Le milieu de la traduction  : comment la place des femmes a-t-elle évolué  ?

Ces derniers siècles, d’énormes avancées au niveau des droits de la femme ont été réalisées mais il reste bien évidemment du chemin à parcourir pour atteindre une parité parfaite entre hommes et femmes. Si aujourd’hui le secteur de la traduction s’en approche de plus en plus, ça n’a pas toujours été le cas et certaines femmes ont dû se battre pour obtenir le droit de traduire.

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Rappelez-vous, quelques siècles en arrière, les milieux intellectuels comme la littérature ou les sciences étaient réservés aux hommes.  À cette époque, les femmes étaient autorisées à utiliser la traduction comme un moyen d’expression mais elles se retrouvaient obligées d’écrire anonymement ou pire encore d’emprunter le nom de leur mari dès lors qu’elles cherchaient à atteindre un public un peu plus important que leur cercle familial ou amical.

Certaines ne se sont pas découragées pour autant, ce fut notamment le cas d’Émilie du Châtelet. La traduction devînt pour elle un outil pour pénétrer un milieu essentiellement masculin : les sciences. Ce domaine passionnait Émilie qui traduisit (entre autres) des théories d’Isaac Newton et elle en profita au passage pour les commenter et les expliquer. Elle est encore aujourd’hui considérée comme une référence en traduction. Son amant le célèbre philosophe Voltaire déclara d’ailleurs qu’elle était : « un grand homme qui n’avait le défaut que d’être femme ».

Bien heureusement, cette époque est aujourd’hui révolue. En effet, le milieu de la traduction est majoritairement féminin : il suffit de regarder la répartition des classes à l’université. Mais quelles sont les grandes femmes du milieu langagier de notre époque ? Certains sites tels que welocalize.com ont été créés spécialement pour aider les femmes du milieu de la localisation à se connecter entre elles et à échanger. Il permet également de mettre en valeur les accomplissements des femmes dans l’industrie de la localisation. Par exemple, Orodi Solomon est devenue Director of Global Product Management (Responsable de la gestion globale des produits) au Starwood Hotels & Resorts Worldwide, elle a mis un point d’honneur à créer une ambiance de confiance dans son entreprise où chacun est libre de s’exprimer peu importe son sexe ou ses années d’expérience. Le site évoque également l’Américaine Lara Millmow qui déménagea au Royaume-Uni et devînt directrice générale de l’association ELIA (European Language Industry Association).

En résumé, ce site regorge de role models féminins qui ont réussi à briser les barrières de la localisation et à gravir les échelons. Les femmes ne doivent pas s’autocensurer ou se limiter mais peut-être qu’une citation de Lara Millmow serait plus parlante : « With self-belief, women have the power to achieve whatever they want—this is what will ultimately change the world ».

Déborah Rivallain
Révisé par Perrine Bourdeau et Paula Stylo

 

Source :

http ://content.lionbridge.com/women-localization-8-inspirational-leaders-storming-ahead-bold-change/

La qualité avant tout  !

Traduire c’est faire passer un texte rédigé dans une langue source dans une langue cible.

Cependant, fournir une traduction de qualité n’est pas aussi simple qu’il n’y paraît. Et ce ne sont pas les traducteurs automatiques en ligne qui vous aideront, croyez-moi !

Je vais donc vous proposer cinq points clés qui pourront vous aider à juger de la bonne qualité d’une traduction.

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Français-anglais et anglais-français, c’est la même chose !

L’une des premières erreurs que l’on commet souvent en traduction, c’est de croire que l’on peut traduire vers n’importe quelle langue. FAUX ! Un vrai traducteur ne traduit que vers sa langue maternelle. Il doit avoir une connaissance parfaitement parfaite de sa langue d’origine.

À chacun ses compétences !

Tel le professeur de français qui enseigne le français et non les mathématiques, un traducteur est spécialisé dans un (ou des) domaine(s) bien précis. Ainsi, un traducteur spécialisé dans le domaine médical ne peut pas accepter une traduction juridique.

Les exigences de M. Le Client

Un traducteur se doit de respecter les exigences du client. Si des doutes persistent, il ne doit pas hésiter à revenir vers le client pour demander plus de détails et avoir toutes les informations qu’il juge nécessaires à la bonne traduction de son texte.

Respect et fidélité !

