La localisation vidéoludique hispanophone : un problème épineux

La localisation est un des sujets qui suscite un fort intérêt chez les jeunes traducteurs. Parmi ces passionnés, beaucoup sont attirés par le domaine du jeu vidéo ; un secteur qui est caractérisé par des problématiques spécifiques qui s’étendent bien au delà de celles que rencontrent un localisateur audiovisuel « lambda », puisqu’en plus du travail sur le sous-titrage, la synchronisation labiale et autres joyeusetés liées à la transcréation, le localisateur de jeux vidéo doit adopter une optique pragmatique pour permettre au joueur de rentrer facilement en interaction avec l’environnement virtuel qui lui est proposé.

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Pour ce faire, le localisateur doit passer maître dans l’art de choisir le mot juste. Si de nombreux articles traitent de ce problème au travers du prisme de notre société et de notre langue française, nous allons aujourd’hui nous intéresser aux spécificités de la localisation dans la langue de Cervantes.

Le problème majeur lié à la localisation hispanique (qu’il s’agisse de jeux vidéo ou de cinéma) réside dans les nombreuses déclinaisons de la langue espagnole à travers le monde. Rien qu’en Espagne, de nombreux dialectes sont pratiqués en plus des langues officielles, le castillan et le catalan, mais si on y ajoute les variantes terminologiques et phonétiques qui se manifestent sur l’ensemble du territoire d’Amérique Latine, nous pouvons commencer à imaginer l’envergure du problème que peut causer le fait de proposer une localisation qui convienne à l’ensemble du marché hispanophone.

De nombreuses sociétés de localisation audiovisuelle ont adopté une norme basée sur l’espagnol d’Amérique Latine, et plus particulièrement l’espagnol mexicain, avec une tentative de neutraliser le langage au maximum, afin de toucher le plus grand nombre d’hispanophones en limitant les coûts de localisation. Pour une majorité des espagnols parlant le castillan, ces versions « LatAm » (pour Latinoamérica) sont ancrées dans leurs souvenirs d’enfance, puisque la localisation en masse des dessins animés s’effectue sous ce format depuis de nombreuses années. Cet emploi ne choque pas les espagnols, puisqu’ils ont tendance à trouver le LatAm plus direct et informel, ce qui correspond bien aux dialogues des dessins animés.

Mais si on ajoute à cette pratique la difficulté de s’identifier à des personnages possédant un accent et des expressions idiomatiques différentes des nôtres, on comprend alors la nécessité d’avoir une version en castillan pour des productions audiovisuelles plus « sérieuses » et pour des jeux vidéo ciblant un public mature.

On peut penser à des exemples concrets très frappants, comme la variété d’utilisation des pronoms de tutoiement et de vouvoiement en espagnol selon les pays (en Colombie, « usted », pronom habituellement très formel, peut être utilisé pour parler à ses enfants). Les différences terminologiques peuvent aussi entraver le bon déroulement d’une partie de jeu vidéo. « Coger » peut être utilisé pour coder l’action de « prendre » ou « ramasser » un objet en espagnol d’Espagne, mais le mot fera sourire un Argentin puisqu’il est sexuellement connoté en Argentine. Ils utiliseront plutôt « agarrar », qui, en castillan, signifie « attraper ».

La nécessité de localiser un jeu dans plus d’une version de la langue espagnole paraît alors évidente, mais dans les faits, le phénomène reste assez rare. Cette année encore, lors de la sortie de State of Decay 2, un jeu de survie dans un monde post-apocalyptique rempli de zombies, les joueurs d’Espagne se sont sentis relégués au rang de joueurs de seconde zone en découvrant que Microsoft avait choisi de localiser le jeu en espagnol mexicain uniquement.

 

Contenu du tweet : « La version finale de la jaquette espagnole de State of Decay 2 a fuitée »
Titre ironique : « N’est Pas Traduit 2 »

On peut comprendre la frustration de ces joueurs lorsqu’on compare cette décision avec le travail méticuleux de certaines sociétés, comme Sony, qui s’efforce de proposer des versions multilingues riches et entièrement doublées pour ses jeux. Le marché du jeu vidéo est aujourd’hui dominé par Sony et sa Playstation 4 alors que les ventes de la Xbox One de Microsoft stagnent. La situation était pourtant inversée du temps de la précédente génération de consoles.

C’est, entre autres, sur son budget localisation que Microsoft a décidé de faire des économies pour pallier cette situation. Mais sans effort de la part du géant américain, les joueurs espagnols ont moins envie d’investir dans les titres de la licence, et « le serpent se mord la queue ». Les joueurs espagnols boudent alors les versions LatAm et beaucoup préfèrent jouer en version originale, comme ce fut le cas pour les jeux de la licence Halo, qui bénéficiait pourtant d’un doublage intégral. Microsoft semble s’être engagé dans une impasse, et la situation ne risque pas d’évoluer à moins que l’entreprise n’opère un changement de direction et se mette à véritablement prendre en compte l’avis de ses clients. Mais le jeu vidéo étant un marché comme un autre, la question de la rentabilité demeure au centre des préoccupations de l’éditeur américain qui continue de se poser la question : le jeu en vaut-il la chandelle ?

