Rédiger en anglais

« [Le traducteur s’engage] à traduire uniquement vers sa langue maternelle ou une langue cultivée, maniée avec précision et aisance. »

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Cette citation du code de déontologie de la Société Française des Traducteurs (SFT) est devenue l’une des règles d’or de tout bon traducteur. Cependant, si les métiers de la traduction et de l’interprétation appliquent cette règle convenue, qu’en est-il du métier de rédacteur technique ? La réponse est plus complexe qu’elle ne pourrait le sembler de prime abord. Comment choisir entre deux mots si je ne saisis pas les nuances subtiles dans leur sens ? Comment adapter mon discours à un public si j’éprouve des difficultés à saisir le registre d’une langue étrangère ? Est-ce que je devrais plutôt utiliser l’infinitif ou l’impératif pour donner des instructions ? Tant de questions qui mènent à une évidence : la rédaction ne devrait se faire que dans sa langue maternelle. Le fait d’avoir vécu avec les usages de la langue permet de faciliter la prise de position sur les réponses à ces questions.

Cependant, le marché actuel de la rédaction technique est tel que le rédacteur doit parfois écrire directement en anglais. Il s’agit souvent de documentations internes spécifiques ou de procédés propres à l’entreprise. Rédiger en anglais permet alors à l’entreprise d’économiser le prix d’une éventuelle traduction.

Mais alors, comment je rédige en anglais, moi ?

Tout d’abord, il faut commencer par éviter de traduire ses pensées avant de les mettre sur le papier. C’est un conseil qui concerne la rédaction dans une langue étrangère de manière générale. Ainsi, lorsque vous écrivez en anglais, pensez en anglais. Un texte écrit de cette manière sera plus naturel et mieux construit pour un locuteur natif. Et de cette façon, vous éviterez plusieurs pièges de formulations, qu’ils soient idiomatiques ou grammaticaux.

Une fois ce problème évité, vous devrez vous frotter aux nombreux écueils de la langue de Shakespeare. À titre d’exemple, il y a ce que l’on appelle les noun strings. Il s’agit d’une juxtaposition de noms destinés à qualifier un nom final. On estime généralement qu’à partir de cinq leur nombre nuit à la compréhension et ouvre aux interprétations. Par exemple, « Draft laboratory animal rights protection regulations » serait plus compréhensible écrit « Draft regulations to protect the rights of laboratory animals ».

Enfin, évitez les phrases longues et les formulations trop denses. Comme on dit dans le milieu de la rédaction technique, KISS (Keep It Short and Simple). Sachez rester simple et court, vous éviterez ainsi de vous perdre dans le fil de vos phrases.

David Loury

Source : https ://www.net-translators.com/knowledge-center/articles/writing-for-translation-10-tips-for-improving-your-documentation

L’incidence de l’anglais sur la langue française et sur le processus de traduction

L’évolution de la langue française en elle-même

Avant de s’attarder sur l’ajout d’anglicismes, voire de néologismes, à la langue française, il est important de rappeler son histoire. En effet, observer l’origine et l’évolution de notre langage permet de prendre en compte l’impact constant d’autres langues ou dialectes sur un idiome.

Prenons la langue française : issue du latin imposé par Jules César après la guerre des Gaules, le français n’a réellement vu le jour qu’autour du IXe siècle et a depuis connu de nombreuses modifications, tant phonétiques que sémantiques. Ces modifications, ou rectifications, se sont caractérisées sous différentes formes telles que les réformes de l’orthographe avec comme conséquence la réédition du Dictionnaire de l’Académie française. De plus, si le français était la langue de la monarchie, son apprentissage fut encore plus long car les langues régionales ont longtemps été plus importantes en France. Il faut attendre le XXe siècle pour voir le français s’étendre complètement sur le territoire et supplanter les langues régionales.

L’ajout progressif d’anglicismes

Comme expliqué plus haut, l’évolution d’un langage est influencée par les autres langues environnantes. Alors, nous sommes en droit de supposer que les anglicismes sont ajoutés au français depuis que les deux sociétés se sont rencontrées. Cette théorie est plus ou moins vraie : on observe des ajouts d’anglicismes à partir du XVIIIe siècle avec les mots « paquebot », « marketing » ou encore « speech ».

Néanmoins, ces ajouts de vocabulaire sont progressifs et réduits. Promulguée en 1994, la loi Toubon garantie l’utilisation principale de la langue française avec, dans le cas d’un manque de lexique, le décret du 3 juillet 1996 qui vise à favoriser l’enrichissement du français. Dans le but d’utiliser le plus possible le français et ses richesses, les médias font également en sorte de réguler les anglicismes en proposant des concordants. Une liste d’équivalents est par exemple proposée sur le site du Conseil supérieur de l’audiovisuel.

L’impact sur la traduction et le choix de termes

« La langue de la République est le français. » En accord avec l’article 2 de la Constitution de 1958, la traduction doit s’effectuer de manière à obtenir un texte traduit dans un français le plus pur possible. Malheureusement, nous nous devons de reconnaître qu’à présent, certains anglicismes sont beaucoup trop ancrés dans notre langage. Cependant, il est important de préciser si la traduction se fait vers du français de France car d’autres pays francophones peuvent décider de traduire un terme. Par exemple, « smartphone » est un anglicisme accepté en France alors qu’il est traduit par « téléphone intelligent » au Québec. Dans le domaine du sport, il est également possible de retrouver des anglicismes utilisés car considérés comme partie intégrante du lexique dudit sport : au football un joueur dribble et le corner est une phase de jeu.

Afin d’éviter d’utiliser un anglicisme, le traducteur doit chercher le terme le plus approprié dans le domaine ciblé. Pour ce faire, différents outils sont à disposition tels que les glossaires, bases terminologiques, revues spécialisées, etc. À l’ère du numérique, l’avancée technologique permet d’avoir accès à toutes les ressources possibles pour garantir la qualité de la traduction des termes auxquels un traducteur peut être confronté.

Mathieu Hergas

Source principale :

http ://www.okodia.com/la-traduccion-de-anglicismos-nos-hace-menos-cool/

Autres sources :

http ://www.france-pittoresque.com/spip.php ?article5097

http ://bbouillon.free.fr/univ/hl/Fichiers/Cours/intro.htm

http ://www.academie-francaise.fr/la-langue-francaise/terminologie-et-neologie

http ://www.slate.fr/story/69533/francais-anglais-angliscismes-franglais

http ://www.csa.fr/Television/Le-suivi-des-programmes/Le-respect-de-la-langue-francaise/Anglicismes-les-equivalents-francais-recommandes