Les différences comportementales chez les interprètes dans l’exercice de leurs fonctions

Les fonctions et les personnalités des professionnels jouent un rôle prépondérant dans leur manière de travailler. D’après le modèle de Bartle, il existe différents types de joueurs dans le milieu des jeux vidéo. Cette classification peut également s’appliquer sur des professions, telles que l’interprétation par exemple. Celle-ci s’établit en quatre points : les perfectionnistes, les ambitieux, les aventureux et les sociables. Même si cela peut paraître inutile, il est avantageux de connaître les types de personnalité des interprètes afin de savoir à quelle personne on a affaire. Quelles sont ses motivations ? Dans quel environnement de travail évolue-t-elle ? Et ce, pour pouvoir concevoir, à terme, des propositions personnalisées intéressantes pour les clients et éventuellement se démarquer.

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Pour réussir dans le monde professionnel, certains interprètes n’hésitent pas à placer la barre haute et à tendre vers l’individualisme pour approcher la perfection. En dépit du fait que cela les empêche de travailler correctement en équipe, lorsqu’ils sont en cabine avec des collègues, ils restent exigeants sur le choix du projet ainsi que sur leur travail. Ils sont ainsi plus minutieux sur les détails et plus pointilleux sur des projets plus spécialisés.

Au contraire, on peut aussi rencontrer des interprètes bien moins à cheval sur la terminologie mais qui ont un atout primordial dans l’interprétation : la curiosité. Analyser la documentation au préalable et faire des recherches pour connaître le sujet de leur projet montrent une patience et une passion sans égales. Ces qualités s’avèrent définitivement nécessaires pour exercer cette profession.

On retrouve également deux autres sortes d’interprètes, ceux qui aiment la compétition et qui se servent de celle-ci pour avancer, notamment lorsqu’ils sont en cabine avec des collègues ; et ceux qui s’appuient sur leurs collègues et qui apprennent d’eux pour se corriger et continuer à s’améliorer. Être ouvert d’esprit et savoir parler avec aisance sont des qualités recherchées chez un interprète.

Pour pouvoir avoir éventuellement une longueur d’avance sur le client, mieux vaut savoir quels sont les différents types d’interprètes auxquels on fait face. Néanmoins, le mieux reste encore de gagner en expérience professionnelle et de se faire son propre avis sur la question, sans trop avoir d’à-prioris sur l’interprétation.

Avatar Mélody Launay

Source : https ://aidagda.com/2016/10/28/que-tipo-de-interprete-eres/

One-on-One par Stepes : la solution aux besoins en traduction instantanée

La traduction et l’interprétation sont des services linguistiques très demandés dans ce monde « sans frontières ». Effectivement, l’interprétation instantanée est un des services qui a connu la plus grande croissance dans une industrie générant déjà environ 40 milliards de dollars chaque année. Traditionnellement dans un contexte multilingue, pour faciliter l’interprétation, on anticipe le besoin et donc on embauche au préalable un interprète, ce qui est relativement onéreux. Cependant, cette alternative traditionnelle présente certains désavantages, sans même parler du prix.

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Le modèle traditionnel

On parle d’interprétation classique lorsqu’une personne, une entreprise ou un service social embauche un interprète pour faciliter la communication et cette pratique peut poser problème. Parfois, le manque de personnes qualifiées mène à des malentendus ayant un impact très important. Une mauvaise communication peut être très coûteuse en termes d’argent si on part sur le principe que certaines personnes qui interviennent lors de procédures judiciaires ou encore à l’hôpital pour faciliter la communication entre le médecin et son patient ne sont pas forcément qualifiées.

Il est aussi problématique d’utiliser le modèle classique lorsqu’une entreprise se trouve dans un endroit qui est géographiquement éloigné des traducteurs et des interprètes qualifiés. Un autre problème lié à l’emplacement géographique est l’absence ou le manque d’interprètes d’une langue ou d’un dialecte plus rare. Stepes profite de la technologie pour répondre aux besoins croissants en interprétation tout en fournissant une solution au problème de l’interprétation traditionnelle.

C’est quoi Stepes et qu’est-ce qu’elle propose ?