 

Maxime Cicurel

 

Source : http ://tavargentina.com/2018/10/el-drama-del-doblaje-de-los-videojuegos-se-aviva-con-state-of-decay-2/

La dimension de la transcréation au sein du métier de traducteur

La transcréation, c’est un mélange de traduction, d’adaptation et de localisation. C’est le fait de remplacer un élément culturel lors d’une traduction, pour adapter le discours au public visé. Ce travail relève donc d’une véritable création linguistico-culturelle, principalement utilisée dans les domaines de l’audiovisuel, de la publicité et du marketing, sous la forme du sous-titrage et du doublage.

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En effet, la mission du traducteur est de penser au-delà des éléments linguistiques induits et de faire un choix de transcréation qui fera écho à la culture de la langue cible. C’est en cela qu’il devient lui-même auteur de l’œuvre. La traduction peut ajouter ou omettre certains éléments, dès lors que l’idée générale du texte est respectée. Le but n’est pas seulement de dire la même chose dans la langue cible mais de susciter une réaction identique chez le public étranger. Il faut à la fois être traducteur et rédacteur, afin d’analyser les jeux de mots et les allusions culturelles du texte original pour les recréer dans la langue cible.

Pour illustrer ce concept dans le cinéma, prenons le film Vice-Versa (Inside Out), où Riley ne veut pas manger de brocolis. Le brocoli étant un aliment généralement peu apprécié par les enfants occidentaux, cela fait sens. Mais à l’heure de traduire le film à destination du Japon, il a été décidé de remplacer le brocoli, que les enfants japonais apprécient, par du piment, puisque ce dernier n’est pas de leurs favoris.

Si la traduction d’un élément culturel précis peut poser problème ou nécessiter une vraie réflexion, imaginez ce qu’il en est de la traduction de chansons. Cela demande clairement un travail précautionneux et une création qui respecte à la fois les règles d’écriture des chansons (rimes, nombre de syllabes, etc.), mais aussi le sens et les idées du texte de base.

Pour la chanson « Let it go », dans le film d’animation La Reine des Neiges de Disney, la traduction ne retranscrit pas tout à fait l’élément des portes fermées qui revient à plusieurs reprises dans le film. Le texte de la version originale dit « Turn away and slam the door » alors que pour la version française les paroles sont « C’est décidé, je m’en vais ». On comprend donc à quel point il peut être difficile de traduire une chanson sans perdre certaines idées pourtant importantes.

À mon avis, le transcréateur fait « passerelle » entre les métiers d’auteur et de traducteur. Pour les traducteurs spécialisés qui ne trouvent pas tout à fait leur compte dans le domaine de la traduction non-littéraire, la transcréation peut se révéler être un élément qui suscite chez eux un intérêt plus prononcé pour leur mission de traduction, puisque la transcréation a une visée culturelle et créatrice.

Zohra Lepeigneul

Révisé par Marjorie Jaguenaud

Source : http ://blog-de-traduccion.trustedtranslations.com/la-transcreacion-los-traductores-tambien-somos-autores-2018-09-25.html

Trucs et astuces pour une traduction culinaire aux petits oignons

Voilà maintenant quelques années que vous roulez bien votre bosse en anglais – plutôt bien, même. Vous avez voyagé à travers le monde, grisé par l’idée de pouvoir échanger avec 99 % de la population. Vous êtes capable de comprendre des manuels d’instruction sur le fonctionnement d’extrudeuses bivis ou sur la façon de remplacer le filtre à carburant de votre voiture. Vous êtes devenu un fin gourmet qui refuse toute forme de série ou de film si ce n’est pas en VO (et qui vous jetterait la pierre ?). Bref, c’est comme si, depuis vos études de traduction, les barrières culturelles n’existaient plus… Enfin, à un détail près.

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C’est dimanche après-midi, vous avez rayé le dernier élément de votre to-do list et maintenant, vous ne savez plus quoi faire. C’est alors que, comme toute personne sensée, vous vous dites : « Et si je faisais des cookies ? ». Vous tapez donc les mots clés (en anglais, bien entendu) dans la barre de recherche et vous vous laissez tenter par une des recettes. Et là, c’est le drame. Ces hérétiques mesurent tout en cups et en tablespoons ! Mais comme vous êtes une personne pleine de ressources qu’aucun obstacle ne saurait arrêter, vous ouvrez un nouvel onglet et allez chercher les équivalences à ces mesures. Certains sites offrent des tableaux de conversion en fonction du type d’ingrédient (une cup de farine n’est pas équivalente à une cup de cassonade, et encore moins à une cup de lait), d’autres sites font même la conversion à votre place. Une chose reste certaine : rien ne sera aussi précis que si vous étiez dans le pays d’origine avec les instruments de mesure d’origine. Mais si l’enjeu n’est pas énorme en ce qui concerne vos cookies du dimanche après-midi, imaginez les sueurs froides le jour où on vous approchera pour vous demander de traduire un livre de cuisine.

