monde

Le site Acantho publie la liste des cinq livres les plus traduits de l’histoire. Pourquoi certains livres sont‑ils traduits plus que d’autres ? Parce qu’ils ont quelque chose d’universel et d’intemporel, comme en témoignent les nombreuses adaptations dont ils font encore l’objet…

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