Le développement de l’interprétation en langue des signes

Le métier d’interprète en langue des signes est très récent, et donc encore méconnu. La langue des signes n’est d’ailleurs reconnue que depuis quelques années comme une langue à part entière. Mais ce métier gagne en popularité ces dernières années, et de plus en plus de personnes cherchent à intégrer les universités ou les centres proposant cette formation afin de devenir interprète en Langue des Signes Française (LSF).

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Car contrairement à ce que l’on pourrait imaginer, tout comme les langues parlées, la langue des signes n’est pas universelle. Et cela ne représente pas un obstacle pour les interprètes qui ne peuvent travailler qu’en France, car les débouchés sont nombreux. Ce secteur manquait en effet énormément de main d’œuvre : en 2012, ils n’étaient encore que 400 interprètes, alors que l’on estime les besoins à 4000.

Pour les sourds et les malentendants, recourir à des interprètes est pourtant indispensable dans de nombreux cas. Depuis 2005, par exemple, des mesures qui encouragent le placement des élèves sourds et malentendants dans des écoles non spécialisées ont été instaurées. De nombreux débats sur les aides à mettre en place ont eu lieu à cette occasion, tournant majoritairement autour de l’utilisation de la langue des signes. En effet, la quasi-totalité des enseignants ne la maîtrisent pas.

Il existe bien des alternatives à la langue des signes. Jusque dans les années 70, celle-ci était d’ailleurs interdite, au profit de l’oralisme (où les sourds et les malentendants apprennent à lire sur les lèvres et à parler) et parfois de la Langue Parlée Complétée (où l’oralisme se mêle à un peu de gestuelle, afin d’aider à la compréhension).

Mais ces alternatives ne peuvent être utilisées seules. D’abord parce que l’oralisme s’accompagne souvent d’une imprécision qui limite la compréhension et l’expression chez les sourds et malentendants, même parmi ceux l’ayant pratiqué dès la petite enfance. La lecture sur les lèvres ne peut être qu’imparfaite car certaines consonnes et voyelles se traduisent par les mêmes mouvements labiaux. C’est pourquoi la majorité des sourds profonds ne peuvent jamais réussir à maîtriser la parole puisqu’ils ne s’entendent pas, et ne peuvent se guider que par les vibrations de leur voix.

Ensuite parce que la langue des signes, comme tout autre langage, fait partie d’une culture spécifique. Les particularités de chaque langue ont conduit à des mœurs et coutumes différentes ; il n’est donc pas difficile d’imaginer à quel point cela peut être vrai pour la communauté des sourds et des malentendants, qui pendant longtemps, à été mise à l’écart de la société. Les locuteurs non-natifs de la langue des signes sont parfois surpris par la manière si directe et honnête dont les sourds et malentendants parlent ; lorsqu’on signe, on doit gagner du temps et les tics de langages n’existent pas. C’est une culture que les sourds et les malentendants ne veulent pas oublier, puisqu’elle leur a donné la possibilité de s’exprimer beaucoup plus facilement.

Les interprètes, dans ce cadre, ont de nombreux défis à relever ; celui d’offrir une passerelle vers une culture dont beaucoup ne soupçonnent pas l’existence. Celui de montrer à la communauté des sourds et des malentendants, habituée à fonctionner sans interprètes, son utilité. Et enfin, celui de montrer aux entendants la richesse de la langue des signes.

Source : http ://aibarcelona.blogspot.fr/2015/05/communication-among-deafla-comunicacion.html

Gaël Le Lostec

Focus sur la langue des signes française

Histoire de la langue des signes

La langue des signes française, communément appelée LSF, trouve son origine en 1760, lorsque l’abbé Charles-Michel de l’Épée s’intéresse aux moyens de communication des sourds-muets. En étant le précepteur de deux sœurs jumelles qui communiquaient entre elles avec les mains, il étudie ce langage pour établir un alphabet ainsi que des règles grammaticales calquées sur le français pour élaborer une langue gestuelle à part entière.

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