L’importance du contexte

Traduire un document, un article ou encore un livre, est la base du métier de traducteur. Ce dernier joue avec les mots et les subtilités des langues  ; il connaît les méthodes de traductions par cœur et possède une technicité linguistique appréciée chez les professionnels. Cependant, le traducteur fait parfois face à certaines difficultés, notamment lorsqu’il doit traduire un texte ou un mot sans contexte apparent. Mais alors, pourquoi le contexte est-il donc si important dans le quotidien du traducteur  ? Explications.

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Le contexte  : la base de toute traduction

Juridique, technique, dossier de presse  : le traducteur est amené, à moins d’être très spécialisé, à traduire des documents dans toutes sortes de domaines. Il est donc primordial pour lui de connaître le contexte de sa traduction. En effet, selon qu’il s’agisse d’un essai juridique ou d’un manuel technique, les mots choisis ne seront pas les mêmes et n’auront pas la même signification dans un domaine ou un autre. Par exemple, en anglais, “run”, traduit littéralement par « courir », a en réalité, suivant le contexte, plus de 179 significations possibles  ! C’est autant de possibilités de traductions, et c’est donc pour cela que la connaissance du contexte est indispensable.

Le problème des traducteurs automatiques face au contexte

Un ordinateur est-il réellement capable d’analyser un texte et d’en comprendre le contexte  ? Voilà une question intéressante, que toutes les entreprises ou particuliers, qui utilisent ce genre de service, doivent se poser. En effet, on remarque très fréquemment que sur des plateformes proposant une traduction automatisée, le vocabulaire proposé est très peu lié au thème du texte. Or, chaque langue possède sa richesse, ses spécificités, ses pièges, que seul un humain formé peut déceler et donc, traduire. Si certaines plateformes s’approchent d’un quasi-sans-faute en matière de traduction, nous sommes tout de même loin de pouvoir nous passer de « vrais » traducteurs  ! 

Nous l’avons compris, le contexte joue donc un rôle primordial dans le métier du traducteur. Sachez toutefois qu’il est possible de traduire sans contexte apparent  : la tâche n’en sera que plus ardue et le risque plus grand. Ce sont les aléas du métier  !

Maxime HUYGHE

Source  : https ://www.smartling.com/resources/blog/clear-examples-of-why-context-matters/

Comment se faire connaître en tant que traducteur de jeux vidéo ?

De nos jours, le marché des jeux vidéo devient de plus en plus important, et certains disent même que ce secteur serait la première industrie culturelle au monde, devant le cinéma ou encore la musique. En effet, un Européen sur trois est adepte de la console. Alors en tant que joueur qui en plus s’intéresse aux langues, la traduction de jeux vidéo paraît être le job de rêve ! Mais avant de vous attaquer au marché de la traduction de jeux vidéo, il est important de savoir comment vous mettre en valeur auprès de vos clients.

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Montrez votre intérêt pour le secteur et pour les jeux vidéo en général

Comme mentionné plus haut, le secteur du jeu vidéo ne cesse de grandir, ce qui signifie que sa culture, son jargon et sa terminologie évoluent en même temps. Vos clients vous demanderont donc si vous êtes familier avec les jeux vidéo, et c’est tout à fait normal. Profitez-en pour leur expliquer que vous êtes un joueur, parlez leur des consoles ou du PC que vous possédez, du temps que vous passez à jouer, etc.

Spécialisez-vous par le biais des jeux que vous aimez

Le secteur du jeu vidéo est tellement vaste qu’il est impossible d’en connaître tous les moindre détails et toutes les spécificités. C’est pour cela qu’il est important de mentionner le type de jeux que vous aimez afin de vous spécialiser. Vos clients sauront qu’ils doivent faire appel à vous pour traduire ce genre de jeux. Il y a énormément de concurrence dans ce secteur, donc plus vous vous spécialiserez, plus vous aurez de visibilité.

Faites la part des choses entre enthousiasme et professionnalisme

Bien sûr, il est important de montrer votre enthousiasme pour les jeux vidéo, mais il faut tout de même rester professionnel. Vos clients ne seront pas intéressés par un simple « fan » de jeux. Ils recherchent quelqu’un de professionnel, capable de leur fournir une traduction de qualité, en accord avec l’univers et les spécificités du genre de leur jeu. C’est également pour cette raison que vous avez besoin de mettre votre expérience professionnelle en avant.