Stepes est une plateforme de traduction qui fournit des services de traduction instantanée, de texte, d’audio et de photos sur demande. Stepes propose une application qui peut être utilisée à partir d’un smartphone et qui permet aux particuliers d’embaucher un expert linguistique. À partir de cette application, ces experts peuvent traduire presque immédiatement les textes ou les enregistrements donnés par le « client ». L’avantage de cette application est le fait qu’elle soit accessible à des personnes qualifiées et à des prix abordables. Des interprètes géographiquement éloignés sont aussi disponibles grâce à cette application. Stepes est alors une option très intéressante pour toute personne ou entreprise ayant besoin d’interprétations ou de traductions improvisées et nécessitant un interprète ou un traducteur indépendant.

Stepes, comme la communauté de Livemocha, offre la possibilité de payer pour des traductions en utilisant des points gagnés pour des services de traductions gratuits rendus. Stepes propose cette option à tout le monde, y compris aux personnes qui ne veulent pas ou qui n’ont pas les moyens de payer pour un service linguistique. Le but de cette plateforme est de détruire les barrières qui bloquent la communication. Avec cette idée innovante, Stepes se met en bonne position pour pouvoir dominer le marché de la traduction existante, celui-ci étant mal servi en ce qui concerne les traductions immédiates et improvisées.

Giselle Dunbar

 

Source : https ://blog.stepes.com/one-on-one-instant-human-interpretation-from-your-smartphone/

 

L’interprétation dans les tribunaux : un débat sur l’art et la manière

Les interprètes des tribunaux ont une lourde responsabilité sur les épaules : rendre un discours si exact qu’il ne laisse aucune place ni au doute ni à l’omission. En effet, il s’agit d’un élément qui peut influencer la décision du juge et des autres membres du procès. Il est donc primordial que l’interprète transmette correctement les réponses de la personne qu’il assiste (souvent l’accusé, mais aussi parfois un témoin) et les questions qui lui sont posées.

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Pour cela, tous les moyens sont bons, et la plupart des interprètes assermentés utilisent l’ensemble des principaux modes d’interprétations : l’interprétation consécutive, simultanée et la traduction à vue. La majorité s’accorde sur l’emploi de ces trois méthodes, mais un débat perdure dans le domaine du consécutif.

Car l’interprétation consécutive est sujette à débat : quelle longueur de parole doit-on traduire ? Doit-on traduire chaque phrase dès que celle-ci est finie, ou attendre la fin d’un paragraphe ? Ou doit-on seulement traduire les paroles de l’accusé ou du témoin toutes les dix ou quinze minutes ?

La véracité d’une déclaration ne peut souvent être déterminée qu’à l’aide d’indices qui doivent être reliés directement à la traduction de l’interprète. Il peut s’agir de gestes, d’hésitations, de répétitions ou de regards, parmi tant d’autres détails. C’est là où l’interprétation consécutive longue représente un problème : elle éloigne ces détails du rendu final de la traduction. Non seulement il est très difficile pour l’interprète de retenir et de retranscrire toute la subtilité des paroles de l’accusé ou du témoin lorsqu’il traduit un segment d’un quart d’heure, mais il est aussi très difficile pour les juges de relier le langage du corps de la personne s’exprimant à ses paroles, puisqu’elles ne sont comprises que bien plus tard.

Et pourtant, l’utilisation de la consécutive longue se justifie aisément par ses défenseurs. Ceux-ci déclarent qu’il est plus simple et exact de rendre un discours lorsque l’idée générale des paroles est déjà expliquée et lorsqu’il est possible de comprendre où l’accusé ou le témoin veut en venir. Malgré cet avantage, c’est l’interprétation consécutive courte qui tend à s’installer dans les tribunaux américains, car elle est considéré plus proche des déclarations en langue source.

Pourtant, même si l’on exclut la consécutive longue dans les tribunaux, il reste toujours à déterminer quelle longueur de segments sera privilégiée. Car la traduction peut conduire à hacher le discours de l’accusé ou du témoin, ou même à lui faire perdre le fil de ses pensées. Ce sont souvent des situations où ils sont stressés, et ils peuvent aussi être intimidés ou réticents à l’idée de faire une déclaration. Il est donc important de chercher à retrouver au mieux l’avantage de la consécutive longue qui permet de rendre dans la langue cible un discours cohérent et pertinent.