Si la traduction culinaire met l’eau à la bouche, la créativité qu’elle requiert est à la hauteur de la diversité des recettes, et elle comporte certains obstacles pouvant se révéler compliqués à surmonter pour le traducteur.

L’écueil le plus évident est celui des mesures. Si vous avez de la chance, un tableau de conversion aura été ajouté à la fin du livre que vous devez traduire. Cependant, on s’imagine bien que ce procédé peut vite devenir agaçant pour le lecteur, et il est probable que vous deviez vous résoudre à utiliser votre vieille calculatrice Casio pour adapter le contenu du livre de cuisine au public cible. Pour ce faire, on peut procéder à un remplacement des mesures du texte source et les conserver entre parenthèses, mais ce n’est pas une méthode très commune car elle risque d’embrouiller le lecteur. On procède donc généralement à un remplacement complet, c’est-à- dire que l’on effectue la conversion et que l’on indique « 240 g de farine » pour une recette de base qui en requiert précisément deux cups. Il faut
cependant se montrer très prudent avec cette méthode d’équivalences car la cuisine est un art capricieux.

« D’accord, mais encore faut-il pouvoir se procurer tous les ingrédients indiqués », me direz-vous, et vous aurez bien raison. Si vous traduisez un livre de recettes japonaises, attendez-vous à devoir inclure de nombreux ingrédients que l’on ne peut acheter que dans des supermarchés spécialisés : le dashi, un bouillon de poisson, constitue par exemple la base de la soupe miso ou des bouillons pour les nouilles. C’est ce genre d’ingrédients qui peut justifier l’ajout d’un glossaire dans le livre de recettes.

L’obstacle de la différence culturelle s’étend même aux ustensiles de cuisine. Ainsi, vous avez beau vivre en France et être amateur d’orgies de sushis faits maison, cela ne signifie pas forcément que vous disposez du bac en bois traditionnel japonais dans lequel on remue le riz avec une cuillère spéciale tout en le refroidissant avec un éventail. C’est dans ce genre de situations qu’il vous serait utile de connaître des personnes issues de la culture source qui pourraient éventuellement vous donner des astuces pour adapter la recette au public cible.

Il est cependant important de préciser que votre rôle de traducteur vous impose de coller à la recette d’origine autant que possible, et que vous devrez systématiquement justifier vos suggestions de substitution. Cela peut sembler évident, mais face à une recette à base de homard, vous ne pouvez pas estimer que c’est un ingrédient trop cher ou trop compliqué à se procurer et décider de le remplacer par des crevettes.

En conclusion, l’important est donc de trouver le juste milieu entre une recette dénaturée car trop localisée et une recette absolument incompréhensible pour un public ignorant tout de la culture source. En tant que traducteur, vous devriez essayer autant que possible de réaliser vous-même les recettes pour vous assurer que le goût et l’apparence sont bien similaires à ceux de la recette d’origine.

Rachel Renouf
Révisé par Camille Le Corre et Virginie Le Diagon

Source : http ://www.translationdirectory.com/articles/article2047.php

L’audiodescription ou le travail des traducteurs d’image

L’audiodescription, bien que moins connue que le sous-titrage ou le doublage et peu mise en avant, compte parmi les divers types de traduction audiovisuelle et n’en est assurément pas moins importante. L’audiodescription est un procédé rendant accessible aux personnes malvoyantes ou non-voyantes des films, des émissions, des pièces ou bien encore des expositions. Il est aujourd’hui de plus en plus possible de bénéficier de ce procédé à la télévision, mais aussi dans des cinémas ou des théâtres qui programment certaines séances ou pièces en audiodescription. Alors, de quoi s’agit-il concrètement ?

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L’audiodescription consiste à décrire, grâce à une voix off, certains passages ou détails d’un programme audiovisuel afin de faciliter la compréhension des personnes déficientes visuelles qui ne peuvent pas le visionner correctement. Le script est rédigé par un auteur après analyse du film puis est enregistré. Une analyse de l’œuvre au préalable par l’auteur est nécessaire afin de bien cerner ses enjeux et de définir les intentions du réalisateur. Cette analyse permet aussi de choisir les éléments à ne pas omettre et ceux qui sont superflus, et de déterminer les moments où l’audiodescription pourra être placée. Enfin, le script doit être rédigé de façon à s’inscrire dans des moments dépourvus de dialogues ou de musiques et effets sonores trop importants, afin, bien évidemment, de ne pas gêner leur écoute et leur compréhension.

