L’incidence de l’anglais sur la langue française et sur le processus de traduction

L’évolution de la langue française en elle-même

Avant de s’attarder sur l’ajout d’anglicismes, voire de néologismes, à la langue française, il est important de rappeler son histoire. En effet, observer l’origine et l’évolution de notre langage permet de prendre en compte l’impact constant d’autres langues ou dialectes sur un idiome.

Prenons la langue française : issue du latin imposé par Jules César après la guerre des Gaules, le français n’a réellement vu le jour qu’autour du IXe siècle et a depuis connu de nombreuses modifications, tant phonétiques que sémantiques. Ces modifications, ou rectifications, se sont caractérisées sous différentes formes telles que les réformes de l’orthographe avec comme conséquence la réédition du Dictionnaire de l’Académie française. De plus, si le français était la langue de la monarchie, son apprentissage fut encore plus long car les langues régionales ont longtemps été plus importantes en France. Il faut attendre le XXe siècle pour voir le français s’étendre complètement sur le territoire et supplanter les langues régionales.

L’ajout progressif d’anglicismes

Comme expliqué plus haut, l’évolution d’un langage est influencée par les autres langues environnantes. Alors, nous sommes en droit de supposer que les anglicismes sont ajoutés au français depuis que les deux sociétés se sont rencontrées. Cette théorie est plus ou moins vraie : on observe des ajouts d’anglicismes à partir du XVIIIe siècle avec les mots « paquebot », « marketing » ou encore « speech ».

Néanmoins, ces ajouts de vocabulaire sont progressifs et réduits. Promulguée en 1994, la loi Toubon garantie l’utilisation principale de la langue française avec, dans le cas d’un manque de lexique, le décret du 3 juillet 1996 qui vise à favoriser l’enrichissement du français. Dans le but d’utiliser le plus possible le français et ses richesses, les médias font également en sorte de réguler les anglicismes en proposant des concordants. Une liste d’équivalents est par exemple proposée sur le site du Conseil supérieur de l’audiovisuel.

L’impact sur la traduction et le choix de termes

« La langue de la République est le français. » En accord avec l’article 2 de la Constitution de 1958, la traduction doit s’effectuer de manière à obtenir un texte traduit dans un français le plus pur possible. Malheureusement, nous nous devons de reconnaître qu’à présent, certains anglicismes sont beaucoup trop ancrés dans notre langage. Cependant, il est important de préciser si la traduction se fait vers du français de France car d’autres pays francophones peuvent décider de traduire un terme. Par exemple, « smartphone » est un anglicisme accepté en France alors qu’il est traduit par « téléphone intelligent » au Québec. Dans le domaine du sport, il est également possible de retrouver des anglicismes utilisés car considérés comme partie intégrante du lexique dudit sport : au football un joueur dribble et le corner est une phase de jeu.

Afin d’éviter d’utiliser un anglicisme, le traducteur doit chercher le terme le plus approprié dans le domaine ciblé. Pour ce faire, différents outils sont à disposition tels que les glossaires, bases terminologiques, revues spécialisées, etc. À l’ère du numérique, l’avancée technologique permet d’avoir accès à toutes les ressources possibles pour garantir la qualité de la traduction des termes auxquels un traducteur peut être confronté.

Mathieu Hergas

Source principale :

http ://www.okodia.com/la-traduccion-de-anglicismos-nos-hace-menos-cool/

Autres sources :

http ://www.france-pittoresque.com/spip.php ?article5097

http ://bbouillon.free.fr/univ/hl/Fichiers/Cours/intro.htm

http ://www.academie-francaise.fr/la-langue-francaise/terminologie-et-neologie

http ://www.slate.fr/story/69533/francais-anglais-angliscismes-franglais

http ://www.csa.fr/Television/Le-suivi-des-programmes/Le-respect-de-la-langue-francaise/Anglicismes-les-equivalents-francais-recommandes