Google Traduction : la mauvaise idée des gens pressés

De nos jours, les méthodes de traduction ne cessent d’évoluer. C’est notamment le cas des systèmes de traduction automatique, dont le plus connu est bien évidemment Google Traduction (GT). On peut d’ailleurs comprendre, à première vue, l’attrait que peut représenter un traducteur automatique comme celui mis en place par Google en 2006. Cependant, derrière l’innovation constante que connait Google Traduction, il reste des défauts inéluctables qu’une machine ne saurait corriger. Voici donc un petit tour d’horizon des raisons pour lesquelles une entreprise (et même tout simplement une personne) ne devrait pas faire usage de Google Traduction à la place d’un professionnel de la traduction.

suite

Une description alléchante…

Bien. Imaginez un instant que vous dirigez une petite entreprise. Vous commencez à connaître un certain essor et vous réalisez qu’il pourrait être bon de faire traduire votre site web et vos produits, peut-être même vos contrats et quelques autres documents officiels. Toutefois, vous êtes malgré tout un peu inquiet ; est-ce vraiment une bonne idée d’investir dans les services d’un traducteur professionnel si vous ne parvenez pas à atteindre le marché étranger ?

C’est alors qu’une idée vous traverse l’esprit : et si vous utilisiez Google Traduction ? Le service est gratuit et vous l’utilisez déjà ponctuellement pour chercher un mot de vocabulaire par-ci par-là.

Sur le papier, l’idée peut sembler intéressante. En effet, la technologie des traducteurs automatiques est en constante évolution et se révèle de plus en plus performante. Elle s’appuie sur des corpus de textes pour être aussi précise que possible et Google Traduction propose une option pour permettre à ses utilisateurs d’améliorer le contenu proposé. Enfin, il est clair que le nombre de paires de langues disponible est imbattable ; jamais un traducteur professionnel ne pourra vous en proposer autant puisqu’il traduit toujours vers sa langue maternelle. Mais n’y aurait-il pas une bonne raison à cela ?

 

Mais un résultat en-deçà des espérances

Traduire un texte, ce n’est pas seulement traduire des mots ou des groupes de mots. Ce que l’on traduit dans un texte, c’est le fond, le sens, et non la forme, or pour cela il faut une personne. Un traducteur automatique ne pourra jamais faire preuve de la sensibilité d’un être humain, trouver ce petit détail qui fait toute la différence. Vous l’avez peut-être remarqué ? Google Traduction traduit toujours le « you » anglais par « vous », jamais par « tu » alors que les deux sens sont corrects, tout dépend du cadre. C’est d’ailleurs bien là que se trouve le nœud du problème : Google Traduction fait fi du contexte.

Un texte est complètement dépendant de son contexte, et tenter de traduire un texte indépendamment de son cadre c’est comme essayer de cuisiner sans connaître le goût des aliments utilisés : vous aurez peut-être de la chance, cela ne sera peut-être pas mauvais, mais cela ne sera jamais aussi bon que vous l’espériez. Les concepteurs de Google Traduction le savent d’ailleurs bien, c’est pourquoi le système s’appuie sur des corpus pour pallier le problème. Cependant, les contextes de deux textes différents ne sont jamais égaux, c’est pourquoi on peut aisément faire la différence entre une traduction professionnelle et une traduction automatique.

Par ailleurs, lorsque vous rentrez un texte sur Google Traduction, l’application l’enregistre automatiquement pour pouvoir le traduire, ce qui représente un gros problème pour les documents confidentiels qui ne doivent surtout pas être rendus public.

Enfin, dites-vous bien qu’une mauvaise traduction met en danger la crédibilité de votre entreprise puisqu’elle lui donnera une image aux antipodes de la rigueur professionnelle attendue, ce qui est contreproductif.

Toutes ces notions sont, certes, vraies pour Google Traduction, mais les autres traducteurs automatiques (Reverso, DeepL, Linguee, etc.) n’y échappent pas non plus. Même si ces applications deviennent de plus en plus précises, elles restent encore loin des performances des traducteurs professionnels.

Margaux LECLERC

Source : https ://www.gala-global.org/blog/6-reasons-avoid-using-google-translate

Dracula : traduction d’un mythe sang limites

Il n’est pas difficile d’imaginer qu’une œuvre aussi ancienne et renommée que Dracula, écrite par Bram Stoker ait été au fil des ans, traduite dans de nombreuses langues. Qui ne connait pas les grandes lignes de ce conte d’horreur devenu de nos jours un effet de mode dans la littérature moderne, au cinéma et même à la télévision ? On peut pourtant se demander d’où vient cet intérêt tout particulier pour le Roi des Carpates et pourquoi son lien avec les langues est si fort.