L’audiodescription se révèle donc être un exercice complexe qui contient son lot de défis et de difficultés. Il existe en effet une importante contrainte de temps et il s’agit donc d’être assez concis afin de ne pas empiéter sur les dialogues tout en étant le plus précis et le plus informatif possible. On peut facilement imaginer la difficulté d’écrire l’audiodescription d’un film rapide dans lequel les actions ou les changements de plans, par exemple, s’enchainent.

Pour créer une audiodescription de qualité, il faut donc faire face à divers enjeux. Bien-sûr, il est nécessaire que le texte soit clair et facile d’écoute. Il est aussi important de faire des choix car on ne peut pas tout décrire et il faut donc aller au plus important sans toutefois perdre certaines informations capitales. Il s’agit également de décrire de façon neutre et objective les informations données à l’écran. En effet, l’auteur ne peut pas laisser entrevoir ses propres impressions, être critique ou transmettre des impressions personnelles, et ce, afin de laisser le spectateur se faire un avis.

Toutefois, il semble important pour un auteur de coller au style du film dans son audiodescription, c’est-à-dire de s’adapter notamment au type de film ou à l’atmosphère créée. On peut donc en déduire que l’enregistrement est un véritable travail de comédien puisqu’il faut trouver un bon équilibre entre une interprétation trop froide ou au contraire, trop expressive. La difficulté est donc de rester fidèle à l’œuvre sans la dénaturer.

Les auteurs d’audiodescription sont parfois appelés « traducteurs d’image », a priori avec raison, puisque c’est bien d’un travail de traduction dont il s’agit : les auteurs ne décrivent pas seulement l’image, ils la traduisent en un texte audio afin de recréer mentalement les images dans l’esprit des spectateurs malvoyants ou non-voyants et de les plonger dans l’œuvre comme le reste des spectateurs.

Camille Le Corre
Révisé par Perrine Bourdeau et Virginie Le Diagon

Source : http ://www.btistudios.com/latest/2013/12/05/audio-description-the-inside-story/

Traduire les sports américains

En tant qu’Européen, traduire le football, ce n’est pas non plus la mer à boire. Bon, certes, comme tout domaine de la traduction, si on n’y connait rien, on court au désastre. Mais en Europe, on s’y connait et, fait important, les lecteurs s’y connaissent. Un minimum quoi. Au moins histoire de râler quand on parle des salaires des footballeurs pendant le repas du dimanche midi. Tiens, en parlant de football, saviez-vous que les Américains appellent ce sport le soccer ?

Non, pas le « saucer » mais le /ˈsɒ :.kɚ/. Bref. Les Américains ont donc décidé que football se référait à un sport joué à la main et que les Européens avaient tort. Oui, bon.

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En parlant d’Américains, on a beau dire, leurs sports sont vachement bien, non ? Tout ce spectacle, ces stades de football américain (oui, américain) de cent mille places remplis de supporters en folie, ces feux d’artifice au moindre homerun ou touchdown, cette sensation vertigineuse d’appartenance quand le palet passe dans le filet et que la foule rugit… Ils ont l’entertainment dans le sang, ça, on ne peut pas leur enlever.

Waouh, deux paragraphes et on ne parle toujours pas de la traduction des sports américains ? Bon. Voici ce qu’il en est : que ce soit le baseball, le football américain ou le hockey sur glace, on ne le pratique pas beaucoup en France. Ne parlons même pas de lacrosse. Je vais prendre comme exemple le softball que je pratique depuis six ans. Ce sport est un cousin du baseball. On utilise pratiquement le même vocabulaire et au lieu de tenter de prouver qui frappe le plus loin, le softball, c’est plus de la tactique. Bref, je me suis souvent demandé comment je ferais pour traduire le softball. Les Québécois ont traduit les règles depuis l’anglais en n’épargnant aucun mot mais, en France, où ce sport est encore moins connu que le dernier gagnant de la Nouvelle Star, ne serait-il pas judicieux de garder les termes spécifiques au softball, tels que shortstop, strike, catcher, en anglais ? Ainsi, le grand public pourra, s’il le souhaite, trouver une littérature plus développée avec les mêmes termes sur des sites américains. D’un côté, l’amateur de sport américain aura moins de mal à comprendre un article en anglais sur son sport favori puisqu’il comprendra les termes. D’un autre côté, les non-amateurs, ceux qui pourraient éventuellement se laisser séduire par un sport, pourraient se fatiguer d’une surabondance de termes en anglais et abandonner trop rapidement.