À cette fin, il est donc souvent recommandé d’accorder une méthode flexible. Les témoins ou les accusés ont parfois besoin de quelques minutes pour développer une idée ou décrire une situation. A contrario, leur discours peut être rapporté phrase par phrase à d’autres moments du procès. Il est conseillé aux interprètes assermentés de communiquer avec la personne qu’il assiste avant le procès à ce sujet. Par exemple, il est possible d’établir une règle qui dicte qu’un geste de la main ou qu’un signe de tête annonce à l’interprète qu’une déclaration est complète et qu’il peut la traduire. Cela améliore la fluidité dans les discours, et permet à tous de se concentrer sur le contenu des paroles, et non sur la difficulté de la communication.

Les interprètes assermentés, liés par les responsabilités considérables qu’ils doivent prendre en compte, doivent donc déterminer eux-mêmes et en temps réel la meilleure manière de retranscrire les paroles d’un accusé ou d’un témoin. Une tâche qui requiert des compétences avancées, et qui doit être prise comme telle par les membres des tribunaux !

Gaël Le Lostec

Source : https ://rpstranslations.wordpress.com/2016/11/15/what-is-the-appropriate-consecutive-rendition-from-the-witness-stand/

Traduire vers l’espagnol en tenant compte des variantes régionales

Disposant d’un nombre important de locuteurs sur le continent américain et dans les Caraïbes, la langue espagnole est présente bien au-delà de la péninsule ibérique. Cependant, sur le plan du vocabulaire comme sur celui de la prononciation, les variantes de l’espagnol parlées en Amérique latine, aux Etats-Unis et dans les pays hispanophones des Caraïbes se distinguent plus ou moins du castillan d’Espagne. Dans ce contexte, découvrons quelles sont les précautions à prendre avant de débuter un projet de traduction vers l’espagnol.

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Identifier le public cible

Avant toute chose, il est indispensable d’identifier le public auquel on va s’adresser, afin de proposer la meilleure traduction possible, que ce soit pour un document à caractère juridique, pour la localisation d’un site web ou pour une interprétation par visioconférence.

Néanmoins, l’identification du public cible ne doit pas se limiter à faire le choix entre traduire pour un public espagnol ou traduire pour un public américain. En effet, on retrouve de nombreuses variantes de la langue espagnole sur le continent américain. Par ailleurs, on observe des différences entre celles parlées dans les régions de plaines et les régions de plateaux.

De plus, à l’échelle d’un même pays, peuvent coexister des variantes de la langue espagnole. C’est le cas des Etats-Unis, où l’on remarque des différences entre l’espagnol parlé par les populations latino-américaines installées depuis plusieurs générations et celui parlé par les nouveaux immigrés.

Identifier les différences de vocabulaire et de prononciation

Après avoir bien identifié le public cible, il est nécessaire d’analyser les différences liées au vocabulaire et à la prononciation.

Le vocabulaire de la langue source devra être adapté au public cible en recherchant les équivalents utilisés dans le pays. Ainsi, le mot « cuisinière » sera traduit par « estufa » pour un public colombien, guatémaltèque ou mexicain. Cette adaptation est utile afin d’éviter les erreurs de sens : par exemple le mot « voiture » qui peut être traduit par « coche » dans certains pays d’Amérique latine, devra être traduit par « automóvil » au Guatemala, où le mot « coche » désigne un animal.

La prononciation des mots devra aussi être prise en compte pour la traduction audiovisuelle. Il faudra par exemple veiller à mettre l’accent tonique sur les déterminants possessifs si l’on s’adresse à un public mexicain.

En conclusion, on ne peut pas traduire exactement de la même façon selon que l’on s’adresse à un locuteur vivant sur la côte Est du Mexique, dans le Sud-Ouest des Etats-Unis, ou dans le Nord-Ouest de l’Argentine.

Stéphane Bagassien–Catalan

Source : http ://www.languagescientific.com/comprende-why-you-cant-just-translate-into-spanish/

Les coulisses et dangers de l’interprétation politique

Si l’interprétation est assurément un domaine demandant un travail conséquent, il est d’autant plus compliqué de l’associer à la confusion occasionnelle de la sphère politique. Pourtant, il est crucial que les discours des politiciens soient retransmis de façon juste et rapide, comme lors de congrès par exemple. Penchons-nous alors sur les spécificités de l’interprétation politique et les défis qu’elle peut renfermer.