Comme en amour, certaines règles de base (évidentes ou non) sont primordiales pour le bon déroulement de votre traduction. Le respect du sens est de mise : il faut savoir restituer le contenu sans en oublier, ni en ajouter. Un bon traducteur sait éviter les faux-sens et les contre-sens. Il manie la langue avec une justesse juste par-faite.

Pertinence de la fluidité

La lecture du document traduit doit être naturelle et sans accroc (fluide !). On ne doit pas se rendre compte qu’il s’agit d’une traduction (fluidité !). C’est pour cela que le travail du traducteur est en réalité bien plus profond que la simple transposition d’un contenu linguistique dans une autre langue. « Adaptation » est son mot d’ordre : traduire c’est donc aussi adapter les éléments culturels au lecteur cible pour être sûr de transmettre l’intégralité du message.

Ainsi soit-il !

Anne-Laure Zamarreno
Révisé par Élodie Clomenil et Virginie Le Diagon

Source : http ://content.lionbridge.com/10-ways-to-ensure-quality-translations/

Les crèches bilingues  : une bonne chose pour vous et vos enfants  ?

C’est bien à nos parents que nous devons, en général, notre capacité à nous exprimer. Leurs douces paroles que nous entendons depuis le berceau alors que nos sens s’éveillent jour après jour. Il est donc bien normal de les remercier dès le plus jeune âge en balbutiant nos premiers mots  : « Papa » et « Maman ». Un élan de fierté pour le paternel, une teinte de mélancolie pour celle qui nous a porté dans son ventre.

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Et pourtant, certains parents ont préféré prendre le risque de ne pas comprendre les premiers mots de leur enfants en les inscrivant aux crèches bilingues. « Mum » et « Dad » : des mots pourtant lourds de sens qui sonnent vides si on ne les comprend pas. Sans pour autant donner des exemples aussi extrêmes, la question des crèches bilingues se doit d’être soulevée.

Il est important de rappeler que « bilingue » désigne une personne ayant deux langues maternelles. C’est un mécanisme linguistique, mental et cérébral, qui apporte de nombreux avantages pour l’avenir ! Nul ne peut se prétendre bilingue en balbutiant correctement quelques mots dans une langue étrangère. Mais bien que l’apprentissage des langues fasse partie intégrante de l’éducation en France, beaucoup s’accordent à dire qu’« en France, on parle français ». Mais alors, pourquoi les crèches « bilingues » ont-elles la cote de nos jours ?

Les jeunes parents de la génération Y ont souffert de leur manque de connaissances en langues étrangères, notamment de l’anglais, et souhaitent un avenir plus brillant pour leur progéniture. Avec la propagation des anglicismes et du marché international dont la langue est l’anglais, il n’est pas dur de comprendre l’envie de ces parents d’offrir plus d’opportunités à leurs enfants. La soif de voyage des enfants de 80 à 2000 se traduit par le désir de découvrir de l’exotisme chez leur propre bambin. Un argument valide, peut-être, mais pas pour le moins réfutable.

En effet, quand on regarde les principaux intéressés de plus près, il a été démontré qu’un enfant bilingue aura peut-être des difficultés à prononcer ses premiers mots autant dans une langue que dans une autre. Il arrive même que la langue sociale (parlée en dehors du foyer) prenne le dessus. De manière générale, ce cas de figure ne pose pas de problème, puisqu’au moins un des parents de l’enfant bilingue parle la langue sociale. Que se passe-t-il alors si aucun des deux parents ne connaît la langue de son enfant ?

Un cas de figure peu probable chez les petits Français, et pourtant devenu possible depuis la création des crèches bilingues.

Français à la maison, anglais à l’extérieur. L’esprit de l’enfant étant tourné vers la découverte ou l’inconnu, un bambin apprend les concepts les plus fondamentaux de la société en dehors de la maison. Apprendre les préceptes du respect dans deux langues différentes peut s’avérer difficile… surtout si la communication entre les deux générations est bloquée par la barrière de la langue.

« Awright », me direz-vous, « It’s all about communication ». Et, oui, c’est vrai. La communication, c’est important. La compréhension, c’est encore mieux. Finalement, une seule question se pose alors que l’on choisit la crèche de son nouveau-né. Êtes-vous prêt à ce que l’on vous appelle « Mummy and Daddy » ?