Peut-être est-ce seulement une question de période ? Dans trente ans, les sports américains seront probablement plus connus et compris en anglais ou alors tous les termes seront traduits en français et « arrêt-court », « prise » et « receveur » feront partie de notre vocabulaire. Le problème principal que je vois avec la traduction de tous les termes est qu’au niveau des clubs, le recrutement des jeunes se fait en partie grâce à l’aspect « cool » que porte un sport américain. Certains termes, tels que « première base » ou « champs extérieurs », sont traduits au quotidien mais d’autres, tels que « outfield », « pop up » et « fly ball », le sont moins souvent et je trouve, personnellement, que ce sont ces termes qui font un peu rêver de ce stade rempli aux États-Unis.

En attendant, je vous laisse, j’ai entrainement de balle-molle (ce qui d’ailleurs n’est pas logique puisqu’on joue avec des balles dures. Je pourrais vous en parler pendant des heures. Saviez-vous qu’en plus de cela, on fait la différence entre balle lente et balle rapide ? Bref, je vous laisse).

Léa Pigeau

Révisé par Camille Le Corre et Virginie Le Diagon

Source : http ://www.anothertranslator.eu/tradsportive

Localisation et traduction de vidéos : un service qui tend à prospérer

Le format vidéo est aujourd’hui une excellente passerelle d’informations. Que ce soit les entreprises ou le service public, tous utilisent ce format simple et efficace pour faire passer leur message. Avec les moyens de communication et les plateformes actuels, les vidéos sont des moyens ludiques et rapides de se maintenir informé. Elles fournissent, par ailleurs, un travail important aux sociétés de localisation et de traduction.

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Aujourd’hui, de plus en plus d’entreprises utilisent le format vidéo comme un outil marketing. Une vidéo bien réalisée permet de capter l’attention du client sur des points bien précis et devient bien plus efficace qu’un texte. La vidéo se révèle alors être un atout majeur déclinable dans quasiment tous les domaines : l’économie, la publicité, les jeux vidéo, etc.

Les sociétés de traduction ou de localisation ont un rôle majeur car elles permettent la diffusion de cette information. La plupart du temps c’est un produit ou un concept qui est présenté dans ce type de format. Dans l’optique de conquérir les marchés étrangers, il est nécessaire d’adapter le contenu en fonction de la cible visée.

Les sociétés de traduction et de localisation proposent des services variés à leurs clients, maximisant ainsi leur retour sur investissement. Voici les principaux services qu’elles peuvent offrir :

  • Doublage : vise à remplacer la bande son originale par celle produite dans la langue souhaitée. Le doublage nécessite un processus de traduction particulier en amont, car le linguiste doit, dans un premier temps, analyser le mouvement des lèvres originel afin que la traduction s’y conforme et que le doublage ne se remarque pas.
  • Sous-titrage : consiste à ajouter à l’écran le texte du dialogue ou de la narration, traduit ou non.
  • Voice-over : consiste à remplacer ou à superposer la voix originale par le texte traduit. Il est alors possible de substituer complètement la traduction à la version originale ou de laisser cette dernière en fond sonore.
  • Voix-off : correspond à la voix d’une personne qui n’est pas à l’image. Une fois le script traduit, le comédien délivrera le message en adoptant une diction adéquate et en marquant les pauses nécessaires.

Moins couteux que le doublage, le voice-over et la voix off constituent des alternatives intéressantes au sous-titrage, qui oblige le spectateur à se concentrer sur la lecture, au détriment du reste de la vidéo. Il s’agit d’un service plus souple et plus rapide.

S’agissant d’un format narratif très efficace en termes de communication, la vidéo s’inscrit en permanence dans l’utilisation des réseaux sociaux. Non seulement c’est un support captivant, mais elle est la forme de contenu la plus partagée sur internet.

Arthur CHEVALLIER-LETORT
Révisé par Margaux LECLERC

Humour un jour, humour toujours

Lorsqu’on évoque les difficultés qu’on peut rencontrer en traduction, on a tendance à penser tout de suite aux textes juridiques ou économiques très techniques ou encore à la poésie. En effet, traduire les vers de Victor Hugo ou ceux de Baudelaire dans la langue de Shakespeare is not a piece of cake  ! Mais ce n’est pas ce dont nous parlerons aujourd’hui. Je vous propose plutôt d’observer une minute de silence en hommage au travail des traducteurs qui doivent traduire un message humoristique.

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Grâce aux plateformes de streaming toujours plus nombreuses, les séries américaines s’exportent de plus en plus à l’étranger. Mais certaines traductions de sitcoms comme The Big Bang Theory ou Two Broke Girls donnent parfois du fil à retordre aux sous-titreurs. En effet, la traduisibilité ou l’intraduisibilité de l’humour a donné lieu à de nombreuses études et à de nombreux débats. Certains auteurs comme Zabalbeascoa ont même été jusqu’à créer une classification des différents types de blagues afin d’aider les traducteurs audiovisuels à sortir de leur calvaire.