Comment gagner de l’expérience ?

La meilleure façon de commencer à faire vos armes dans la traduction de jeux vidéo est d’aider des développeurs indépendants à traduire leur jeu. Même s’ils n’ont pas beaucoup de budget, ce n’est pas ce qui vous intéresse ici. Le plus important est d’avoir le nom d’un véritable jeu à inscrire dans votre expérience. Vous n’aurez aucun mal à trouver des indépendants qui recherchent des traducteurs sur les réseaux sociaux. Plus vous aurez d’expérience grâce à la traduction de jeux vidéo indépendants et plus vous aurez de visibilité.

Baptiste Gougeon

Source  : https ://www.marketingtipsfortranslators.com/marketing-yourself-as-a-game-translator/

La traduction pour les « nuls »

Vous êtes-vous déjà retrouvés confrontés à un ami ou à une personne que vous connaissez à peine qui vous soutient que pour traduire, il suffit d’être bilingue ? Ou bien que notre métier ne valait plus rien avec la montée des traducteurs automatiques en ligne ? Il est parfois assez difficile de venir à bout de ces idées reçues qui, en plus de défaire l’image des traducteurs, véhiculent un message peu encourageant.

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Les années de formation nous permettant d’obtenir le titre de traducteur ne seraient-elles que du vent ? Certes, il faut de base avoir une passion pour les langues et être doué dans l’apprentissage de celles-ci, mais non, la traduction n’est pas accessible à tous ceux qui parlent plusieurs langues, ni aux algorithmes du web. C’est un exercice nécessitant une réflexion subtile axée sur la synonymie inter-langues. Une personne possédant une double nationalité ne sera pas forcément capable de préférer un synonyme à l’autre, n’ayant pas grande idée de l’infime différence séparant les deux mots pourtant similaires, mais qui apportent un sens différent en fonction du contexte. Il en va de même pour les logiciels de traduction automatique. Il est bien sûr évident que connaître deux cultures ou avoir accès à toutes les traductions sur internet permet dans de nombreux cas d’avoir une idée plus juste de l’idiomaticité de la traduction. Par exemple, l’expression idiomatique (excusez-moi par avance pour mon langage) « ça pue la mort » correspond en espagnol à « huele a tigre », ce qui est tout de même différent. Mais les traducteurs auront toujours le dernier mot quant au juste choix à effectuer dans un cas complexe et contextuel. Sorry, mais il est nécessaire de développer son œil critique et de véritablement connaître la traduction pour penser traduire correctement.

Le processus et les procédés de traduction

Il arrive souvent que l’on cherche à faire comprendre aux autres ce qu’est la traduction, et ce n’est pas une mince affaire. Nous avons nous-mêmes dû effectuer plusieurs années de formation afin d’en comprendre les rouages, et l’idée que nous nous en faisions à nos débuts n’est, pour la plupart, plus du tout la même. Alors quand nos parents nous demandent de raconter de quoi il s’agit, on a souvent du mal à se faire comprendre. Beaucoup d’étapes dans un projet de traduction paraissent logiques, mais ne le sont pourtant pas pour les autres. La recherche terminologique par exemple, lorsqu’il s’agit d’un texte spécialisé, est essentielle. Que vous connaissiez la traduction des termes ou non, il faut passer par là, et trouver des sources fiables pour justifier vos concordants. Et ça, ce n’est pas quelque chose qu’il est facile d’admettre. La gestion de projets est également quelque chose dont personne n’est au courant avant d’être aux portes du monde professionnel de la traduction, alors demander à ses amis d’en comprendre les tenants et les aboutissants n’est pas une étape facile. Quoi qu’il en soit, ne vous découragez pas, et s’il vous faut prendre le temps de détailler chaque étape dans le processus d’un projet de traduction, ainsi que les différents procédés de traduction, faites-le.