 

Gildas Mergny

Révisé par Blandine Fourchet et Virginie Le Diagon

Source : http ://www.tradonline.fr/creches-bilingues-vraie-bonne-idee-nos-bambins/

Parlez-vous l10n ?

Vous venez tout juste de débarquer dans le domaine de la traduction et n’êtes pas encore familier avec tous les termes spécifiques à l’industrie ? Pour vous y retrouver, je vous propose un petit glossaire constitué de quelques termes propres à la traduction, et plus particulièrement à la localisation, ainsi que leurs désignations courantes sur internet.

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Internationalisation (#i18n)

L’internationalisation décrit le processus consistant à extraire tous les textes d’un logiciel ou d’un produit et de les placer dans des fichiers « ressources ». C’est la base de la localisation rapide et de la traduction de logiciels. 

Localisation (#l10n)

La localisation décrit le processus d’adaptation d’un produit, d’une application, d’un logiciel ou d’un document à une langue, à une culture et à d’autres exigences spécifiques à un pays ou une à région. Outre la traduction, la localisation comprend également l’adaptation des éléments suivants : l’heure, la date et les formats numériques, la monnaie, les méthodes de paiement, les images, les couleurs et plus encore. 

Traduction automatique

La traduction automatique, ou traduction instantanée, est la traduction d’un texte par un ordinateur sans intervention humaine. Il existe de nombreux problèmes quant à la qualité de la traduction automatique car celle-ci repose sur des algorithmes informatiques. 

Minimum Viable Localisation (MVL)

La MVL est l’équivalent de l’approche de produit viable minimum en développement d’applications. Elle est donc généralement utilisée dans la localisation d’applications mobiles et fait référence à une stratégie pour tester différents marchés et leur potentiel pour une application : vous localisez la description de votre boutique d’applications et les métadonnées pour divers marchés internationaux sans traduire l’application elle-même. Une MVL est un excellent moyen de tester certains marchés à faible coût.

Post-édition

En termes de qualité de traduction, la traduction automatique n’est pas arrivée à la cheville des traducteurs humains jusqu’à présent. La post-édition décrit un moyen d’utiliser la traduction automatique relue par des traducteurs humains pour accélérer la traduction. Les textes sont traduits par des machines pour être ensuite édités par des traducteurs professionnels pour élaborer des traductions de haute qualité dans un temps minimum.

RTL

RTL représente l’abréviation de « Right to Left » (droite à gauche) qui fait référence à la langue que vous écrivez et lisez de droite à gauche, comme l’arabe ou l’hébreu. Traduire votre application, logiciel, site internet ou document d’une langue LTR « Left to Right » (comme l’anglais) en une langue RTL exige des changements considérables dans la mise en page. Par conséquent, il est important de prendre en compte le RTL lors de l’internationalisation.

Base terminologique

La base terminologique est l’outil principal pour la gestion terminologique dans les projets de traduction. Il s’agit d’une compilation de termes propres à l’entreprise ou au texte à traduire et se compose généralement de cette façon :

Termes (langue source)

Traductions approuvées (langues cibles)

Définitions

Termes qui ne doivent pas être traduits, mais conservés dans la langue source.

Unicode

L’Unicode est une norme de l’industrie informatique internationale utilisée pour la représentation et la manipulation de texte dans la plupart des systèmes d’écriture. Les codages les plus couramment utilisés sont UTF-8 et UTF-16. 

Mémoire de traduction, Exact Matches et Fuzzy Matches

Une mémoire de traduction est une base de données qui se développe au fil des traductions que vous enregistrez. Elle propose en temps réel des traductions de textes sources, sur une base de similitudes (correspondances) avec vos traductions précédentes.

Les Exact Matches, « correspondances exactes » sont des suggestions de la mémoire de traduction qui conviennent parfaitement à un texte source. Ces suggestions n’ont généralement pas besoin d’être adaptées et peuvent être utilisées comme traductions finales.

Les Fuzzy Matches « correspondances floues » suggérées dans la mémoire de traduction sont approximatives. Elles conviennent entre 55 % et 99 % à un texte source et ont donc besoin de quelques retouches afin de créer une traduction finale. Les Fuzzy Matches sont un très bon point de départ pour élaborer des traductions de haute qualité.

Pour terminer cette liste (qui est évidemment non exhaustive), il est utile de savoir que les termes « translate », « translation » et « globalisation » sont respectivement désignés sur internet par les hashtags suivants : #xl8, #T9n et #g11n.