Si l’humour est universel, sa traduction est un peu plus compliquée car ce premier repose souvent sur des références culturelles ou des jeux de mots. Le traducteur doit alors réussir à adapter ces références afin qu’elles soient compréhensibles dans la culture d’arrivée mais cela peut vite devenir un casse-tête étant donné qu’il doit également veiller à respecter les restrictions techniques liées au sous-titrage.

Quelques exemples seront peut-être plus parlants :

  • J’imagine que vous n’avez pas oublié l’épisode de Game of Thrones qui nous révèle
    l’origine du nom d’Hodor. Certes, ce passage est tout sauf humoristique mais il illustre bien le challenge que peut représenter la traduction de jeux de mots car, si cette révélation fonctionne très bien en anglais, il est assez difficile de l’adapter dans d’autres langues. La société de doublage Dubbing Brothers a choisi de la traduire par « Pas au-dehors » – « Au-dehors » – « Hodor » en français et elle est devenue « Obstruye el corredor » en espagnol.
  • Saviez-vous que les réalisateurs du film Intouchables avaient préparé un guide d’adaptation des dialogues et des blagues à destination du public étranger lors du Festival de Cannes ? La blague « Pas de bras, pas de chocolat ! » fut ainsi traduite en anglais par « No handy, no candy ! » ou par « No feet, no sweets ! », la rime étant ainsi conservée.

Et enfin, il arrive parfois que ce soit la traduction elle-même qui fasse rire les spectateurs, en témoigne le Tumblr « les sous-titres de la honte » ou le personnage de John Snow qui devient Jean Neige au Québec.

Déborah Rivallain
Révisé par Élodie Clomenil

Traduire un site : quelques contraintes

De nos jours, suite à la mondialisation, le besoin d’atteindre davantage de personnes est devenu une évidence. De ce fait, il est important de faire en sorte que le contenu de nos sites Internet soit compréhensible pour un maximum de personnes. Ceci nous pousse très souvent à traduire ces sites dans d’autres langues. Bien sûr, il y a certaines choses auxquelles il faut penser avant d’entreprendre la traduction d’un site.

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Pour commencer, il est important de savoir quelles langues doivent être privilégiées. Si votre site n’est pas en anglais par défaut, il ne fait aucun doute que cette langue est la première à laquelle il faut penser, sachant qu’elle est comprise par un très grand nombre de personnes. Sachez également qu’il ne faut pas obligatoirement avoir 25 langues pour que votre site soit intéressant dans un monde mondialisé. Ensuite, il peut être intéressant de permettre aux internautes de choisir leur langue rapidement quand ils entrent sur votre site. Pour ce faire, vous pouvez avoir une page d’accueil claire avec les différentes langues disponibles ou un volet dans lequel lesdites langues peuvent être sélectionnées. Toute idée originale et intuitive est envisageable condition qu’elle ne soit pas plus contraignante qu’utile.

Que vous choisissiez d’utiliser une page d’accueil sur laquelle choisir la langue avant d’entrer véritablement sur le site, ou que vous décidiez d’utiliser un volet où se trouvent lesdites langues, souvenez-vous qu’il est plus logique d’afficher les noms des langues dans la langue correspondante (English, Français, Español, etc.) que d’utiliser des drapeaux ou tout autre fantaisie artistique, sachant que certaines variantes existent selon les langues. Par exemple, le français de France et le français canadien ne sont pas parfaitement identiques et doivent être différenciés ; alors que l’on pourrait penser que mettre le drapeau de France et le drapeau du Québec est une bonne idée, cela ne rendrait pas réellement service à votre site. De ce fait, préférez les noms écrits en toutes lettres aux drapeaux et écrivez les noms des langues dans la langue correspondante pour rendre le choix de la langue simple et clair.

Pour certains, il est évident que la police a son importance, mais ce cas n’est pas une généralité. Il est important de savoir qu’une police agréable mais professionnelle est à privilégier. Les polices comme le Comic Sans MS sont à proscrire. N’oubliez pas que certaines polices recommandées peuvent être plus intéressantes à utiliser que celles que vous pourriez préférer. N’hésitez pas non plus à utiliser une taille de police relativement grande, de sorte que le contenu écrit puisse être lisible. Certes, il est possible de faire un zoom s’il nous est difficile de lire le contenu écrit, mais cela peut être désavantageux pour la mise en page et pour certains contenus visuels du site. Ainsi, pour le confort du lecteur, n’hésitez pas à utiliser une taille de police adaptée au plus grand nombre de langues possibles, quitte à en utiliser une autre pour les caractères asiatiques qui doivent être plus grands pour que chaque clé puisse être lue sans difficulté ; plus les Kanji sont compliqués, plus la police doit être grande. Mais tâchez tout de même de trouver un juste milieu : les Kanji n’ont pas besoin d’être écrits en taille de police 24 pour être lisibles ; une taille 14 est amplement suffisante.