Depuis sa publication en 1897, le récit de cette bonne vieille chauve-souris a été traduit dans pas moins de 29 langues depuis l’anglais qui est la langue d’origine de son écrivain. Eh oui ! Bien que Dracula vienne des Carpates, il porte bien la marque londonienne de B. Stoker. Mais le personnage fantastique retrouve une authenticité des pays de l’Est… dès sa première traduction ! En effet, en 1898 est publié pour la première fois Drakula : Angol Regény – Harker Jonathan Naplója, traduction du British Dracula qui devient alors hongrois. Il faut bien avouer que l’on apporte plus de respect à un vampire effrayant des montagnes de l’Est qu’à un ado brillant des plus américains (appelons-le Edward), bien moins charismatique.

suite

Encore une fois, et sans trop se mettre en danger, il est possible d’affirmer que la traduction première de Dracula apporte une valeur ajoutée au personnage, voire au concept de « vampire » qui après avoir traversé des générations se retrouve sur nos écrans. Mais l’altération, ou l’amélioration de l’œuvre grâce à la traduction de celle-ci ne s’arrête pas là : en 1901, une nouvelle version inspirée du personnage de Dracula voit le jour (et sans soleil, s’il vous plait) en Islande.

Traduire, c’est trahir un peu. La traduction littéraire ne déroge pas à cette règle, mais le traducteur islandais contemporain Valdimar Ásmundsson choisit son camp sans scrupule : lors de sa traduction vers une langue scandinave, il prit la liberté de changer quelque peu l’histoire du vampire, donnant un ton plus mystique, plus sombre et plus sensuel à l’œuvre nouvelle. Serait-ce de là que nous vient cette image presque provocatrice du désir charnel à l’évocation des vampires ? Si l’on considère que de nos jours, certains perçoivent ces créatures comme les antithèses des humains, cette attraction pour l’interdit est justifiée, et il est à présent démontré que la traduction de l’œuvre originelle a joué un rôle dans ce concept d’opposition de créations divines et sataniques. Impossible, me direz-vous, mais pas pour les traducteurs.

Le texte original remodelé, retravaillé et adapté aux différentes langues emporta le récit au-delà des Balkans, voyageant jusqu’en Asie où en 1956 fut publiée une version japonaise de Dracula. Encore une fois, le traducteur abandonna quelques conventions et s’éloigna de l’aspect épistolaire de la version originale pour en faire un récit plus oral, comme une légende à partager au coin du feu. Et ce fut un franc succès : le Japon s’ouvrit grâce à cette traduction, ou que dis-je… à cette transcréation à la littérature paranormale, précurseurs des mangas ?

Pour nos amis français, Dracula n’est à présent qu’une légende, et beaucoup oublient qu’avant de devenir l’emblème des séries telles que True Blood ou Vampire Diaries, les suceurs de sang découlaient de la littérature. Heureusement, certains artistes tentent de conserver l’authenticité des Carpates de Dracula. Même les comptines pour enfants s’en inspirent dans cette chanson nommée Le baiser du Vampire. Pour les enfants ? Cela reste à prouver, car malgré sa mélodie puérile, cette œuvre musicale révèle un sous-texte peu adapté aux plus jeunes. Ce n’est donc plus un souci de traduction du langage, mais après tout, s’adapter à son public est également un défi du traducteur. Voilà qui nous laisse sang-dessus-dessous.

Gildas Mergny

Source : http ://www.k-international.com/blog/dracula-in-translation/

L’audiodescription ou le travail des traducteurs d’image

L’audiodescription, bien que moins connue que le sous-titrage ou le doublage et peu mise en avant, compte parmi les divers types de traduction audiovisuelle et n’en est assurément pas moins importante. L’audiodescription est un procédé rendant accessible aux personnes malvoyantes ou non-voyantes des films, des émissions, des pièces ou bien encore des expositions. Il est aujourd’hui de plus en plus possible de bénéficier de ce procédé à la télévision, mais aussi dans des cinémas ou des théâtres qui programment certaines séances ou pièces en audiodescription. Alors, de quoi s’agit-il concrètement ?