Source : https ://lingohub.com/blog/2016/12/l10n-glossary-terms-all-product-managers-and-global-companies-should-know/

La traduction instantanée : menace ou nouvel outil pour le traducteur ?

Développer un système informatique capable de traduire un texte ou un discours en temps réel. C’est un rêve que font les programmeurs depuis la fin des années 40 : allier linguistique et informatique. C’est ainsi que de nombreuses recherches ont été menées dans le but d’atteindre cet objectif, et il semble que nous nous en rapprochions de plus en plus. Mais quel impact aura cette évolution technologique sur le métier même du traducteur ?

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Rappelons que si lors de son développement la traduction automatique vise à supplanter le travail du traducteur en offrant une traduction bien plus rapide avec des coûts moindres, son développement n’en a pas été moins bénéfique pour l’amélioration des prestations que peut aujourd’hui offrir ce domaine professionnel. En effet, au fil des tests et des découvertes, le métier du traducteur a pu se moderniser grâce à ce que l’on appelle la Traduction Assistée par Ordinateur, qui représente l’ensemble des moyens technologiques à disposition lors de la réalisation d’une traduction. De nos jours, plusieurs entreprises telles que SDL ou MemoQ commercialisent des logiciels de TAO de plus en plus complets et évolués. Néanmoins, un premier point important est à souligner ici : si les systèmes d’aide à la traduction connaissent une constante évolution, l’intervention humaine demeure indispensable afin de garantir une traduction de qualité. Le meilleur exemple qui vient confirmer cette affirmation est l’apparition de programmes de traduction en ligne (Google Translation, Reverso, etc.) que nous avons tous déjà utilisés au moins une fois et qui nous ont démontré les limites actuelles de la traduction automatique. Est-il alors encore possible de faire évoluer une fois de plus la traduction automatique ? Oui, grâce à l’intelligence artificielle.

Nous savons tous ce qu’est l’intelligence artificielle, ou IA, ou du moins ce qu’elle représente. Nouveau stade de l’évolution information, l’IA est une source inépuisable de débats scientifiques comme de scénarios de science-fiction. Voici ce qu’il faut retenir pour comprendre l’avancée par rapport aux programmes de traduction automatique que nous connaissons : intelligence artificielle. Tout est dit, le nom suffit. Les programmes évoqués ne sont que des lignes de codage qui respectent les règles jusqu’à la mise à jour suivante. L’ IA développée en lien avec la traduction possède des long short-term memory (mémoire à court et long terme) qui permet de retenir les traductions déjà effectués. Une sorte de mémoire de traduction améliorée en somme ? C’est une interprétation possible. Un autre petit plus de l’IA est le traitement d’un texte dans son intégralité et non phrase par phrase. C’est là qu’intervient dans la traduction le principe de contexte qui permet de traduire avec exactitude, ce que ne peut pas faire un programme traduisant mot par mot. Quel est alors l’impact de ce que nous appellerons la traduction instantanée sur le métier de traducteur ?

Une traduction plus rapide, moins chère ; ce sont des arguments que pourront présenter les entreprises qui développent les services de traduction instantanée dans le but de les commercialiser. Quelles seraient alors les conséquences pour les traducteurs professionnels ? On est en droit de supposer que, tant que ces services ne fonctionnent pas parfaitement, il n’y a pas de risques à l’horizon. Malheureusement cela représente une menace pour les métiers de la traduction. Les rédacteurs techniques sont probablement les moins concernés mais pour ce qui est des traducteurs ou même des responsables de gestion de projet, la traduction instantanée n’est pas à prendre à la légère. A partir du moment où l’IA est fonctionnelle et correctement programmée, gérer un projet de traduction et traduire un texte seront dans ses cordes. Le doute peut probablement se poser pour le sous-titrage de vidéo. En bref, à moins que des mesures soient mises en place avec le développement de la traduction instantanée, celle-ci projette son ombre sur le monde de la traduction.

Pour finir sur une note plus légère, il est agréable de penser qu’avec l’évolution des outils technologiques, en associant la traduction instantanée, le manque de compréhension entre touristes et locaux durant les périodes de vacances disparaîtra complétement.