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Des connaissances multiples et infaillibles

De façon générale, l’interprétation requiert un niveau d’expertise supérieur à la moyenne, afin de pouvoir retransmettre le discours de la façon la plus précise possible. Le hic concernant le domaine politique réside dans la variété presque indécente de sujets abordés. Maria Rosaria Buri, interprète de conférence, avait même décrit ce package politique comme un « discours spécialisé » pouvant contenir « des sujets économiques, financiers, politiques, militaires et culturels jusqu’à des domaines hautement techniques ».
Une connaissance de la branche politique est tout particulièrement de mise : connaître les différents partis, l’opinion publique, les passifs des pays ainsi que les interactions des différents acteurs est d’une importance capitale afin d’éviter, lors de l’interprétation, tout impair et contresens dus au stress ou au manque de préparation.

Le mimétisme du politicien
Au-delà de la branche politique, il faut faire du politicien lui-même une spécialité. L’appropriation de son vocabulaire, de ses idées, de ses tics de langage est une nécessité : l’interprète doit, plus que jamais, être un miroir parfait de l’interprété. Ainsi, il est fortement indiqué de consulter d’anciens discours du politicien ou de rechercher des traductions officielles de conférences que la personne a pu donner, afin de s’imprégner de sa personnalité et de sa vision. Certains clients présentent en effet des complications extrêmes pour un interprète, et mieux vaut y être préparé : par exemple, Sion Edwards, interprète à l’Assemblée Nationale galloise, décrit « les allusions littéraires et religieuses » comme étant « un cauchemar ».

Le blog Rosado Professional Solutions donne même un exemple surprenant du mimétisme qui peut être attendu d’un interprète politique : ces derniers sont souvent associés à un politicien en fonction de leur genre (interprète homme pour politicien homme), de leur origine (interprète asiatique pour politicien asiatique) … voire même de leur timbre de voix ! Tout cela a pour but de diffuser au monde une image – et donc une voix – universelle de la personne.

Savoir s’effacer, savoir s’imposer

Le mimétisme ne s’arrête pas là ; en effet, on pourrait même parler de l’effacement total de toute personnalité de l’interprète. S’il est simple de rester objectif vis-à-vis d’une conférence d’histoire ou de biologie, les idées politiques peuvent aller à l’encontre de l’opinion de l’interprète. Par exemple, imaginons ensemble les interprètes français de Donald Trump lorsqu’il viendra célébrer l’anniversaire du Débarquement, quand il proposera de construire un mur entre la France et l’Espagne… Ceci est donc une difficulté supplémentaire : plus que jamais, l’interprète se doit de faire abstraction de toute pensée personnelle.

Cependant, il existe également des situations où l’interprète doit dépasser cette impassibilité pour corriger des imperfections dans le discours. Attention : il ne doit s’agir que de fautes graves, involontaires de la part du politicien, rompant avec son discours. Un exemple parfait serait un discours de François Hollande à Tokyo en juin 2013 où, s’adressant au peuple japonais, il avait accidentellement parlé du « peuple chinois » … Fort heureusement, son interprète avait alors corrigé la faute sans sourciller, évitant ainsi une méprise malvenue.

Le métier d’interprète est donc déjà loin d’être simple, mais celui d’interprète politique consiste véritablement à marcher sur un fil. Les connaissances, la personnalité du politicien, la justesse : il faut trouver un équilibre constant entre tous ces paramètres pour éviter les faux pas.

Avatar du rédacteur Camille Herriau

Sources :

The professional interpreter (source principale) : https ://rpstranslations.wordpress.com/2016/08/08/the-interpreter-and-the-political-season/

BBC : http ://www.bbc.com/news/uk-politics-19117167

Association Internationale des Interprètes de Conférence : http ://aiic.net/page/7349/interpreting-in-diplomatic-settings/lang/2

Le Monde : http ://www.lemonde.fr/politique/video/2013/06/07/hollande-confond-peuple-japonais-et-peuple-chinois_3426345_823448.html

Débats et interprètes

Il y a quelques jours un fait inédit a permis à Aida de participer à l’interprétation d’un débat : la candidature d’une femme aux élections présidentielles des États-Unis. Évidemment, un travail d’une telle ampleur demande une grande préparation et entraîne énormément de pression !

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C’est un travail sans relâche pendant 90 minutes où l’on doit être attentif non seulement à ce que dit le/la candidat/e que l’on interprète mais également son adversaire. En effet, il est primordial d’être attentif aux arguments d’en face afin de pouvoir anticiper une réponse s’accordant au contexte. Ils sont trois dans la même pièce : l’interprète de Trump, celle de Clinton et celui du médiateur. Pendant que l’un parle, les autres notent des chiffres ou mots clés qui pourraient échapper à la personne concernée.