suite

L’audiodescription consiste à décrire, grâce à une voix off, certains passages ou détails d’un programme audiovisuel afin de faciliter la compréhension des personnes déficientes visuelles qui ne peuvent pas le visionner correctement. Le script est rédigé par un auteur après analyse du film puis est enregistré. Une analyse de l’œuvre au préalable par l’auteur est nécessaire afin de bien cerner ses enjeux et de définir les intentions du réalisateur. Cette analyse permet aussi de choisir les éléments à ne pas omettre et ceux qui sont superflus, et de déterminer les moments où l’audiodescription pourra être placée. Enfin, le script doit être rédigé de façon à s’inscrire dans des moments dépourvus de dialogues ou de musiques et effets sonores trop importants, afin, bien évidemment, de ne pas gêner leur écoute et leur compréhension.

L’audiodescription se révèle donc être un exercice complexe qui contient son lot de défis et de difficultés. Il existe en effet une importante contrainte de temps et il s’agit donc d’être assez concis afin de ne pas empiéter sur les dialogues tout en étant le plus précis et le plus informatif possible. On peut facilement imaginer la difficulté d’écrire l’audiodescription d’un film rapide dans lequel les actions ou les changements de plans, par exemple, s’enchainent.

Pour créer une audiodescription de qualité, il faut donc faire face à divers enjeux. Bien-sûr, il est nécessaire que le texte soit clair et facile d’écoute. Il est aussi important de faire des choix car on ne peut pas tout décrire et il faut donc aller au plus important sans toutefois perdre certaines informations capitales. Il s’agit également de décrire de façon neutre et objective les informations données à l’écran. En effet, l’auteur ne peut pas laisser entrevoir ses propres impressions, être critique ou transmettre des impressions personnelles, et ce, afin de laisser le spectateur se faire un avis.

Toutefois, il semble important pour un auteur de coller au style du film dans son audiodescription, c’est-à-dire de s’adapter notamment au type de film ou à l’atmosphère créée. On peut donc en déduire que l’enregistrement est un véritable travail de comédien puisqu’il faut trouver un bon équilibre entre une interprétation trop froide ou au contraire, trop expressive. La difficulté est donc de rester fidèle à l’œuvre sans la dénaturer.

Les auteurs d’audiodescription sont parfois appelés « traducteurs d’image », a priori avec raison, puisque c’est bien d’un travail de traduction dont il s’agit : les auteurs ne décrivent pas seulement l’image, ils la traduisent en un texte audio afin de recréer mentalement les images dans l’esprit des spectateurs malvoyants ou non-voyants et de les plonger dans l’œuvre comme le reste des spectateurs.

Camille Le Corre
Révisé par Perrine Bourdeau et Virginie Le Diagon

Source : http ://www.btistudios.com/latest/2013/12/05/audio-description-the-inside-story/

Êtes-vous sourcier ou cibliste ?

Dans tout domaine, les avis divergent, les points de vue s’affrontent et les portraits sont dépeints de façon bien différente. C’est d’ailleurs cette diversité de pensées qui permet aux cultures d’être aussi riches et passionnantes. Et cette bataille concerne également la traduction qui ne fait pas toujours l’unanimité car à l’heure de transposer un concept d’une langue à l’autre vient une question primordiale que tout bon traducteur doit se poser avant de poser sa plume sur le papier : suis-je un cibliste ou un sourcier ?

suite

Mais que cela veut-il bien dire… ? La réponse réside dans une vieille querelle qui a pris racine au siècle dernier. Traditionnellement, la traduction se doit de suivre et de se construire selon les briques qui ont permis de façonner le texte source afin de refaire ressortir le sens quasi-exact de tous les concepts communiqués dans la source. Mais par-delà des absolus de cette barrière à l’interprétation au sens large, traducteurs et autres linguistes commencèrent au XXe siècle à privilégier une approche plus personnelle et peut-être plus compréhensive de la traduction en laissant derrière eux leur baguette de sourcier pour trouver d’autres eaux où pouvait voguer leur imagination débordante.

En s’éloignant du texte source, ces révolutionnaires, appelés « ciblistes » prirent une liberté presque prohibée dans le monde de la traduction et embrassèrent complètement le fameux dicton « traduire, c’est trahir un peu ».

Loin de l’idée de vouloir trahir les originaux, les ciblistes remodèlent le sens dans leur esprit pour parvenir à rendre émotion, compréhension et satisfaction. Mais peu furent ravis de la tournure que prenait le navire linguistique. Ainsi, celui-ci fut interrompu dans sa folle course par de nombreux experts du domaine afin de le ramener à bon port.