Mathieu Hergas

 Source : http ://content.lionbridge.com/what-machine-translation-advancement-means-language-services/

« Make dictionaries great again », ou l’effet Trump sur les langues

L’élection présidentielle américaine de 2016 a certainement apporté son lot de surprises. La plus grosse surprise reste sans doute la désignation de Donald Trump comme le quarante-cinquième président des États-Unis d’Amérique. Bien que sa nomination soit largement contestée, aux États-Unis comme dans le reste du monde, il est indubitablement l’une des personnalités les plus influentes de 2016. Son impact apparaît notamment à travers les différents néologismes dont l’homme d’affaires a été l’inspiration. En voici quelques exemples.

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Trumpisme

Quel meilleur mot choisir en premier exemple que celui qui représente les idéaux de la personne dont il est question ici ? Ce terme a été employé par Mitt Romney, candidat républicain de l’élection présidentielle américaine de 2012, en opposition avec le républicanisme. Selon le politicien, les valeurs défendues par Donald Trump, telles la xénophobie et l’intolérance religieuse, sont contraires à celles du Parti républicain. Le « Trumpisme » se rapprocherait alors davantage du populisme.

Trumponomics

Mélange astucieux entre le nom « Trump » et « economics » (les sciences économiques), les « Trumponomics » désignent assez naturellement la politique économique défendue par le milliardaire. C’est néanmoins un type de néologisme qui tient ses origines des années Reagan, où l’on parlait alors de « Reaganomics ».

Trumpisation

C’est un cocorico pour le prochain néologisme. La « Trumpisation » provient de Manuel Valls, l’ancien premier ministre français. Ce mot a cependant fait parler de lui pour avoir fait son entrée dans le dictionnaire suédois, dans ce cas « Trumpifiering », en fin d’année 2016. Quelle qu’en soit la version, le terme est défini comme la « modification du débat politique en faveur d’un style rhétorique où l’on s’exprime de manière à être remarqué sans tenir compte des conséquences ni des faits ». Autrement dit, il s’agit d’une description du style oratoire du président des États-Unis.

Trumpistas

Donald Trump n’a pas été élu d’un claquement de doigt, des électeurs ont fait ce choix. Parmi ceux-ci, on peut trouver les « Trumpistas » qui représentent tout simplement les latino-américains qui ont voté pour l’actuel président des États-Unis. Ce terme a probablement été inventé pour mettre en avant une certaine incohérence étant donné les propos considérés comme racistes et xénophobes qui ont pu être exprimés par le candidat lors des élections présidentielles de 2016.

Trumpear

Le prochain mot est d’ailleurs d’origine hispanique. Il s’agit d’un jeu de mots à partir de « trompear » qui signifie « cogner ». Le nom du président a inspiré un nouveau verbe : « trumpear ». De nombreuses définitions existent pour celui-ci, que ce soit « proposer des choses stupides impossibles à réaliser », « agir d’une façon ridicule et se contredire après coup » ou encore « polariser, injurier, terroriser en guise de stratégie électorale ».

Trumping

Loin des connotations issues du « Trumpisme », le dernier néologisme du jour est sans aucun doute le plus cocasse. Énormément médiatisé, Donald Trump n’a pu échapper aux moqueries et railleries, particulièrement vis-à-vis de son physique. Que ce soit son visage aux expressions diverses ou sa célèbre chevelure, il n’a pas fallu attendre longtemps pour qu’un mot en émerge : le « Trumping », ou l’art de se maquiller à l’effigie du président Trump. Si jamais vous êtes intéressés, vous pouvez visionner le tutoriel en suivant le lien ci-dessous pour éviter de vous « trumper » lors de votre prochaine séance maquillage : https ://youtu.be/xDgy37kPOZ4

La liste des néologismes est encore bien longue, et elle risque de continuer à s’agrandir. Ce phénomène a beau exister depuis des lustres, Donald Trump a su être une muse des plus inspirantes. À défaut de pratiquer la langue de bois, l’actuel président des États-Unis n’a clairement pas manqué de faire son effet sur les langues à travers le monde.

Sources : https ://20000lenguas.com/2016/11/20/los-neologismos-de-la-era-trump/

Quelle est la meilleure façon d’apprendre une langue ?