Les interprètes aussi étudient, ils écoutent tous les discours des candidats qu’ils vont traduire ainsi que celui de leurs opposants afin de connaître les tics de langage des candidats, les sujets de prédilection, leur manière d’apporter le sujet, etc. Ils étudient également les sujets qui reviennent le plus dans le débat afin de pouvoir anticiper une traduction et bien connaître les différents champs terminologiques utilisés afin d’être le plus exact possible. Les sites internet des candidats et de leurs partis sont, de plus, une mine d’information utiles à cet exercice.

Néanmoins, certaines difficultés apparaissent comme l’apparition de nouvelles expressions comme « Trumped up-trickle down economic », qui combine plusieurs techniques de traduction. Un autre des problème que l’on peut rencontrer concernent les interruptions constantes, si les candidats s’interrompent trop, nous laissons la bande originale pour ne pas avoir quatre ou cinq voix à la fois.

 

Camille Rigaud

source : https ://aidagda.com/2016/10/06/debates-e-interpretes/

Pénurie d’interprètes dans les secteurs juridique et gouvernemental

Si l’on remarque une concurrence forte du métier de traducteur sur le marché mondial, le secteur de l’interprétation, lui, est en demande croissante mais peine pourtant à trouver des spécialistes. Cette pénurie s’observe essentiellement dans le secteur juridique ainsi qu’au sein des organisations mondiales et se produit la plupart du temps dans des langues rares.

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De plus en plus de personnes fuient leur pays natal en quête d’une meilleure vie et l’immigration est un facteur important dans la démocratisation de l’interprétariat, et surtout dans les langues rares. Aux États-Unis par exemple, on assiste à une demande croissante d’interprètes en langue Maya due à l’arrivée massive des Guatémaltèques, qui ne parlent pas l’anglais et ne maîtrisent pas l’espagnol. Les interprètes sont alors beaucoup recherchés dans les tribunaux pour leurs services afin de représenter les immigrés et faire valoir leurs droits auprès des institutions américaines.  Toutefois, les langues rares ne sont pas les seules recherchées par les tribunaux américains : l’espagnol est aussi très demandé pour représenter la communauté latino-américaine, pour la plupart hispanophone.

L’ONU est également un employeur important d’interprètes. L’organisation, forte de sa présence dans le monde, nécessite de nombreux interprètes. Et même si les langues dites « rares » telles que le chinois et l’arabe sont beaucoup recherchées car elles sont très présentes dans les échanges internationaux, les interprètes vers les langues plus « classiques » comme le français sont aussi beaucoup sollicités. C’est pourquoi, l’organisation sollicite des interprètes français pour travailler au sein du Département de l’Assemblée générale et de la gestion des conférences de l’ONU, au Siège de New-York, à Genève, à Nairobi et à Vienne, ainsi que dans les commissions régionales. Il est, cependant requis de maîtriser trois langues, dont les combinaisons anglais/espagnol et anglais/russe, tout en maîtrisant parfaitement une langue principale, c’est-à-dire le français.

Il est important de mentionner qu’il est nécessaire de maîtriser une langue étrangère aussi bien que sa langue maternelle. De fait, même s’ils doivent posséder des connaissances excellentes de toutes les langues avec lesquelles ils travaillent, les interprètes ne doivent surtout pas négliger la connaissance parfaite et irréprochable de leur langue principale, puisqu’il s’agit de la langue vers laquelle ils sont plus à même d’interpréter.

Avatar Mélody Launay

 

Source : https ://20000lenguas.com/2016/08/22/la-creciente-demanda-de-traductores-e-interpretes/

Infortune

La traduction est la pierre angulaire de la communication entre civilisations, de la compréhension de l’autre et du partage culturel. Pour ces raisons, il faut s’armer de prudence et de minutie lorsque l’on entame un travail de traduction. Par exemple, de l’interprète peut dépendre la paix lors d’incidents diplomatiques, et l’auteur ne peut que se fier aveuglément à son traducteur pour retranscrire l’essence de son œuvre et de sa pensée dans des langues que lui-même ne maîtrise pas. Pire encore, si les travaux menés avec brio sont susceptibles de laisser le traducteur dans l’anonymat le plus total, ses échecs inscriront son nom dans l’histoire. Illustrons ce postulat de quelques exemples historiques.