Les compétences des traducteurs

La plupart des gens n’imaginent pas la multitude de compétences que doivent détenir les traducteurs de nos jours. Même les clients des agences de traduction n’ont qu’une infime représentation du métier, et n’imaginent pas forcément que nous fournir les documents à traduire sous plusieurs formats peut nous faciliter amplement la tâche. À l’époque des nouvelles technologies, un traducteur se doit de maîtriser un grand nombre de logiciels et de techniques informatiques, pour la traduction assistée par ordinateur, le sous-titrage, le doublage, l’internationalisation de contenu, le traitement de l’image, la mise en page, le codage web, et bien d’autres encore. Les traducteurs deviennent de vrais couteaux suisses et sont donc très polyvalents. Pour quelqu’un de l’extérieur, nous nous contentons juste de comprendre des mots dans une langue et d’en trouver la correspondance dans une autre, mais pour être traducteur, je dirais qu’il faut être bon en tout : en compréhension, en communication, en grammaire, en orthographe, en dactylographie, en organisation, il faut être cultivé, perfectionniste, avoir de l’inspiration, de l’initiative, de la patience, et j’en passe.

Comment expliquer aux personnes ne sachant rien de notre métier ce qu’est la traduction ?

Pour bien se faire comprendre, je pense qu’il est nécessaire de tout reprendre depuis le début, en énonçant dans l’ordre les différentes étapes d’un projet de traduction et les différentes manières de traduire, ainsi que les compétences nécessaires, tout en donnant des exemples spécifiques pour illustrer la diversité du métier. Par exemple, un projet de sous-titrage sera très différent de l’interprétation ou de la traduction spécialisée, tant ces trois types de traduction font appel à des techniques et des ressources différentes. Le plus important reste à montrer que la traduction, ce n’est pas juste « prendre un texte et le traduire », et qu’il faut réaliser bon nombre de tâches pré et post traduction.

 

Zohra Lepeigneul

 

Source : https ://translatorthoughts.com/2017/09/translation-explained-to-an-8-year-old-child/ ?fbclid=IwAR02T8LxhnbdAdmyoqqVh2JfBlWHTxs2btbqzMZpv5BCCaXNdqpjOgp1f80

Être (ou ne pas être) un traducteur efficace

Dans un article récent, Jenie Gabriel, de l’agence de traduction Gengo, propose de prendre sept habitudes pour améliorer son efficacité :

  1. Garantir la qualité de son travail
  2. Réviser et relire sans cesse
  3. Construire une bonne relation client
  4. Apprendre grâce aux feedbacks
  5. Pouvoir sortir de sa zone de confort
  6. Gérer méticuleusement son temps
  7. Continuer à apprendre et à s’améliorer

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De quelle efficacité parle-t-on ?

Quand on lit ces conseils, on peut tout de suite s’apercevoir qu’il ne s’agit ni d’outils pour gagner du temps, ni d’outils pour améliorer son organisation ou négocier plus favorablement avec ses clients. Il ne s’agit pas de « travailler plus pour gagner plus », mais plutôt de travailler mieux.

Jenie Gabriel cite Aristote : « Nous sommes ce que nous faisons de manière répétée. L’excellence n’est donc pas une action, mais une habitude ».

Le traducteur doit ainsi viser l’excellence. Pourquoi ? Par amour du métier, ou conscience professionnelle ? En partie. Mais surtout pour se démarquer.

Dans un monde où les services linguistiques répondent à un besoin en augmentation, l’offre s’accroît également, mais avec des niveaux de qualité très variables.

Ces habitudes seraient donc plutôt une façon de faire la différence entre un expert formé et aguerri et les autres. Entre quelqu’un qui, par la valeur de son travail, va réussir à développer une clientèle fidèle pour des projets intéressants et rémunérateurs, et quelqu’un qui sera obligé de traduire ce qu’on voudra bien lui donner.

Être efficace n’est pas qu’une question de nombre de mots traduits, mais de gagner constamment en savoir-faire et en qualité. Il ne s’agit pas tant de traduire que de construire une réputation et s’assurer que demain sera encore fait de  traductions.

Pourtant, ce standard de l’excellence fixé par ces conseils, s’il permet d’être efficace sur le long terme pour l’entreprise, semble à court terme entrer en conflit avec le besoin de traduire vite (et bien) et d’être donc efficace pécuniairement.

Prendre l’habitude d’être efficace (et vice-versa)

« Le temps c’est de l’argent ». Le temps passé à se faire réviser, à envoyer des mails ou à appeler ses clients, c’est autant de temps perdu en traduction, pourrait-on penser.