Être polyglotte nécessite beaucoup de travail. En effet, apprendre une langue est difficile, mais il est encore plus difficile de la mettre en pratique en situation réelle. Oui, mettre en pratique ses connaissances en langues sur une feuille de cours est totalement différent d’appliquer ces dites connaissances au cours d’une conversation. Par exemple, en ce qui me concerne, j’ai énormément de mal à tenir une conversation en langues étrangères mais moins de mal à composer dans celles-ci. Je pense que c’est le cas pour bon nombre d’entre nous. Ce qui nous amène à nous demander alors quelles sont les solutions qui s’offrent à nous pour améliorer notre niveau en langue ou devrais-je plutôt dire notre interaction avec des gens en langues étrangères ?

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À vrai dire, plusieurs solutions s’offrent à nous, mais il faut savoir qu’en fonction de la personne, certaines solutions seront plus efficaces voire plus adaptées chez l’une que chez l’autre personne. Ainsi, il faut trouver sa ou ses solution(s) clé(s). Si vous apprenez des langues étrangères, je suppose que vous avez souvent eu l’occasion d’entendre que la solution clé pour améliorer son niveau de langue est l’immersion complète dans un pays, n’est-ce pas ? Cependant, tout le monde ne peut se le permettre, car c’est une solution qui demande de débourser beaucoup, or il existe de nombreuses autres solutions. De ce fait, l’autre problématique qui se plante est : est-il également possible de s’améliorer sans énormément débourser ? Oui ! Il existe effectivement d’autres solutions telles que regarder des films en version originale ou version sous-titrée, lire des livres en langues étrangères, participer à des salons internationaux. Ces salons internationaux sont non seulement le moyen de rencontrer des gens de différents horizons, mais aussi un moyen de pratiquer la langue et de mettre en pratique tous les mots appris dans un contexte spécifique.

Pour apprendre de manière efficace, il est important de faire la différence entre apprendre et assimiler une langue. Effectivement, apprendre par cœur sans aucun contexte, sans aucune mise en pratique, aura pour conséquence l’oubli quasi systématique des mots que l’on vient d’apprendre. Tandis qu’apprendre avec un contexte permettra de se rappeler du mot appris même après plusieurs années et c’est ce qu’on appelle l’assimilation d’une langue. En effet, un mot peut avoir différentes significations selon le contexte. Et faire face à ce mot dans un contexte précis permet de mieux le comprendre et par conséquent de s’en rappeler. C’est pourquoi discuter dans une autre langue est un moyen radical pour progresser et retenir.

Ainsi, le seul conseil que je peux vous donner, c’est de varier les différents moyens d’apprentissage, car non seulement il en existe une multitude, mais aussi parce que cela permet de voir lequel est plus adapter pour soi. Lisez, écoutez la radio, regarder des films en langues étrangères, en bref cultivez-vous et pratiquez !

Auréa ARTIS

Source : http ://translatorthoughts.com/2016/11/dont-study-learn/

Anglicismes : sont-ils utilisés pour la praticité ou parce qu’ils sont à la mode ?

Toute personne polyglotte est consciente que chaque langue est unique et n’exprime pas forcément les choses de la même manière. Étant jamaïcaine, je saisis très bien l’utilité des emprunts, qui permettent d’expliquer des expressions ou des concepts qui n’existent que dans un contexte jamaïcain. Néanmoins, ce n’est pas juste l’explication d’un concept culturel qui rend les emprunts utiles. Ils servent aussi à être plus concis dans la mesure où l’équivalent d’une expression peut être plus court dans une autre langue. Prenons le cas de l’emprunt en anglais de l’expression française « déjà vu », il est clair qu’emprunter des mots étrangers peut être très pratique. Au lieu de dire « This feels like something that’s happened to me before », en anglais, il est parfaitement acceptable de simplement dire « It’s like déjà vu ».

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Emprunts de l’anglais : l’invasion n’arrête jamais

Malheureusement, ce n’est pas uniquement l’anglais qui « vole » aux autres, il y a également une invasion persistante de l’anglais dans d’autres langues. Le but d’utiliser des emprunts est d’économiser, ou tout simplement pour la praticité. La langue est dynamique et chaque année des anglicismes sont ajoutés soit dans leur forme originale, soit de manière adaptée aux dictionnaires. C’est le cas de la RAE (la Real Academia Española) qui ajoute chaque année des termes anglophones à la langue espagnole mais qui lutte aussi pour en conserver sa pureté. Est-il vraiment nécessaire d’avoir autant d’anglicismes ? Sans doute, c’est beaucoup plus simple de dire « CD » que dire « disco compacto » ou « chat » pour remplacer « conversación a través de medios digitales », mais est-ce que les anglicismes en espagnol ou en français sont utilisés pour la praticité ou tout simplement parce qu’ils sont « à la mode » ? Dans l’exemple suivant, on voit que l’anglicisme n’est pas utilisé pour des raisons de praticité :

