Titres d’œuvres et choix de traduction

Autour de nous, tout porte la marque de la traduction. Qu’il s’agisse d’un produit alimentaire dont l’emballage est traduit en plusieurs langues afin d’être exporté le plus possible, d’un texte religieux transmis aux quatre coins du globe ou encore d’un site internet disponible en plusieurs langues dans le but d’en faciliter l’accès.

On pourrait considérer que la nature même de la traduction est volatile tant elle est modelée par l’évolution des langages et par les choix des traducteurs au cours de leurs travaux. C’est cet aspect que nous allons ici mettre en avant : les choix de traductions dans la culture. Parfois farfelus, ils ont en général un but précis déterminé par le traducteur et son client : rendre le produit plus compréhensible, plus commercial, etc. Nous nous attarderons plus précisément sur les titres d’œuvres de cinéma, de bandes dessinées ainsi que de romans.

Commençons donc par le cinéma ! Rien que sur les 50 meilleurs films jamais réalisés1, on constate différents styles de traductions pour les titres :

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  • Les traductions que l’on pourrait qualifier de fidèles, comme par exemple Le Silence des agneaux (The Silence of the Lambs), Le Seigneur des anneaux (The Lord of the Rings) ou Le Loup de Wall Street (The Wolf of Wall Street).

  • Les titres inchangés : Fight Club, Reservoir Dogs, Into the Wild.

  • Les titres adaptés : Les Affranchis (The Goodfellas), Les Évadés (The Shawshank Redemption).

On notera également que nos cousins québécois font généralement d’autres choix de traduction, voire traduisent littéralement le titre. Ainsi, en prenant un nouvel exemple du classement, on remarque pour le film Phone Booth que le traducteur français a choisi Phone Game tandis que le traducteur québécois a traduit La Cabine. Ce choix du traducteur français a dû être fait dans l’esprit de mieux promouvoir le film en gardant un titre accrocheur.

Du côté de la littérature, on retrouve aussi différentes traductions dont des modifications par rapport au titre original. Prenons comme exemple le premier tome de la saga Harry Potter : Harry Potter and the Philosopher’s Stone est devenu Harry Potter and the Sorcerer’s Stone aux États-Unis. La modification la plus importante reste pour la traduction française : on se débarrasse de l’idée même de pierre pour garder Harry Potter à l’école des sorciers qui, semblerait-il, a un impact marketing bien plus important.

Pour terminer, intéressons-nous à la bande dessinée et au petit Gaulois nommé Astérix. En effet, si la plupart des titres sont traduits fidèlement, on notera certaines variations intéressantes lorsque les titres comportent des éléments d’une culture spécifique :

  • Le Bouclier arverne devient alors Asterix and the Chieftain’s Shield. L’implication géographique et historique du bouclier disparaît pour laisser place à son importance pour le chef gaulois.

  • D’un autre côté, on peut supposer qu’Astérix chez Rahàzade est devenu Asterix and the Magic Carpet car le traducteur n’arrivait pas à trouver un jeu de mot équivalent à celui avec Shéhérazade des contes des Mille et Une Nuits.

La traduction fait partie de notre environnement qu’il soit culturel ou économique. En ce qui concerne la culture, il est possible d’apprécier ou non les choix faits par le traducteur. Si ce n’est pas le cas… Eh bien, il ne reste qu’à profiter de l’œuvre dans sa version originale.

Mathieu HERGAS

1Classement établi par le site IMDb.

Source : http ://tavargentina.com/2016/10/lost-in-translation/

 

Doublage calamiteux : quels sont les risques pour la profession de doubleur ?

Dumbbells : le meilleur pire exemple

Le doublage d’un film permet aux téléspectateurs d’apprécier une œuvre originale dans une langue qu’ils comprennent. Pour ce faire, un doublage de qualité est essentiel pour respecter au mieux les émotions et les idées d’origine. Or, le doublage de Dumbbells est à l’opposé de la qualité. Continuer la lecture de Doublage calamiteux  : quels sont les risques pour la profession de doubleur  ?

Le pawnee à l’honneur au cinéma dans The Revenant

Le domaine de la traduction se base sur l’apprentissage des langues ; nous traduisons les langues les plus utilisées, et de plus en plus certaines langues qui sont moins utilisées. Au CFTTR, nous nous intéressons donc aussi à toutes les langues, aussi diversifiées qu’elles soient. Continuer la lecture de Le pawnee à l’honneur au cinéma dans The Revenant

Les drôles de traductions dans la culture populaire

La traduction des produits de culture populaire peut devenir un véritable casse-tête pour le traducteur selon la langue et la culture dans laquelle il opère. Par exemple, le titre d’une œuvre est ce qu’il y a de plus difficile à traduire car ce sont dans ces quelques mots que se trouvent tout l’esprit de l’œuvre et comment le public en aura une première perception. Continuer la lecture de Les drôles de traductions dans la culture populaire

Les réalités du marché de la traduction audiovisuelle

S’il est difficile de trouver un poste dans la traduction audiovisuelle, il l’est encore plus quand il s’agit du sous-titrage et du doublage de vidéos issues de l’industrie cinématographique.

En effet, l’apparition des chaînes du câble et du DVD il y a 20 ans était censée relancer la profession, mais les traducteurs désirant travailler dans ce domaine se sont retrouvés trop nombreux, diminuant ainsi la demande. De plus, la traduction audiovisuelle est un secteur dans lequel l’offre et la demande sont instables et, par conséquent, les rémunérations baissent considérablement.