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Quand Jérôme de Stridon, plus connu sous le nom de Saint Jérôme, se voit confier à la fin du IVe siècle la tâche de proposer une traduction de la Bible en latin par le pape Damase 1er, il choisit de s’appuyer directement sur les textes hébraïques, par volonté de remonter aux origines de l’œuvre, tout en synthétisant les traductions latines déjà existantes à son époque. Le résultat s’impose en tant que référence et la Vulgate ainsi produite fait office de texte authentique au sein du monde chrétien, et ce jusqu’à ce que se tienne le Concile Vatican II (1962 – 1965).

Cependant lorsque William Tyndale, presque 1200 ans plus tard, s’attaque à un travail similaire (de l’hébreu vers l’anglais) cela lui vaut d’être taxé d’hérétique, emprisonné, puis enfin exécuté par strangulation. Son travail étant devenu par la suite la toile de fond de la Bible du roi Jacques, force est de constater que le malheureux dût son infortune plus à l’époque obscure dans laquelle il vécut qu’à une idéologie personnelle potentiellement déversée dans sa traduction.

De nos jours, l’interprétariat constitue une branche majeure de la traduction et est un élément indispensable lors de sommets et autres événements diplomatiques par exemple. Nombreux sont ceux qui gagnent leur vie de cette manière et mènent des existences tout à fait paisibles, sans qu’à un quelconque moment ne soit remise en question leur éthique.

Remontons presque cinq siècles plus tôt : une jeune fille nahua est offerte en esclavage aux conquistadors par les Mayas en 1519. Les Espagnols la baptisent Marina, et sa connaissance des diverses langues parlées par les peuples amérindiens l’amènera à exercer la fonction d’interprète officielle d’Hernan Cortés pendant plus d’une décennie. La Malinche, telle qu’on la nomme aujourd’hui, est aujourd’hui perçue par les descendants des civilisations précolombiennes comme le symbole de la trahison, ce qui révèle toute la difficulté de servir de messager entre deux parties aux relations conflictuelles.

Après avoir lu ces quelques lignes vous vous dites probablement que ces exemples n’illustrent en rien l’idée présentée dans l’introduction… Et vous avez raison ! Tyndale dût son infortune à l’obscurantisme qui sévissait à son époque et non à ses maladresses en matière de traduction (bien au contraire). Quant à La Malinche, son seul statut suffit à ternir sa réputation (et peut-être un peu le fait qu’elle donna à Cortés un fils, il faut l’avouer). Le but de la démarche est de montrer que peu importe l’application, l’implication et la minutie du traducteur dans son travail, il restera toujours des paramètres hors de son influence. Or, et Marc-Aurèle l’expliquerait bien mieux qu’un simple rédacteur, il est inutile de lutter contre ce qui ne dépend pas de nous. Aussi je vous invite, chers confrères, à ne valser qu’avec vos mots et vos mots seuls, sans vous soucier de l’agitation qui règne autour.

Florian Huynh-Tan

Source : https ://www.altalang.com/beyond-words/2016/05/12/6-major-moments-translation-interpretation-history/

Que faire pour devenir un meilleur interprète ?

Chers amoureux des langues étrangères, n’avez-vous jamais essayé de transcrire un discours entendu à la radio ou à la télévision ? Si tel est le cas, n’avez-vous pas eu des difficultés, ne serait-ce que pour comprendre des paroles ? Cet exemple permet de démontrer qu’interpréter est extrêmement difficile, aussi bien pour les débutants que pour les plus chevronnés.

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En effet, l’interprétariat consiste à restituer un discours aussi fidèlement et rapidement que possible, dans une langue autre que celle parlée par l’interlocuteur et ce, avec peu de temps pour la réflexion et la recherche de style.

On comprend alors qu’un haut niveau d’études ainsi qu’un bon niveau en langue sont requis, car un interprète occupe un rôle-clé lors de congrès, de négociations ou de conférences. D’où l’importance, pour un interprète, de pratiquer sans cesse ses langues de travail mais aussi sa langue maternelle afin de développer des réflexes linguistiques. Pour ce faire, il existe  différentes manières de pratiquer les langues étrangères : soit au sein d’un groupe, soit à l’aide de sites tels que Speechpool, permettant d’améliorer ses compétences linguistiques et d’interprétation. L’interprétariat se pratiquant à l’oral, il est également essentiel de pratiquer sa diction et son intonation afin que le discours énoncé soit compréhensible et fluide.