Le contenu écrit a donc une importance indéniable lors de la traduction de votre site. Cependant, si vous avez du contenu visuel, notamment des images, il ne faut pas oublier de les localiser aussi. Si ces images comportent des éléments importants, il serait dommage d’empêcher de nombreux internautes d’en profiter. Néanmoins, il ne faudra pas oublier que localiser les images signifie également adapter ou modifier ces images de sorte qu’elles n’offensent personne. En effet, certains éléments pourraient être insignifiants pour certains mais ces éléments pourraient être inappropriés pour une autre culture. Cela s’applique à l’intégralité du contenu de votre site ; la localisation n’est pas une option : c’est une nécessité.
De plus, si vous avez des vidéos, n’oubliez pas d’y ajouter des sous-titres si cela est nécessaire. À l’instar des images, si elles contiennent des éléments potentiellement offensants pour certaines cultures, vous devrez faire tout votre possible pour adapter les vidéos, quitte à en créer une nouvelle si le contenu était réellement important.

Ainsi, alors que l’on pourrait croire qu’il est simple de traduire un site, il est important de se mettre à la place de l’internaute qui visite votre site et de visualiser ce que vous aimeriez voir quand vous entrez sur un site. En suivant cette procédure, vous aurez moins de difficultés lors de la localisation et vous pourrez atteindre bien plus de personnes autour du monde et ainsi améliorer la visibilité de votre site.


Avatar Léo Hercouët

Source : http ://www.vengaglobal.com/blog/make-sure-multilingual-websites-offer-best-user-experience-possible/

Foi

Un site web multilingue. Voilà un moment que vous ressassez l’idée en vous-même, vous interrogeant sur la rentabilité supposée de l’affaire. Vous manquez de confiance en votre société, craignez l’échec de manière empirique, et vous avez rarement tort à ce sujet. Mais cessez dès à présent de vous torturer l’esprit car la réponse est bien plus simple qu’il n’y paraît : lancez-vous ! L’entreprise pourra, de prime abord, paraître risquée en vertu de l’investissement qu’elle représente, mais n’ayez crainte ! En effet, de nombreuses études ont révélé que les individus ont tendance à accorder une plus grande confiance à des sites rédigés dans leur langue maternelle. Et si de nombreuses études l’ont révélé, cela devient forcément vrai, non ? En outre, disposer d’un site web multilingue confère de multiples avantages.

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Un des principaux bienfaits de la plateforme multilingue est l’amélioration de la communication avec vos clients et prospects étrangers (qui l’eût cru ?…). Mettez-vous à leur place : il est bien peu probable, lors de vos pérégrinations virtuelles, que vous réalisiez des achats sur des sites web dont vous ne comprenez pas la langue. La traduction de votre site peut donc vous octroyer une place de choix sur des marchés florissants.

L’expérience utilisateur se trouvera également améliorée via une localisation adéquate. La navigation sera bien plus aisée pour l’internaute si votre site affiche des devises, ou des références culturelles qui lui sont familières. Quant aux unités de mesure, préférez, dans la mesure du possible, le système métrique au système impérial : il serait fâcheux de promouvoir cet outil du démon sorti tout droit du Plan de Molag Bal. D’où l’importance de bannir la politique du modèle unique et de porter une attention particulière à chacune des langues dans lesquelles vous désirez traduire votre site.

La suite logique de tout ceci est une augmentation des ventes de vos produits (décidément les surprises s’enchaînent aujourd’hui…) ! La traduction agissant comme un véritable passeport pour vos produits, ceux-ci pourront librement gagner des marchés étrangers inaccessibles auparavant. Vos ventes, ainsi que vos bénéfices, s’en trouveront donc grandis.

Enfin, vous bénéficierez d’un dernier avantage non négligeable, un meilleur référencement auprès des moteurs de recherches, permettant à votre site de s’approcher des premiers résultats affichés dans le cadre d’une recherche liée à votre domaine d’activité dans une langue donnée.

La combinaison de tout cela permettra à votre entreprise de s’imposer sur de nouveaux marchés, de générer plus de revenus, d’être plus visible sur la toile et d’offrir à vos clients une meilleure expérience utilisateur. Un simple investissement apparaît désormais comme un modeste tribut à payer.

Alors, si vous ne souhaitez pas que votre petite entreprise connaisse le triste sort de la crédibilité de Bernard-Henri Lévy, gisant sous une tombe anonyme non fleurie en quelque cimetière provincial, développez-vous, investissez dans la traduction en vue d’obtenir un site web multilingue flambant neuf, et emparez-vous de ce qui est vôtre, ou devrait l’être !

