La traduction audiovisuelle  : formation spécifique obligatoire  ?

Bref historique de la localisation

L’univers de l’audiovisuel s’est énormément développé ces dernières années.

Aujourd’hui, il existe de nombreuses entreprises qui distribuent différents types de contenus, tels que des séries, des films ou des documentaires. Bien entendu, tous ces contenus nécessitent d’être traduits et localisés pour les rendre accessibles à toute personne souhaitant les visionner.

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Le sous-titrage et la langue des signes à la télévision

L’année dernière, du 17 au 23 novembre 2014, a eu lieu la 18ème édition de la Semaine pour l’emploi des personnes handicapées. À cette occasion, France 2 a proposé tous ses journaux télévisés en langue des signes française et en sous-titrage synchronisé, une première pour la chaîne. Cet événement est ainsi l’occasion de revenir sur la situation actuelle du sous-titrage et de la langue des signes à la télévision, ainsi que sur les métiers qui se cachent derrière. Continuer la lecture de Le sous-titrage et la langue des signes à la télévision

Transcrire l’audio-visuel pour une plus large accessibilité

Alors que le contenu télévisuel migre de plus en plus vers des plates-formes sur internet comme Netflix ou encore Hulu, qu’en est-il de l’accessibilité à ces services pour les personnes sourdes et malentendantes ? Continuer la lecture de Transcrire l’audio-visuel pour une plus large accessibilité

La traduction audiovisuelle

La diffusion de programmes en version originale entraînerait des chutes d’audience de l’ordre de 30 % chez les Français. C’est du moins ce que démontre une étude réalisée en 2007, apportant ainsi la preuve que les Français ressentent le besoin de pouvoir visionner films, séries et programmes télévisés dans leur langue maternelle. La traduction audiovisuelle, et surtout l’industrie du doublage, aurait donc le vent en poupe ! Mais il existe d’autres techniques de traduction audiovisuelle que le doublage.

Parlons du procédé de la voix hors-champ, à ne pas confondre avec le Voice-Over. La voix hors-champ fait intervenir la voix d’une personne absente à l’écran. Elle peut servir à situer le contexte au début de l’émission ou à commenter tout le long du programme, afin de donner des informations utiles à la compréhension de l’action vue à l’écran. On peut la trouver dans les reportages, les publicités… Cette technique demande un vrai jeu d’acteur au doubleur, qui doit adapter sa voix en fonction du message qu’il souhaite transmettre : avec ou sans émotion, simple spectateur ou subjectif… À ne pas confondre avec le Voice-Over donc, technique qui consiste à enregistrer les voix des professionnels par-dessus la piste audio de base qui sera toujours audible en arrière-plan. Elle est utilisée lorsque l’on souhaite conserver l’intensité et l’originalité de la voix originale, mais également pour que le spectateur n’ait pas non plus à se concentrer sur des sous-titres.

Les Français sont très friands du doublage ! 80 % des longs métrages étrangers sont doublés dès qu’ils passent la frontière. C’est le processus le plus agréable pour le spectateur qui n’a besoin de se concentrer sur aucun élément d’aide à la compréhension, et qui peut apprécier le film presque comme s’il s’agissait de l’original. Les voix originales son sont remplacées par des voix de la langue maternelle du spectateur. Ce procédé requiert une synchronisation labiale parfaite, une difficulté pour les professionnels du doublage qui doivent caler la traduction sur les lèvres de l’acteur original. Il leur faut également tenir compte des contraintes métalinguistiques, comme les références culturelles du pays de départ et d’arrivée. Par exemple, un public chinois aura des difficultés à comprendre un film ayant pour sujet l’Holocauste. Il pourra être remplacé par le massacre de Nankin, plus parlant pour cette culture.

La technique du sous-titrage est également très prisée, tant par les spectateurs que par les professionnels de l’audiovisuel. Elle consiste à retranscrire à l’écrit en bas de l’écran l’essentiel de ce qui est dit à l’oral par les acteurs. Elle est appréciée par les spectateurs qui connaissent la langue de départ et qui, ainsi, peuvent saisir toutes les nuances de la langue de départ, tout en ayant à disposition une traduction courte vers leur langue maternelle. C’est celle qui, en revanche, sollicite le plus le spectateur : l’écoute, l’observation et la lecture entrent en jeu simultanément. Les professionnels doivent passer par plusieurs étapes : le repérage des moments d’apparition et de disparition des lignes à l’écran, la traduction en elle-même qui doit tenir compte des contraintes d’espace à l’écran et de temps d’apparition à l’écran, et la synthèse nécessaire du message à faire passer à l’écrit.

Carole Rigoni

 

Les réalités du marché de la traduction audiovisuelle

S’il est difficile de trouver un poste dans la traduction audiovisuelle, il l’est encore plus quand il s’agit du sous-titrage et du doublage de vidéos issues de l’industrie cinématographique.

En effet, l’apparition des chaînes du câble et du DVD il y a 20 ans était censée relancer la profession, mais les traducteurs désirant travailler dans ce domaine se sont retrouvés trop nombreux, diminuant ainsi la demande. De plus, la traduction audiovisuelle est un secteur dans lequel l’offre et la demande sont instables et, par conséquent, les rémunérations baissent considérablement.

Les nouvelles technologies ont aussi un impact sur l’emploi dans le secteur. C’est le cas, par exemple, des logiciels de doublage virtuel apparus il y a quelques années. C’est aussi le cas des catalogues de programmes qui sont désormais déjà traduits.

Avec la généralisation de la Télévision Numérique pour Tous (TNT), la demande en traduction aurait dû augmenter. Néanmoins, les nouveaux diffuseurs réutilisent, grâce au numérique, des fichiers de sous-titres qui existent déjà, et ce quelle que soit la qualité des sous-titres.

Actuellement, les traducteurs spécialisés dans le domaine audiovisuel travaillent plus sur l’adaptation des sous-titres que sur leur traduction. Du fait du déséquilibre entre l’offre et la demande, la traduction est de plus en plus réalisée par les sociétés de postproduction spécialisées dans le doublage et le sous-titrage, ce qui leur permet d’exercer une pression sur les tarifs.

En outre, à cause de la mondialisation, ce sont maintenant les grands groupes de traduction présents dans le monde entier qui ont le contrôle sur une partie du marché de la traduction audiovisuelle. Par conséquent, dans de nombreux pays comme l’Angleterre, les pays scandinaves et les États-Unis, la traduction dans ce domaine n’est plus reconnue comme un métier en tant que tel.

Quant au sous-titrage pour sourds et malentendants, certaines entreprises obligent les adaptateurs à accepter d’être payés en droits d’auteurs, contrairement à la loi.

Bien qu’il y ait encore quelques débouchés dans la traduction audiovisuelle, le sous-titrage et le doublage d’œuvres cinématographiques se font de plus en plus rares.

 

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Ezanno Kévin