Les nouvelles technologies ont aussi un impact sur l’emploi dans le secteur. C’est le cas, par exemple, des logiciels de doublage virtuel apparus il y a quelques années. C’est aussi le cas des catalogues de programmes qui sont désormais déjà traduits.

Avec la généralisation de la Télévision Numérique pour Tous (TNT), la demande en traduction aurait dû augmenter. Néanmoins, les nouveaux diffuseurs réutilisent, grâce au numérique, des fichiers de sous-titres qui existent déjà, et ce quelle que soit la qualité des sous-titres.

Actuellement, les traducteurs spécialisés dans le domaine audiovisuel travaillent plus sur l’adaptation des sous-titres que sur leur traduction. Du fait du déséquilibre entre l’offre et la demande, la traduction est de plus en plus réalisée par les sociétés de postproduction spécialisées dans le doublage et le sous-titrage, ce qui leur permet d’exercer une pression sur les tarifs.

En outre, à cause de la mondialisation, ce sont maintenant les grands groupes de traduction présents dans le monde entier qui ont le contrôle sur une partie du marché de la traduction audiovisuelle. Par conséquent, dans de nombreux pays comme l’Angleterre, les pays scandinaves et les États-Unis, la traduction dans ce domaine n’est plus reconnue comme un métier en tant que tel.

Quant au sous-titrage pour sourds et malentendants, certaines entreprises obligent les adaptateurs à accepter d’être payés en droits d’auteurs, contrairement à la loi.

Bien qu’il y ait encore quelques débouchés dans la traduction audiovisuelle, le sous-titrage et le doublage d’œuvres cinématographiques se font de plus en plus rares.

 

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Ezanno Kévin

Une revue consacrée à la traduction/adaptation audiovisuelle ?

Le 23 octobre 2012, l’Ataa (Association des Traducteurs/Adaptateurs de l’Audiovisuel) a organisé une réunion publique qui s’est tenue à la Scam afin d’annoncer la création d’une revue consacrée à la traduction/adaptation audiovisuelle.

En 2009, l’Ataa a décidé de créer un blog afin de publier des billets d’actualité relativement courts, des communiqués, des informations pratiques sur la vie de l’association, etc… Comme il est parfois difficile de trouver un équilibre entre les « brèves » et les articles plus approfondis, l’idée d’une revue spécialisée a vue le jour. Ainsi, les articles courts, les brèves d’actualité, les revues de presse, ainsi que les billets qui concernent la vie de l’association proprement dite, resteront sur le blog. La revue, elle, accueillera les autres types d’articles et permettra de mieux les mettre en valeur. Continuer la lecture de Une revue consacrée à la traduction/adaptation audiovisuelle  ?

Édition 2012-2013 du Prix du sous-titrage et du doublage

Les récompenses pleuvent au cinéma et l’ATAA a donc décidé en 2010, de récompenser ceux qui agissent dans l’ombre du grand écran et de promouvoir les métiers représentés par l’association. Ainsi, nombre de traducteurs/adaptateurs dans les domaines du sous-titrage, doublage, voice-over et sous-titrage pour les sourds et les malentendants ont été récompensés. Continuer la lecture de Édition 2012-2013 du Prix du sous-titrage et du doublage

L’implacable réalité sur le secteur de l’audiovisuel

Les mordus de cinéma et les aficionados de séries voient dans la traduction audiovisuelle l’occasion de fusionner leur plaisir avec l’activité professionnelle. Participer, dans le cadre de son métier, à un projet dont nous serions nous-même le premier fan, ne serait-il pas le travail idéal ? L’Association des Traducteurs et Adaptateurs de l’Audiovisuel (ATAA) tient à montrer la réalité du métier derrière le fantasme et en profite pour tirer la sonnette d’alarme sur ce secteur en crise.

Dans un article éloquent, aussi pessimiste que réaliste, adressé aux étudiants envisageant de travailler dans ce domaine, l’ATAA dresse le tableau des difficultés du secteur audiovisuel. Il évoque, dans un premier temps, la situation du traducteur-adaptateur, rangé au statut d’auteur qui l’oblige à accepter des conditions précaires (pas de contrat de travail, pas de congés payés ni d’assurance chômage). Les courts délais et les rémunérations dérisoires par rapport à un temps de travail énorme sont les quotidiens des métiers de l’adaptation.

Tout en ayant pour objet de défendre les intérêts des professionnels, l’association présente le marché actuel de l’audiovisuel, empoisonné par le déséquilibre entre l’offre et la demande d’adaptation. Subissant un effondrement des rémunérations depuis plusieurs années, les traducteurs n’ont plus que la qualité de leur prestation à faire valoir (contrairement à un fansubber) dans un marché international qui mise sur l’économie au détriment de la qualité. Un marché saturé où tout traducteur est facilement remplaçable s’il n’est pas prêt à accepter les conditions qu’on lui propose. Dans ce contexte bouché et à l’avenir incertain, un diplôme de traduction audiovisuelle n’offre pas la garantie de conditions de travail décentes.

Un tableau réaliste dans lequel l’ATAA met en garde les futurs traducteurs qui, s’ils acceptent de se lancer dans ce métier, devront s’armer d’une grande détermination. D’une part, pour travailler sur des œuvres aux antipodes des grands classiques du cinéma et d’autre part, pour s’imposer face aux clients dans le démarchage et la négociation.

L’ATAA tient à dissiper les mirages et prévient les étudiants quant aux illusions que fait miroiter le glamour d’un secteur artistique précaire.

Simon Thepaut

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