Le sous-titrage et la langue des signes à la télévision

L’année dernière, du 17 au 23 novembre 2014, a eu lieu la 18ème édition de la Semaine pour l’emploi des personnes handicapées. À cette occasion, France 2 a proposé tous ses journaux télévisés en langue des signes française et en sous-titrage synchronisé, une première pour la chaîne. Cet événement est ainsi l’occasion de revenir sur la situation actuelle du sous-titrage et de la langue des signes à la télévision, ainsi que sur les métiers qui se cachent derrière. Continuer la lecture de Le sous-titrage et la langue des signes à la télévision

Comment traduire un titre de film ?

La traduction d’un titre de film est une tâche difficile. Elle s’est révélée d’autant plus difficile avec la multiplication des genres cinématographiques depuis le XIXème siècle : comédie, drame, thriller, film d’action, ou encore film d’épouvante. Chaque année, des centaines de films doivent donc être traduits par le biais du sous-titrage ou du doublage pour attirer le plus de spectateurs possibles. Continuer la lecture de Comment traduire un titre de film  ?

La tendance au doublage en France

Il est très difficile de trouver des films ou séries télé en VO (Version Originale) ou VOST (Version Originale Sous-titrée) en France. De TF1 à M6, les grandes chaînes ne semblent pas prêtes à privilégier ce système, bien que la VOST commence à se développer.

Nos voisins d’Europe du Nord, eux, sont pourtant bien plus fervents de sous-titres. On est donc à même de se demander d’où vient cette réticence aux versions originales, au pays des frères Lumière…

L’histoire du doublage en France Le doublage est arrivé en France au début des années 30 avec la naissance du cinéma parlant. Il va notamment se développer avec l’âge d’or d’Hollywood, les studios de cinéma étant désireux de s’internationaliser. À cette époque, il était courant que les acteurs se doublent eux-mêmes dans des versions à langues multiples.

C’est dans les années 50, période d’après-guerre, que le doublage à proprement parler va devenir une institution, répondant ainsi au besoin de communiquer de façon plus fluide et plus simple. Dans les années 80, avec l’explosion des séries américaines, on assiste à des doublages souvent assez comiques car exagérés et inspirés des westerns, à tel point qu’ils font souvent l’objet de parodies.

« Le grand détournement : La classe américaine » (1991) de Michel Hazanavicius et Dominique Mézerette est un petit chef d’œuvre en la matière. De nos jours, l’ampleur du doublage n’a pas fini de croître, nous avons nos voix française bien à nous : Céline Monsarrat (Julia Roberts), Samuel Labarthe (George Clooney) ou Damien Witecka (Leonardo DiCaprio), bien que la voix de ce dernier ait été récemment remplacée, car considérée comme plus assez « mature » par les studios. On va immédiatement identifier ces acteurs à leur « voix officielle » dans les films, sans même chercher à savoir si elle ressemble à leur voix originale, car elles sont devenues cultes pour nous et font partie de notre culture. Pourquoi cette réticence ?

Alors que l’Europe du Nord est friande de VO ou VOST, notamment les Pays-Bas, la Suède et les îles Britanniques, la France reste avec l’Allemagne, l’Italie et l’Espagne le pays le plus consommateur de doublage. Ce dernier étant pourtant grandement critiqué. En effet la synchronisation labiale, dans de nombreux cas, n’est pas très cohérente, parfois la voix ne correspond même pas du tout au personnage. Le cas classique étant de voir les lèvres de l’acteur/trice continuer de bouger alors qu’il/elle a fini de parler. Selon certaines études, les gens trouvent généralement plus confortable de ne pas avoir à lire de sous-titres. Il en va de même pour les studios, mais par souci esthétique car l’écran est plus aéré.

Les Français n’étant pas les plus forts en langues, préfèrent, au dépit d’une version originale, regarder un film pour se détendre, et ne pas s’embêter à lire. Il est vrai que se concentrer sur les sous-titres empêche parfois de regarder pleinement un film, il y a un choix à faire en terme de confort visuel. Le sous-titrage s’en tire donc perdant dans notre culture, mais moins dans celle des pays scandinaves où tout reste en VO et est sous-titré du fait de leur proximité avec la culture anglo-saxonne. Même si le doublage est très présent en France, on assiste à de nombreux débats, notamment chez Disney qui sort des versions remastérisées de ses vieux classiques tous les ans, contenant des versions re-doublées.