Certes, mais c’est là qu’intervient l’habitude. Les tâches répétées quotidiennement se réalisent de plus en plus rapidement. En veillant à s’améliorer à chaque projet qu’il entreprend, le traducteur fait de moins en moins d’erreurs et passe donc moins de temps en révision. Il gagne donc en efficacité dans son travail à court terme.

Excellence et habitudes, l’un ne va pas sans l’autre, ainsi que l’écrivait Isaac Newton : « Lorsque deux forces sont jointes, leur efficacité est double ».

Source : https ://www.marketingtipsfortranslators.com/seven-habits-of-highly-effective-translators/

Alexane Bébin

Traduire uniquement vers sa langue maternelle  : règle imposée ou libre choix ?

Les langues représentent l’élément fondamental de l’activité d’un traducteur et chacun en utilise plusieurs dans son travail. À ce propos, la Société Française des Traducteurs (SFT) affirme que tous les traducteurs doivent traduire vers leur langue maternelle et non l’inverse. Et pourquoi ?

Crédit : allo-traducteur.fr

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Les avantages

Étant donné que chaque langue est intrinsèquement liée à la culture de son pays, il est naturel pour un natif d’adapter plus aisément un concept d’une langue étrangère vers sa langue maternelle. Il en connaît toutes les subtilités culturelles et les nuances stylistiques, ce qui lui permet de transmettre plus justement le message de départ.

De plus, il peut piocher instantanément dans la richesse du vocabulaire, des expressions et des formulations, car elles lui appartiennent dès sa naissance.

C’est la raison pour laquelle les agences de traduction recommandent toujours aux personnes ayant besoin d’une traduction de s’adresser aux traducteurs qui travaillent vers leur langue natale. À ce sujet, la Société Française des traducteurs est également intransigeante :

« Un traducteur qui déroge à cette règle de base a toutes les chances de négliger d’autres critères essentiels à la qualité de la traduction. Si vous voulez donner une image internationale, l’approximation est interdite. Sachez que dans de nombreuses cultures, les gens n’apprécient guère que l’on déforme leur langue. Faites appel à un traducteur dont la langue maternelle correspond à la langue d’arrivée désirée. »

Maîtriser sa langue natale est-il suffisant pour un traducteur ?

La réponse est certainement négative. La traduction n’implique pas seulement la transposition d’un texte d’une langue à l’autre. Plusieurs facteurs entrent en jeu dans ce processus, notamment la compréhension du texte source.

En effet, travailler vers sa langue natale ne garantit pas l’absence d’erreurs dues à l’interprétation approximative du document original. Il est indispensable que le traducteur soit compétent dans toutes ses langues de travail ; si son niveau en langues étrangères est peu élevé, il ne sera pas capable de véhiculer fidèlement le message de départ.

Et dans la réalité, que se passe-t-il ?

Lorsqu’un traducteur débute sur le marché professionnel, il est temps pour lui de choisir ses langues de travail. En général, la majorité des traducteurs choisit de travailler vers sa langue maternelle ; pourtant, d’autres élargissent le nombre de leurs langues de travail. Malgré l’opinion de la SFT et de certaines agences de traduction, cette décision ne suit aucune règle précise : elle dépend de la volonté et de la cohérence professionnelle de chaque traducteur.

Francesca Laganella

Source : http ://eurologos-milano.com/perche-si-dovrebbe-tradurre-solo-verso-la-propria-lingua-madre/

Un phare pour un océan de clients

Si la perspective de se lancer en freelance est synonyme de liberté d’action, elle contient cependant une notion d’instabilité. En effet, la principale peur de tout traducteur à son compte, c’est de ne pas avoir (assez) de client. Chose encore plus tangible lorsque l’on vient juste de terminer sa formation et que le grand bain semble davantage ressembler à un océan.

Alors que faire  ?

La réponse, bien évidemment, est de démarcher des clients.

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Des bouteilles à la mer

Bien que basique, démarcher des clients passe avant tout par le courrier électronique.

Le problème réside dans le succès de cette méthode  : pour vingt-cinq mails envoyés, combien seront lus  ? Combien seront retenus  ? Combien vont aboutir à une offre  ?

Le résultat oscille entre une réponse et rien du tout.