Victoriae mundis et mundis lacrima, ce qui n’a absolument aucun sens, mais qui conclut plutôt bien cet article.

F.HUYNH-TAN

Source : http ://translatorthoughts.com/2017/01/top-benefits-of-multilingual-websites/

Parlez-vous l10n ?

Vous venez tout juste de débarquer dans le domaine de la traduction et n’êtes pas encore familier avec tous les termes spécifiques à l’industrie ? Pour vous y retrouver, je vous propose un petit glossaire constitué de quelques termes propres à la traduction, et plus particulièrement à la localisation, ainsi que leurs désignations courantes sur internet.

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Internationalisation (#i18n)

L’internationalisation décrit le processus consistant à extraire tous les textes d’un logiciel ou d’un produit et de les placer dans des fichiers « ressources ». C’est la base de la localisation rapide et de la traduction de logiciels. 

Localisation (#l10n)

La localisation décrit le processus d’adaptation d’un produit, d’une application, d’un logiciel ou d’un document à une langue, à une culture et à d’autres exigences spécifiques à un pays ou une à région. Outre la traduction, la localisation comprend également l’adaptation des éléments suivants : l’heure, la date et les formats numériques, la monnaie, les méthodes de paiement, les images, les couleurs et plus encore. 

Traduction automatique

La traduction automatique, ou traduction instantanée, est la traduction d’un texte par un ordinateur sans intervention humaine. Il existe de nombreux problèmes quant à la qualité de la traduction automatique car celle-ci repose sur des algorithmes informatiques. 

Minimum Viable Localisation (MVL)

La MVL est l’équivalent de l’approche de produit viable minimum en développement d’applications. Elle est donc généralement utilisée dans la localisation d’applications mobiles et fait référence à une stratégie pour tester différents marchés et leur potentiel pour une application : vous localisez la description de votre boutique d’applications et les métadonnées pour divers marchés internationaux sans traduire l’application elle-même. Une MVL est un excellent moyen de tester certains marchés à faible coût.

Post-édition

En termes de qualité de traduction, la traduction automatique n’est pas arrivée à la cheville des traducteurs humains jusqu’à présent. La post-édition décrit un moyen d’utiliser la traduction automatique relue par des traducteurs humains pour accélérer la traduction. Les textes sont traduits par des machines pour être ensuite édités par des traducteurs professionnels pour élaborer des traductions de haute qualité dans un temps minimum.

RTL

RTL représente l’abréviation de « Right to Left » (droite à gauche) qui fait référence à la langue que vous écrivez et lisez de droite à gauche, comme l’arabe ou l’hébreu. Traduire votre application, logiciel, site internet ou document d’une langue LTR « Left to Right » (comme l’anglais) en une langue RTL exige des changements considérables dans la mise en page. Par conséquent, il est important de prendre en compte le RTL lors de l’internationalisation.

Base terminologique

La base terminologique est l’outil principal pour la gestion terminologique dans les projets de traduction. Il s’agit d’une compilation de termes propres à l’entreprise ou au texte à traduire et se compose généralement de cette façon :

Termes (langue source)

Traductions approuvées (langues cibles)

Définitions

Termes qui ne doivent pas être traduits, mais conservés dans la langue source.

Unicode

L’Unicode est une norme de l’industrie informatique internationale utilisée pour la représentation et la manipulation de texte dans la plupart des systèmes d’écriture. Les codages les plus couramment utilisés sont UTF-8 et UTF-16. 

Mémoire de traduction, Exact Matches et Fuzzy Matches

Une mémoire de traduction est une base de données qui se développe au fil des traductions que vous enregistrez. Elle propose en temps réel des traductions de textes sources, sur une base de similitudes (correspondances) avec vos traductions précédentes.

Les Exact Matches, « correspondances exactes » sont des suggestions de la mémoire de traduction qui conviennent parfaitement à un texte source. Ces suggestions n’ont généralement pas besoin d’être adaptées et peuvent être utilisées comme traductions finales.

Les Fuzzy Matches « correspondances floues » suggérées dans la mémoire de traduction sont approximatives. Elles conviennent entre 55 % et 99 % à un texte source et ont donc besoin de quelques retouches afin de créer une traduction finale. Les Fuzzy Matches sont un très bon point de départ pour élaborer des traductions de haute qualité.

Pour terminer cette liste (qui est évidemment non exhaustive), il est utile de savoir que les termes « translate », « translation » et « globalisation » sont respectivement désignés sur internet par les hashtags suivants : #xl8, #T9n et #g11n.

Avatar Anne-Claire Nourian

Source : https ://lingohub.com/blog/2016/12/l10n-glossary-terms-all-product-managers-and-global-companies-should-know/