 

« ¿Qué vas a hacer esta tarde ? » « ¿Qué vas a hacer esta tarde ? »

VS

« Voy a hacer footing. » « Voy a correr. »

 

En plus de la perte de pureté de la langue, l’utilisation des anglicismes peut avoir un effet négatif sur les personnes plus âgées. La langue peut parfois exclure certaines personnes d’une conversation, notamment par l’utilisation d’un langage peu compréhensible, voire pas du tout. Ces personnes se sentent alors perdues dans leur propre langue. La langue fait partie de l’identité d’un peuple et il est très important de lutter pour sa préservation. Il faut alors faire attention et tenter de limiter « l’invasion » de l’anglais.

 

Les anglicismes et la traduction

Étant donné l’importance des anglicismes de nos jours, cela nous amène à nous interroger sur la façon de traduire : faut-il opter pour des anglicismes ou traduire en utilisant l’équivalent dans la langue source ? La réponse à cette question va dépendre de la situation. Parfois, il est plus utile de laisser l’expression en anglais, vu la fréquence de l’utilisation dans la langue source. Des expressions comme « business » ou « marketing » semblent très courants en français par exemple, ainsi une traduction de ces mots n’est pas nécessairement plus adaptée. Néanmoins, le choix des termes se fait avec le client qui peut imposer l’utilisation de certains anglicismes. Il revient au traducteur de réfléchir au contexte linguistique et de donner le conseil et l’expertise nécessaires à la traduction qui sera la plus adaptée aux besoins du client et de respecter ses choix terminologiques.

Giselle Dunbar

Source : http ://traduccionexperta.com/la-invasion-de-los-anglicismos/

L’importance de traduire son site internet

Lancer son site internet dans plusieurs langues est le moyen incontournable pour accroître sa présence sur la scène internationale et étendre sa visibilité auprès d’une cible plus large. Il faut néanmoins garder en tête que lorsque l’on localise, on vise un pays et non une langue. Aujourd’hui, gérer la localisation de son site internet est moins complexe et coûte bien moins cher qu’hier. Nombreuses sont les agences de traduction susceptibles d’offrir un site multilingue performant. La localisation peut également se faire gratuitement en interne, notamment avec ces innombrables outils tels que les logiciels de traduction en ligne permettant de traduire son site web.

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Évidemment, le choix des langues varie en fonction du public visé, tout comme le nombre de langues dépend de la taille de l’entreprise derrière le site internet. Les plus importantes ont tendance à décliner leur site dans plus de langues (en moyenne 14 langues différentes) que les plus petites entreprises. Le cabinet d’études Common Sense Advisory estime que d’ici quelques années, un site internet devra être disponible dans 20 langues au minimum pour s’assurer une place sur le plan mondial.

Les avantages du multilinguisme

Les sites internet reçoivent des visiteurs provenant des quatre coins du monde sans tenir compte des langues qu’ils proposent. C’est notamment l’une des premières raisons qui motivent la localisation des sites web.

De plus, la majorité des internautes européens parle plusieurs langues. Pourtant, cela ne signifie pas exactement qu’ils sont disposés à acheter sur les sites indisponibles dans leur langue native. Une étude a effectivement démontré qu’il existe un lien, à ne pas prendre à la légère, entre la langue utilisée par le consommateur ainsi que la volonté d’achat.

En effet, les utilisateurs se sentent plus en sécurité en achetant sur des sites dans leur propre langue par souci de compréhension. Une étude menée par la Commission européenne en 2011 a révélé que neuf internautes sur dix naviguent dans leur langue maternelle lorsqu’un choix de langues leur est proposé. Certains résultats de l’enquête sont présentés dans l’article Les langues les plus utilisées sur internet en Europe. Ainsi, leur proposer une version dans leur langue native construirait une véritable relation de confiance avec l’acheteur, d’où l’importance du multilinguisme.

Un site multilingue permet également de faire valoir sa notoriété auprès de ses clients internationaux et de les fidéliser. Décliner son site en plusieurs langues est une manière de conquérir des clients potentiels quel que soit leur pays d’origine, sans avoir à investir énormément en termes d’argent et de temps. Il s’agit donc d’un outil marketing indispensable et rentable puisqu’il a été prouvé que l’ajout d’une seconde langue aurait une retombée positive sur ses profits.