Jennifer Goforth Gregory, dans son livre The Freelance Content Marketing Writer, offre quelques éléments de réponse afin d’approcher cette phase de démarchage plus sereinement  : il ne faut pas avoir peur de la quantité. Si le ratio de réponse est faible, il suffit simplement d’augmenter les occurrences. Selon son expérience, obtenir au moins une réponse positive toutes les cinquante demandes et un client pour cent mails, c’est envisageable. Ceci peut donc amener à une quantité virtuelle de mails relativement effarante. Il convient cependant de garder à l’esprit que ce ratio reste avant tout un repère  : il est possible de trouver des clients rapidement, mais il ne faut pas hésiter à persévérer, même si de nombreux mails se sont déjà révélés infructueux.

Combien de clients  ?

Beaucoup de traducteurs pensent qu’entre vingt et trente clients suffisent, mais il ne faut pas s’arrêter en si bon chemin. De par la nature de ce métier, il est important de démarcher en continu, au rythme d’une à deux demandes par jour, afin de pouvoir garder une marge de manœuvre confortable. Construire son carnet prend du temps et toute perte de client doit donner lieu à une recherche accrue. Ceci est encore plus valable pour les nouveaux arrivants  : les premières semaines d’activité à son compte devraient se concentrer majoritairement sur la prise de contact.

Soignez l’étiquette

Si les demandes n’aboutissent pas, il existe peut-être d’autres raisons à cela. Il est important de bien vérifier le contenu et la formulation du mail, du CV ou de la lettre. En dépit de son caractère fastidieux, prendre systématiquement le temps de faire une demande individualisée peut s’avérer payant. D’autre part, il faut être conscient de son champ des possibles  : se limiter à certains domaines peut également être la source du problème.

Pour conclure, être à son compte, c’est être acteur de son succès, ou tout du moins de sa visibilité. Si l’objectif principal est de décrocher un client, devenir une « possibilité pour une traduction future » est (presque) aussi important. Le démarchage est une phase vitale pour le traducteur freelance et donc peut être source d’inquiétudes. Il n’y a pourtant aucun risque à se proposer, alors jetez-vous à l’eau  !

Clément Lagarde

Source  : http ://www.thoughtsontranslation.com/2018/08/13/much-marketing-enough/

Les ressources en ligne pour le traducteur

À l’ère du numérique, le traducteur dispose de plus en plus d’outils disponibles en ligne. Ces outils présentent l’avantage de ne requérir aucune installation logicielle sur un ordinateur vu que les données sont, la plupart du temps, stockées sur le Cloud. De plus, ils permettent à plusieurs personnes de travailler simultanément sur un même projet, peu importe l’heure ou l’endroit.  Mais en quoi ces options en ligne sont-elles différentes de leurs alternatives hors ligne  ? 

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Les logiciels de TAO

Il existe plusieurs logiciels de traduction assistée par ordinateur (TAO) disponibles entièrement en ligne. Que ce soit WordFast Anywhere ou Memsource, ces logiciels sont souvent gratuits et se présentent comme des versions plus confortables que leurs homologues gratuits hors ligne. Ainsi, les fonctionnalités d’une application comme OmegaT peuvent faire pâle figure à celles des autres concurrents. Certes, l’éventail de fonctionnalités reste large dans ces logiciels mais ces fonctionnalités requièrent souvent une connaissance approfondie et de fastidieuses manipulations.

D’un autre côté, les cadors du genre, tels que MemoQ et SDL Trados, sont très réputés pour leur puissance et jouissent ainsi d’une reconnaissance internationale en matière de TAO. Certaines de leurs fonctionnalités, vues d’abord comme accessoires, se sont peu à peu imposées comme indispensables de par le confort qu’elles offrent aux traducteurs. Par exemple, la fonction « d’auto-complétion » (en français, complètement automatique) pourrait sembler anecdotique, mais elle permet un tel gain de temps et de vitesse que les traducteurs ont du mal à s’en passer.

Quant à eux, les environnements de TAO en ligne semblent être de bons compromis entre accessibilité et fonctionnalités automatisées. Moins compliquée à utiliser que Trados ou MemoQ mais plus simple que des logiciels comme OmegaT, la TAO en ligne semble être une bonne manière pour les traducteurs novices de découvrir les logiciels de TAO. Cependant, les traducteurs plus expérimentés se tourneront sans doute vers des alternatives, certes plus coûteuses, mais également plus puissantes.