Pour un « sourcier », chaque texte source est un original qui ne peut être altéré. Les mots choisis par l’auteur n’ont pas été sélectionnés au hasard. S’accorder trop de loisirs reviendrait à détruire le travail acharné de l’esprit derrière le texte. Inquiété par une telle trahison, l’argument clé pour ces puristes était qu’une traduction ne peut permettre l’« équivalence dynamique » au détriment du sens premier. Existe-t-il vraiment un juste milieu ? Doit-on rendre transparent un texte pour qu’il ne paraisse pas avoir été traduit ? Ou est-il crucial de laisser des indices de l’authenticité de l’auteur ? Qui peut le dire ?

De nos jours, bien qu’il soit rare d’entendre les termes « cibliste » ou « sourcier », il n’en demeure pas moins qu’en chaque traducteur réside une flamme. Qu’elle puisse brûler pour l’imagination ou briller pour la rigueur, cela reste un choix personnel. Mais peut-être peut-on percevoir un vainqueur sortant de cette bataille lorsqu’arrive la transcréation ?

Gildas Mergny
Révisé par Élodie Clomenil et Virginie Le Diagon

Humour un jour, humour toujours

Lorsqu’on évoque les difficultés qu’on peut rencontrer en traduction, on a tendance à penser tout de suite aux textes juridiques ou économiques très techniques ou encore à la poésie. En effet, traduire les vers de Victor Hugo ou ceux de Baudelaire dans la langue de Shakespeare is not a piece of cake  ! Mais ce n’est pas ce dont nous parlerons aujourd’hui. Je vous propose plutôt d’observer une minute de silence en hommage au travail des traducteurs qui doivent traduire un message humoristique.

suite

Grâce aux plateformes de streaming toujours plus nombreuses, les séries américaines s’exportent de plus en plus à l’étranger. Mais certaines traductions de sitcoms comme The Big Bang Theory ou Two Broke Girls donnent parfois du fil à retordre aux sous-titreurs. En effet, la traduisibilité ou l’intraduisibilité de l’humour a donné lieu à de nombreuses études et à de nombreux débats. Certains auteurs comme Zabalbeascoa ont même été jusqu’à créer une classification des différents types de blagues afin d’aider les traducteurs audiovisuels à sortir de leur calvaire.

Si l’humour est universel, sa traduction est un peu plus compliquée car ce premier repose souvent sur des références culturelles ou des jeux de mots. Le traducteur doit alors réussir à adapter ces références afin qu’elles soient compréhensibles dans la culture d’arrivée mais cela peut vite devenir un casse-tête étant donné qu’il doit également veiller à respecter les restrictions techniques liées au sous-titrage.

Quelques exemples seront peut-être plus parlants :

  • J’imagine que vous n’avez pas oublié l’épisode de Game of Thrones qui nous révèle
    l’origine du nom d’Hodor. Certes, ce passage est tout sauf humoristique mais il illustre bien le challenge que peut représenter la traduction de jeux de mots car, si cette révélation fonctionne très bien en anglais, il est assez difficile de l’adapter dans d’autres langues. La société de doublage Dubbing Brothers a choisi de la traduire par « Pas au-dehors » – « Au-dehors » – « Hodor » en français et elle est devenue « Obstruye el corredor » en espagnol.
  • Saviez-vous que les réalisateurs du film Intouchables avaient préparé un guide d’adaptation des dialogues et des blagues à destination du public étranger lors du Festival de Cannes ? La blague « Pas de bras, pas de chocolat ! » fut ainsi traduite en anglais par « No handy, no candy ! » ou par « No feet, no sweets ! », la rime étant ainsi conservée.

Et enfin, il arrive parfois que ce soit la traduction elle-même qui fasse rire les spectateurs, en témoigne le Tumblr « les sous-titres de la honte » ou le personnage de John Snow qui devient Jean Neige au Québec.

Déborah Rivallain
Révisé par Élodie Clomenil

Quelles sont les langues les plus prisées par les recruteurs ?

N’entretenons pas le suspens plus longtemps, la langue la plus exigée par les recruteurs français est bien sûr l’anglais. Les raisons en sont évidentes : de nos jours, l’anglais s’est imposé comme langue internationale. Apprendre l’anglais est presque devenu une exigence de base dans le monde du travail, avec 87 % des offres d’emploi demandant une bonne maîtrise de cette langue.