On peut ici se demander, à juste titre, s’il serait possible d’utiliser le sous-titrage. Sur le net, on assiste à de nombreuses remises en question et les comparaisons d’adaptation française/adaptation québécoise font rage. La question du doublage dans une maison comme Disney reste proéminente car il nécessite un énorme travail d’adaptation à chaque culture dans les dialogues et chansons. On sait à l’avance que ces derniers vont probablement perdurer dans l’histoire et devenir cultes. La génération issue des années 80, 90 en sait quelque chose… La révolution de la VOST et la VM Cependant, si l’on va interroger la tranche d’âge des 15-30 ans, on entendra de plus en plus dire que le doublage est désagréable, voire révolu. Jeux de mots ou blagues mal adaptés, vocabulaire parfois un peu ringard, déformation de la prononciation de certains noms, peuvent totalement vous gâcher une bonne série ou un bon film. En enlevant les voix originales et en les remplaçant par des versions étrangères, on perd forcément un peu de la culture de la langue source.

Avec l’arrivée du streaming, pourquoi attendre 6 mois pour une version française, pas forcément très bien doublée, alors que l’on peut regarder sa série dès le lendemain de sa diffusion avec des sous-titres sur la toile ? De plus regarder des films ou séries en VO permet de progresser de façon conséquente, car on peut y entendre les accents et les prononciations. Cela s’avère être un excellent entraînement, voire un des meilleurs. Il en va de même pour le câble satellite, des chaînes comme Canal + ou Arte et certaines chaînes de la TNT. Effectivement, même s’il n’est pas rare d’entendre du voice-over dans certains reportages d’Arte, les sous-titres sont quand même majoritairement utilisés. Canal + s’est aussi risqué au sous-titrage, mais à des heures de faible audience.

Sur la TNT, on assiste aussi à une petite révolution. Si on regarde dans le menu, on a maintenant accès à la Version Multilingue sur certaines chaînes, ce qui permet de regarder son programme en VOSTFR (Version Sous-titrée Français). Les chaînes ont aussi souvent recours à une alternative entre VO et doublage : le voice-over. Processus qui consiste à laisser la bande son originale derrière le doublage, avec un petit temps de décalage. Il s’avère être utile pour ce qui concerne les interviews en direct, ou autre évènements qui nécessitent de la traduction simultanée et est aussi très utilisé pour les documentaires. Et vous, pensez-vous que les sous-titres vont réussir à s’imposer face au doublage en France ? Trouvez-vous plus agréable de regarder un film doublé ou d’entendre la langue originale avec des sous-titres ?

Lucie Quinquis

http ://www.orderwriters.com/the-history-of-dubbing-in-france.html

http ://www.slate.fr/story/18195/pourquoi-la-france-double-t-elle-tout-le-monde

http ://fr.wikipedia.org/wiki/Doublage

http ://www.lesgrandsclassiques.fr/doublages.php

 

Les réalités du marché de la traduction audiovisuelle

S’il est difficile de trouver un poste dans la traduction audiovisuelle, il l’est encore plus quand il s’agit du sous-titrage et du doublage de vidéos issues de l’industrie cinématographique.

En effet, l’apparition des chaînes du câble et du DVD il y a 20 ans était censée relancer la profession, mais les traducteurs désirant travailler dans ce domaine se sont retrouvés trop nombreux, diminuant ainsi la demande. De plus, la traduction audiovisuelle est un secteur dans lequel l’offre et la demande sont instables et, par conséquent, les rémunérations baissent considérablement.

Les nouvelles technologies ont aussi un impact sur l’emploi dans le secteur. C’est le cas, par exemple, des logiciels de doublage virtuel apparus il y a quelques années. C’est aussi le cas des catalogues de programmes qui sont désormais déjà traduits.

Avec la généralisation de la Télévision Numérique pour Tous (TNT), la demande en traduction aurait dû augmenter. Néanmoins, les nouveaux diffuseurs réutilisent, grâce au numérique, des fichiers de sous-titres qui existent déjà, et ce quelle que soit la qualité des sous-titres.

Actuellement, les traducteurs spécialisés dans le domaine audiovisuel travaillent plus sur l’adaptation des sous-titres que sur leur traduction. Du fait du déséquilibre entre l’offre et la demande, la traduction est de plus en plus réalisée par les sociétés de postproduction spécialisées dans le doublage et le sous-titrage, ce qui leur permet d’exercer une pression sur les tarifs.

En outre, à cause de la mondialisation, ce sont maintenant les grands groupes de traduction présents dans le monde entier qui ont le contrôle sur une partie du marché de la traduction audiovisuelle. Par conséquent, dans de nombreux pays comme l’Angleterre, les pays scandinaves et les États-Unis, la traduction dans ce domaine n’est plus reconnue comme un métier en tant que tel.

Quant au sous-titrage pour sourds et malentendants, certaines entreprises obligent les adaptateurs à accepter d’être payés en droits d’auteurs, contrairement à la loi.

Bien qu’il y ait encore quelques débouchés dans la traduction audiovisuelle, le sous-titrage et le doublage d’œuvres cinématographiques se font de plus en plus rares.

 

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Ezanno Kévin