Les dictionnaires et bases terminologiques

Le cas des dictionnaires et des bases terminologiques en ligne semble plus simple à déterminer. Internet est une source formidable et inépuisable en termes d’informations. Alors oui, vous pouvez vous servir d’Internet pour vos recherches, mais tout en restant vigilant.

Pour un traducteur, l’internationalisation amenée par Internet se ressent surtout au niveau des différentes variantes d’une même langue. Ainsi, les bases de données terminologiques telles que TradooIT et Termium Plus fournissent des informations parfaitement fiables… pour les Québécois.  Le problème peut se retrouver dans plusieurs autres langues   : les différences entre l’anglais britannique et l’anglais américain, entre le portugais et le portugais brésilien ou encore entre le castillan et l’espagnol rioplatense par exemple.

Le principal souci des dictionnaires et des bases terminologiques en ligne reste donc la source de l’information et sa fiabilité. Après tout, bien savoir choisir ses sources fait aussi partie du travail du traducteur.

David Loury

Source  : http ://blog-de-traduccion.trustedtranslations.com/analisis-memsource-gestionar-proyectos-2018-04-20.html

Difficultés et joies du traducteur littéraire

Certains textes sont plus complexes à traduire que d’autres. Certains auteurs sont plus compliqués à transposer que d’autres.

Compliqués ou savoureux  ?

Si pour le lecteur, le style de l’auteur fait partie intégrante du plaisir et de la richesse de lecture, c’est aussi vrai pour le traducteur.

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Dans un récent entretien accordé à l’ATLF (Association Littéraire des Traducteurs de France), Nathalie Bru décrit sa méthode de travail et son amour pour l’écrivain qui l’a conduite à la traduction littéraire  : Paul Beatty.

« Jubiler dans d’atroces souffrances »

Nathalie Bru explique en effet qu’elle a découvert l’auteur au cours de ses études et que, sous le charme du texte, elle a décidé de surmonter ses difficultés pour en faire son sujet de mémoire puis le proposer à des maisons d’édition, estimant que l’auteur méritait d’être connu en France.

Elle souligne l’importance de s’éloigner du texte pour mieux le traduire, la nécessité de s’approprier le texte pour en conserver l’esprit et le sens plutôt que la forme. La fidélité passe par une fine connaissance du français afin de trouver une manière d’écrire qui gardera l’essence de la source au lieu de vouloir à tout prix coller au texte. Nathalie Bru précise  : « Je me laisse porter par le texte tel que je l’entends, tel qu’il résonne en moi et j’essaie de transposer cette musique dans une musicalité française qui me semble correspondre en me laissant autant que possible porter par ma plume. Bien sûr, il y a de nombreux réglages à faire ensuite. […] Avec ce type d’écriture, être fidèle au texte implique un degré de trahison supérieur à ce qui est nécessaire pour la traduction de textes disons plus “classiques”. » Le traducteur est alors lui-même poussé à la création de formes innovantes, à la recherche d’autres sources d’inspiration  : collègues, amis et enfants sont mis à contribution pour trouver une nouvelle fraîcheur et tester des idées.

Ce point de vue n’est pas sans rappeler la méthode d’André Markowicz qui, dans sa nouvelle traduction des livres de Dostoïevski, s’était attaché à rendre la véhémence des propos de l’auteur, la musicalité et la théâtralité des œuvres, au lieu de produire une traduction en beau français, déstabilisant à l’époque les puristes.

Nathalie Bru évoque également les questions que soulève un texte riche en références culturelles. Ce type de texte nécessite que le traducteur s’interroge non seulement en amont, pour lui-même s’assurer d’appréhender et de bien retranscrire ces références, mais également lors de la traduction  : le lecteur va-t-il les saisir  ? L’écrivain a-t-il prévu que celui-ci les comprenne  ? Est-ce fondamental à la compréhension du texte  ? Faut-il fournir des explications  ? Sous quelles formes  ? Comment résister à la tentation de fournir au lectorat toutes les informations que le traducteur a pris plaisir à glaner au cours des recherches et qui prouvent, si besoin était, le talent de l’auteur  ?