Ce qui peut interloquer, c’est que l’anglais n’est pas la langue la plus répandue dans le monde en termes de nombres de personnes qui savent l’utiliser. Par contre, d’après l’étude de Seth Dixon, professeur de géographie à l’université de Rhode Island, elle est la plus apprise (1,5 milliards d’apprenants) et la plus répandue en termes de nombres de pays dans lesquels on l’utilise.

Bon, cela étant posé, quelles sont alors les autres langues prisées par les recruteurs ?

suite

Le jobboard Adzuna a fait une recherche en se basant sur quelques 700 000 offres d’emploi et en a tiré des conclusions : juste après l’anglais, vient l’allemand. Pourquoi ? Parce que l’Allemagne est un pays industriel riche qui s’étend à travers le monde. Quand une entreprise travaille à l’internationale, elle a de fortes chances de rencontrer un interlocuteur parlant anglais, allemand ou espagnol. C’est la troisième langue la plus demandée par les recruteurs français, suivie de près par l’italien.

Il y a une explication toute simple au choix de ces quatre langues : observez les frontières de la France. Évidemment, quand on se lance à l’internationale, on commence par toquer à la porte des voisins les plus proches. Nous sommes encerclés par ces langues et c’est une chance : nous avons quatre fois plus d’opportunités de nous démarquer en compétences linguistiques que d’autres pays encerclés par d’autres parlant la même langue. Bien sûr, l’espagnol vient avant l’italien, car n’oublions pas que cette langue est parlée sur presque tout un continent.

Mais gardons bien à l’esprit que toute compétence linguistique est véritablement prisée par les recruteurs de n’importe quel pays. Vous avez préféré apprendre le chinois ou le coréen que l’espagnol ou l’italien ? Vous avez tout compris. Vous avez décidé de combiner l’espagnol et le chinois ? Vous êtes encore plus malin : vous avez comme atout de parler une langue répandue et une langue plus « rare » (gardons à l’esprit qu’en nombres de personnes le parlant, le chinois bat toutes les autres langues à plate couture, mais plus rarement en dehors du continent asiatique). Ce qui est rare et précieux, et vous trouverez forcément une opportunité pour exploiter vos connaissances.

Il est cependant un détail assez crucial à garder en tête. Lorsque vous annoncez à un recruteur, par le biais de votre CV ou d’un entretien, que vous maîtrisez une langue, il est important d’être honnête. D’une, pour ne pas se trouver dans une situation inextricable au moment d’appliquer ce que vous clamez maîtriser sans fondement, de deux parce que ce qu’un recruteur a en tête lorsqu’il exige une maîtrise de la langue, ce n’est pas juste pouvoir réciter les leçons apprises à l’école, mais de connaître la culture de votre interlocuteur étranger, de savoir engager la conversation, de savoir sociabiliser, de pouvoir rire de ses jeux de mots car vous connaissez la référence. C’est très important dans le domaine de la rédaction et de la traduction, certes, mais dans beaucoup plus de métiers qu’on ne veut bien le croire, de nos jours. Imaginez, 87 % des offres d’emploi en France demande la maîtrise d’une langue étrangère ! Et beaucoup de ces offres proposent une meilleure rémunération, à hauteur de 19 %.

Mais que faire lorsqu’on est « nul en langues » ? Quand votre moyenne d’anglais n’atteignait justement pas la moyenne à l’école ? Rien n’est perdu, il existe de nombreux organismes en France et à l’étranger proposant des formations en langue étrangère avec différentes méthodes d’enseignement et différents degrés de maîtrise. Il y a fort à parier que vous pourrez trouver votre compte auprès de l’un de ces organismes. Ça peut aller de la grosse entreprise connue à travers le monde jusqu’à la petite association de village. Et si vous préférez apprendre seul, vous trouverez en librairie de très bons ouvrages et sur internet de très bons sites pour aller à votre propre rythme. Vous pouvez également faire appel à des étudiants étrangers qui seront ravis de vous proposer ce service.

Il n’est jamais trop tard pour apprendre une nouvelle langue, que ce soit à des fins professionnelles ou par simple curiosité.

Kim Condron
Révisé par Virginie Le Diagon

Source : http ://www.tradonline.fr/langues-plus-prisees-recruteurs/

Le milieu de la traduction  : comment la place des femmes a-t-elle évolué  ?