En outre, il met en valeur d’une part, l’intérêt que l’entreprise porte à ses clients en proposant un site personnalisé dans leur langue et d’autre part, la longueur d’avance que possède le site par rapport à ses concurrents, qui ne proposent pas un vaste choix de langues voire aucune. En effet, le site internet multilingue sera disposé à répondre aux besoins d’une clientèle internationale avant les concurrents, ce qui représente un avantage considérable.

In fine, localiser son site internet se fait dorénavant de manière rapide et sans avoir à y mettre le prix. Ces différents points cités justifient l’importance de développer sa portée à travers le monde. Il ne reste plus qu’à choisir les langues les plus adéquates et voir ses profits gonfler considérablement.

Sonia AHAMADA

Article source : http ://blog.bablic.com/10-reasons-you-need-a-multilingual-website/

La survie des langues mortes : une antithèse linguistique ?

Autopsie des langages disparus

Il faut tout d’abord distinguer ce qui fait que l’on considère une langue comme « morte » : pour faire court, une langue morte est considérée comme telle lorsque la dernière personne utilisant cet outil de communication comme langue maternelle décède.

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Cependant, comment une langue à part entière peut-elle disparaître ainsi ? Ce n’est évidemment pas un phénomène soudain. Certains langages régionaux ou nationaux jugés désuets, par exemple, cèdent leur place à d’autres plus utilisés : on notera, entre autres, la mise à mal du mexicain au profit de l’espagnol, similaire et beaucoup plus reconnu mondialement. Des contraintes plus physiques peuvent également en être la cause : en Turquie, la langue kurde s’est vue drastiquement restreinte à mesure que le peuple kurde subissait une ségrégation. Enfin, il faut noter que les langues sont en constant renouvellement, et leur évolution permanente peut être considérée comme une disparition continue des racines de la langue à chaque nouvelle génération.

Des morts encore persistants

Il serait cependant imprudent de considérer une langue morte comme enterrée à jamais. Bien au contraire, il existe de nombreuses raisons pour lesquelles, aujourd’hui encore, nous sommes bien plus entourés de ces langues antiques que nous ne l’imaginons.

Avant tout, certaines d’entre elles sont des piliers fondateurs de nos langues actuelles. Plus d’une quarantaine de langues parlées dans le monde aujourd’hui tirent leurs origines du latin ; et l’anglais, le français et l’italien ne sont pas en reste.

En dehors de l’utilisation quotidienne, le domaine scientifique est également fourni en matière de langues mortes. En effet, bien que la plupart des espèces possèdent bel et bien un nom d’usage, elles sont également toutes dotées d’un nom scientifique latin.

Archiver ou dépoussiérer ?

Cela dit, reconnaître que notre langue de tous les jours trouve ses origines dans des langues anciennes est une chose, mais que faire de ces dernières par la suite ? Faut-il aller de l’avant en laissant s’estomper les racines de nos langages ? Fort heureusement, cela ne semble pas être la direction actuelle.
Il faut savoir qu’étudier ces racines permet de mieux comprendre les bases de notre grammaire actuelle et d’étendre notre champ de vocabulaire. Ainsi, nous pouvons perfectionner notre langue maternelle et faciliter l’apprentissage de nouvelles langues. L’enseignement des langues anciennes est donc un atout considérable dans les connaissances linguistiques.

Pensons également aux nombreux écrits littéraires antiques n’existant que dans des langues considérées comme mortes : leur contenu serait perdu à jamais s’il n’existait plus personne pour enseigner (et d’autres personnes pour apprendre) la langue nécessaire à leur déchiffrage. Des traductions peuvent exister, mais ce serait un manque inestimable de ne plus pouvoir apprécier l’œuvre originale.

Il paraît alors improbable que les langues mortes le restent éternellement, tant leur ancienneté et rareté fascinent. Bien qu’elles ne soient plus parlées, leurs racines sont ancrées dans le temps et restent encore visibles de nos jours. Le jour où nous souhaiterons au latin et ses camarades de « Requiescat In Pace » n’est donc pas encore venu…

Avatar du rédacteur Camille Herriau

Source : https ://www.capitatranslationinterpreting.com/useful-can-dead-language/