Dans l’interprétariat, il faut autant travailler le côté pratique que le côté théorique. L’interprète se doit de se cultiver par le biais de lectures variées afin d’acquérir un vocabulaire diversifié. En effet, l’interprétariat exige un grand intérêt pour l’actualité politique, économique, scientifique, culturelle car celui-ci peut être amené à traiter de sujets divers et variés.

En somme, ce dernier mène une vie professionnelle agitée : préparation intensive, diversité des sujets, stress abondant, etc. La question qui se pose alors est : la vie d’interprète salarié serait-elle moins stressante que celle d’un interprète indépendant ?

Auréa Artis

Article source : http ://translationtimes.blogspot.fr/2016/06/becoming-better-interpreter.html

Le développement de l’interprétation en langue des signes

Le métier d’interprète en langue des signes est très récent, et donc encore méconnu. La langue des signes n’est d’ailleurs reconnue que depuis quelques années comme une langue à part entière. Mais ce métier gagne en popularité ces dernières années, et de plus en plus de personnes cherchent à intégrer les universités ou les centres proposant cette formation afin de devenir interprète en Langue des Signes Française (LSF).

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Car contrairement à ce que l’on pourrait imaginer, tout comme les langues parlées, la langue des signes n’est pas universelle. Et cela ne représente pas un obstacle pour les interprètes qui ne peuvent travailler qu’en France, car les débouchés sont nombreux. Ce secteur manquait en effet énormément de main d’œuvre : en 2012, ils n’étaient encore que 400 interprètes, alors que l’on estime les besoins à 4000.

Pour les sourds et les malentendants, recourir à des interprètes est pourtant indispensable dans de nombreux cas. Depuis 2005, par exemple, des mesures qui encouragent le placement des élèves sourds et malentendants dans des écoles non spécialisées ont été instaurées. De nombreux débats sur les aides à mettre en place ont eu lieu à cette occasion, tournant majoritairement autour de l’utilisation de la langue des signes. En effet, la quasi-totalité des enseignants ne la maîtrisent pas.

Il existe bien des alternatives à la langue des signes. Jusque dans les années 70, celle-ci était d’ailleurs interdite, au profit de l’oralisme (où les sourds et les malentendants apprennent à lire sur les lèvres et à parler) et parfois de la Langue Parlée Complétée (où l’oralisme se mêle à un peu de gestuelle, afin d’aider à la compréhension).

Mais ces alternatives ne peuvent être utilisées seules. D’abord parce que l’oralisme s’accompagne souvent d’une imprécision qui limite la compréhension et l’expression chez les sourds et malentendants, même parmi ceux l’ayant pratiqué dès la petite enfance. La lecture sur les lèvres ne peut être qu’imparfaite car certaines consonnes et voyelles se traduisent par les mêmes mouvements labiaux. C’est pourquoi la majorité des sourds profonds ne peuvent jamais réussir à maîtriser la parole puisqu’ils ne s’entendent pas, et ne peuvent se guider que par les vibrations de leur voix.

Ensuite parce que la langue des signes, comme tout autre langage, fait partie d’une culture spécifique. Les particularités de chaque langue ont conduit à des mœurs et coutumes différentes ; il n’est donc pas difficile d’imaginer à quel point cela peut être vrai pour la communauté des sourds et des malentendants, qui pendant longtemps, à été mise à l’écart de la société. Les locuteurs non-natifs de la langue des signes sont parfois surpris par la manière si directe et honnête dont les sourds et malentendants parlent ; lorsqu’on signe, on doit gagner du temps et les tics de langages n’existent pas. C’est une culture que les sourds et les malentendants ne veulent pas oublier, puisqu’elle leur a donné la possibilité de s’exprimer beaucoup plus facilement.

Les interprètes, dans ce cadre, ont de nombreux défis à relever ; celui d’offrir une passerelle vers une culture dont beaucoup ne soupçonnent pas l’existence. Celui de montrer à la communauté des sourds et des malentendants, habituée à fonctionner sans interprètes, son utilité. Et enfin, celui de montrer aux entendants la richesse de la langue des signes.

Source : http ://aibarcelona.blogspot.fr/2015/05/communication-among-deafla-comunicacion.html

Gaël Le Lostec