Ces derniers siècles, d’énormes avancées au niveau des droits de la femme ont été réalisées mais il reste bien évidemment du chemin à parcourir pour atteindre une parité parfaite entre hommes et femmes. Si aujourd’hui le secteur de la traduction s’en approche de plus en plus, ça n’a pas toujours été le cas et certaines femmes ont dû se battre pour obtenir le droit de traduire.

suite

Rappelez-vous, quelques siècles en arrière, les milieux intellectuels comme la littérature ou les sciences étaient réservés aux hommes.  À cette époque, les femmes étaient autorisées à utiliser la traduction comme un moyen d’expression mais elles se retrouvaient obligées d’écrire anonymement ou pire encore d’emprunter le nom de leur mari dès lors qu’elles cherchaient à atteindre un public un peu plus important que leur cercle familial ou amical.

Certaines ne se sont pas découragées pour autant, ce fut notamment le cas d’Émilie du Châtelet. La traduction devînt pour elle un outil pour pénétrer un milieu essentiellement masculin : les sciences. Ce domaine passionnait Émilie qui traduisit (entre autres) des théories d’Isaac Newton et elle en profita au passage pour les commenter et les expliquer. Elle est encore aujourd’hui considérée comme une référence en traduction. Son amant le célèbre philosophe Voltaire déclara d’ailleurs qu’elle était : « un grand homme qui n’avait le défaut que d’être femme ».

Bien heureusement, cette époque est aujourd’hui révolue. En effet, le milieu de la traduction est majoritairement féminin : il suffit de regarder la répartition des classes à l’université. Mais quelles sont les grandes femmes du milieu langagier de notre époque ? Certains sites tels que welocalize.com ont été créés spécialement pour aider les femmes du milieu de la localisation à se connecter entre elles et à échanger. Il permet également de mettre en valeur les accomplissements des femmes dans l’industrie de la localisation. Par exemple, Orodi Solomon est devenue Director of Global Product Management (Responsable de la gestion globale des produits) au Starwood Hotels & Resorts Worldwide, elle a mis un point d’honneur à créer une ambiance de confiance dans son entreprise où chacun est libre de s’exprimer peu importe son sexe ou ses années d’expérience. Le site évoque également l’Américaine Lara Millmow qui déménagea au Royaume-Uni et devînt directrice générale de l’association ELIA (European Language Industry Association).

En résumé, ce site regorge de role models féminins qui ont réussi à briser les barrières de la localisation et à gravir les échelons. Les femmes ne doivent pas s’autocensurer ou se limiter mais peut-être qu’une citation de Lara Millmow serait plus parlante : « With self-belief, women have the power to achieve whatever they want—this is what will ultimately change the world ».

Déborah Rivallain
Révisé par Perrine Bourdeau et Paula Stylo

 

Source :

http ://content.lionbridge.com/women-localization-8-inspirational-leaders-storming-ahead-bold-change/

La qualité avant tout  !

Traduire c’est faire passer un texte rédigé dans une langue source dans une langue cible.

Cependant, fournir une traduction de qualité n’est pas aussi simple qu’il n’y paraît. Et ce ne sont pas les traducteurs automatiques en ligne qui vous aideront, croyez-moi !

Je vais donc vous proposer cinq points clés qui pourront vous aider à juger de la bonne qualité d’une traduction.

suite

Français-anglais et anglais-français, c’est la même chose !

L’une des premières erreurs que l’on commet souvent en traduction, c’est de croire que l’on peut traduire vers n’importe quelle langue. FAUX ! Un vrai traducteur ne traduit que vers sa langue maternelle. Il doit avoir une connaissance parfaitement parfaite de sa langue d’origine.

À chacun ses compétences !

Tel le professeur de français qui enseigne le français et non les mathématiques, un traducteur est spécialisé dans un (ou des) domaine(s) bien précis. Ainsi, un traducteur spécialisé dans le domaine médical ne peut pas accepter une traduction juridique.

Les exigences de M. Le Client

Un traducteur se doit de respecter les exigences du client. Si des doutes persistent, il ne doit pas hésiter à revenir vers le client pour demander plus de détails et avoir toutes les informations qu’il juge nécessaires à la bonne traduction de son texte.

Respect et fidélité !

Comme en amour, certaines règles de base (évidentes ou non) sont primordiales pour le bon déroulement de votre traduction. Le respect du sens est de mise : il faut savoir restituer le contenu sans en oublier, ni en ajouter. Un bon traducteur sait éviter les faux-sens et les contre-sens. Il manie la langue avec une justesse juste par-faite.

Pertinence de la fluidité

La lecture du document traduit doit être naturelle et sans accroc (fluide !). On ne doit pas se rendre compte qu’il s’agit d’une traduction (fluidité !). C’est pour cela que le travail du traducteur est en réalité bien plus profond que la simple transposition d’un contenu linguistique dans une autre langue. « Adaptation » est son mot d’ordre : traduire c’est donc aussi adapter les éléments culturels au lecteur cible pour être sûr de transmettre l’intégralité du message.

Ainsi soit-il !

Anne-Laure Zamarreno
Révisé par Élodie Clomenil et Virginie Le Diagon

Source : http ://content.lionbridge.com/10-ways-to-ensure-quality-translations/

Les crèches bilingues  : une bonne chose pour vous et vos enfants  ?

C’est bien à nos parents que nous devons, en général, notre capacité à nous exprimer. Leurs douces paroles que nous entendons depuis le berceau alors que nos sens s’éveillent jour après jour. Il est donc bien normal de les remercier dès le plus jeune âge en balbutiant nos premiers mots  : « Papa » et « Maman ». Un élan de fierté pour le paternel, une teinte de mélancolie pour celle qui nous a porté dans son ventre.

suite

Et pourtant, certains parents ont préféré prendre le risque de ne pas comprendre les premiers mots de leur enfants en les inscrivant aux crèches bilingues. « Mum » et « Dad » : des mots pourtant lourds de sens qui sonnent vides si on ne les comprend pas. Sans pour autant donner des exemples aussi extrêmes, la question des crèches bilingues se doit d’être soulevée.

Il est important de rappeler que « bilingue » désigne une personne ayant deux langues maternelles. C’est un mécanisme linguistique, mental et cérébral, qui apporte de nombreux avantages pour l’avenir ! Nul ne peut se prétendre bilingue en balbutiant correctement quelques mots dans une langue étrangère. Mais bien que l’apprentissage des langues fasse partie intégrante de l’éducation en France, beaucoup s’accordent à dire qu’« en France, on parle français ». Mais alors, pourquoi les crèches « bilingues » ont-elles la cote de nos jours ?

Les jeunes parents de la génération Y ont souffert de leur manque de connaissances en langues étrangères, notamment de l’anglais, et souhaitent un avenir plus brillant pour leur progéniture. Avec la propagation des anglicismes et du marché international dont la langue est l’anglais, il n’est pas dur de comprendre l’envie de ces parents d’offrir plus d’opportunités à leurs enfants. La soif de voyage des enfants de 80 à 2000 se traduit par le désir de découvrir de l’exotisme chez leur propre bambin. Un argument valide, peut-être, mais pas pour le moins réfutable.

En effet, quand on regarde les principaux intéressés de plus près, il a été démontré qu’un enfant bilingue aura peut-être des difficultés à prononcer ses premiers mots autant dans une langue que dans une autre. Il arrive même que la langue sociale (parlée en dehors du foyer) prenne le dessus. De manière générale, ce cas de figure ne pose pas de problème, puisqu’au moins un des parents de l’enfant bilingue parle la langue sociale. Que se passe-t-il alors si aucun des deux parents ne connaît la langue de son enfant ?

Un cas de figure peu probable chez les petits Français, et pourtant devenu possible depuis la création des crèches bilingues.

Français à la maison, anglais à l’extérieur. L’esprit de l’enfant étant tourné vers la découverte ou l’inconnu, un bambin apprend les concepts les plus fondamentaux de la société en dehors de la maison. Apprendre les préceptes du respect dans deux langues différentes peut s’avérer difficile… surtout si la communication entre les deux générations est bloquée par la barrière de la langue.

« Awright », me direz-vous, « It’s all about communication ». Et, oui, c’est vrai. La communication, c’est important. La compréhension, c’est encore mieux. Finalement, une seule question se pose alors que l’on choisit la crèche de son nouveau-né. Êtes-vous prêt à ce que l’on vous appelle « Mummy and Daddy » ?

 

Gildas Mergny

Révisé par Blandine Fourchet et Virginie Le Diagon

Source : http ://www.tradonline.fr/creches-bilingues-vraie-bonne-idee-nos-bambins/

Parlez-vous l10n ?

Vous venez tout juste de débarquer dans le domaine de la traduction et n’êtes pas encore familier avec tous les termes spécifiques à l’industrie ? Pour vous y retrouver, je vous propose un petit glossaire constitué de quelques termes propres à la traduction, et plus particulièrement à la localisation, ainsi que leurs désignations courantes sur internet.

suite

Internationalisation (#i18n)

L’internationalisation décrit le processus consistant à extraire tous les textes d’un logiciel ou d’un produit et de les placer dans des fichiers « ressources ». C’est la base de la localisation rapide et de la traduction de logiciels. 

Localisation (#l10n)

La localisation décrit le processus d’adaptation d’un produit, d’une application, d’un logiciel ou d’un document à une langue, à une culture et à d’autres exigences spécifiques à un pays ou une à région. Outre la traduction, la localisation comprend également l’adaptation des éléments suivants : l’heure, la date et les formats numériques, la monnaie, les méthodes de paiement, les images, les couleurs et plus encore. 

Traduction automatique

La traduction automatique, ou traduction instantanée, est la traduction d’un texte par un ordinateur sans intervention humaine. Il existe de nombreux problèmes quant à la qualité de la traduction automatique car celle-ci repose sur des algorithmes informatiques. 

Minimum Viable Localisation (MVL)

La MVL est l’équivalent de l’approche de produit viable minimum en développement d’applications. Elle est donc généralement utilisée dans la localisation d’applications mobiles et fait référence à une stratégie pour tester différents marchés et leur potentiel pour une application : vous localisez la description de votre boutique d’applications et les métadonnées pour divers marchés internationaux sans traduire l’application elle-même. Une MVL est un excellent moyen de tester certains marchés à faible coût.

Post-édition

En termes de qualité de traduction, la traduction automatique n’est pas arrivée à la cheville des traducteurs humains jusqu’à présent. La post-édition décrit un moyen d’utiliser la traduction automatique relue par des traducteurs humains pour accélérer la traduction. Les textes sont traduits par des machines pour être ensuite édités par des traducteurs professionnels pour élaborer des traductions de haute qualité dans un temps minimum.

RTL

RTL représente l’abréviation de « Right to Left » (droite à gauche) qui fait référence à la langue que vous écrivez et lisez de droite à gauche, comme l’arabe ou l’hébreu. Traduire votre application, logiciel, site internet ou document d’une langue LTR « Left to Right » (comme l’anglais) en une langue RTL exige des changements considérables dans la mise en page. Par conséquent, il est important de prendre en compte le RTL lors de l’internationalisation.

Base terminologique

La base terminologique est l’outil principal pour la gestion terminologique dans les projets de traduction. Il s’agit d’une compilation de termes propres à l’entreprise ou au texte à traduire et se compose généralement de cette façon :

Termes (langue source)

Traductions approuvées (langues cibles)

Définitions

Termes qui ne doivent pas être traduits, mais conservés dans la langue source.

Unicode

L’Unicode est une norme de l’industrie informatique internationale utilisée pour la représentation et la manipulation de texte dans la plupart des systèmes d’écriture. Les codages les plus couramment utilisés sont UTF-8 et UTF-16. 

Mémoire de traduction, Exact Matches et Fuzzy Matches

Une mémoire de traduction est une base de données qui se développe au fil des traductions que vous enregistrez. Elle propose en temps réel des traductions de textes sources, sur une base de similitudes (correspondances) avec vos traductions précédentes.

Les Exact Matches, « correspondances exactes » sont des suggestions de la mémoire de traduction qui conviennent parfaitement à un texte source. Ces suggestions n’ont généralement pas besoin d’être adaptées et peuvent être utilisées comme traductions finales.

Les Fuzzy Matches « correspondances floues » suggérées dans la mémoire de traduction sont approximatives. Elles conviennent entre 55 % et 99 % à un texte source et ont donc besoin de quelques retouches afin de créer une traduction finale. Les Fuzzy Matches sont un très bon point de départ pour élaborer des traductions de haute qualité.

Pour terminer cette liste (qui est évidemment non exhaustive), il est utile de savoir que les termes « translate », « translation » et « globalisation » sont respectivement désignés sur internet par les hashtags suivants : #xl8, #T9n et #g11n.

Avatar Anne-Claire Nourian

Source : https ://lingohub.com/blog/2016/12/l10n-glossary-terms-all-product-managers-and-global-companies-should-know/