Pour reprendre les mots de Nathalie Bru, toute traduction littéraire n’est-elle pas finalement « un travail à la fois jubilatoire, exténuant, enrichissant (intellectuellement faute de l’être financièrement) et… terriblement frustrant »  ?

Alexane Bébin

Source  : http ://www.atlf.org/jubiler-dans-datroces-souffrances-nathalie-bru-paul-beatty/

Google Traduction : la mauvaise idée des gens pressés

De nos jours, les méthodes de traduction ne cessent d’évoluer. C’est notamment le cas des systèmes de traduction automatique, dont le plus connu est bien évidemment Google Traduction (GT). On peut d’ailleurs comprendre, à première vue, l’attrait que peut représenter un traducteur automatique comme celui mis en place par Google en 2006. Cependant, derrière l’innovation constante que connait Google Traduction, il reste des défauts inéluctables qu’une machine ne saurait corriger. Voici donc un petit tour d’horizon des raisons pour lesquelles une entreprise (et même tout simplement une personne) ne devrait pas faire usage de Google Traduction à la place d’un professionnel de la traduction.

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Une description alléchante…

Bien. Imaginez un instant que vous dirigez une petite entreprise. Vous commencez à connaître un certain essor et vous réalisez qu’il pourrait être bon de faire traduire votre site web et vos produits, peut-être même vos contrats et quelques autres documents officiels. Toutefois, vous êtes malgré tout un peu inquiet ; est-ce vraiment une bonne idée d’investir dans les services d’un traducteur professionnel si vous ne parvenez pas à atteindre le marché étranger ?

C’est alors qu’une idée vous traverse l’esprit : et si vous utilisiez Google Traduction ? Le service est gratuit et vous l’utilisez déjà ponctuellement pour chercher un mot de vocabulaire par-ci par-là.

Sur le papier, l’idée peut sembler intéressante. En effet, la technologie des traducteurs automatiques est en constante évolution et se révèle de plus en plus performante. Elle s’appuie sur des corpus de textes pour être aussi précise que possible et Google Traduction propose une option pour permettre à ses utilisateurs d’améliorer le contenu proposé. Enfin, il est clair que le nombre de paires de langues disponible est imbattable ; jamais un traducteur professionnel ne pourra vous en proposer autant puisqu’il traduit toujours vers sa langue maternelle. Mais n’y aurait-il pas une bonne raison à cela ?

 

Mais un résultat en-deçà des espérances

Traduire un texte, ce n’est pas seulement traduire des mots ou des groupes de mots. Ce que l’on traduit dans un texte, c’est le fond, le sens, et non la forme, or pour cela il faut une personne. Un traducteur automatique ne pourra jamais faire preuve de la sensibilité d’un être humain, trouver ce petit détail qui fait toute la différence. Vous l’avez peut-être remarqué ? Google Traduction traduit toujours le « you » anglais par « vous », jamais par « tu » alors que les deux sens sont corrects, tout dépend du cadre. C’est d’ailleurs bien là que se trouve le nœud du problème : Google Traduction fait fi du contexte.

Un texte est complètement dépendant de son contexte, et tenter de traduire un texte indépendamment de son cadre c’est comme essayer de cuisiner sans connaître le goût des aliments utilisés : vous aurez peut-être de la chance, cela ne sera peut-être pas mauvais, mais cela ne sera jamais aussi bon que vous l’espériez. Les concepteurs de Google Traduction le savent d’ailleurs bien, c’est pourquoi le système s’appuie sur des corpus pour pallier le problème. Cependant, les contextes de deux textes différents ne sont jamais égaux, c’est pourquoi on peut aisément faire la différence entre une traduction professionnelle et une traduction automatique.

Par ailleurs, lorsque vous rentrez un texte sur Google Traduction, l’application l’enregistre automatiquement pour pouvoir le traduire, ce qui représente un gros problème pour les documents confidentiels qui ne doivent surtout pas être rendus public.

Enfin, dites-vous bien qu’une mauvaise traduction met en danger la crédibilité de votre entreprise puisqu’elle lui donnera une image aux antipodes de la rigueur professionnelle attendue, ce qui est contreproductif.

Toutes ces notions sont, certes, vraies pour Google Traduction, mais les autres traducteurs automatiques (Reverso, DeepL, Linguee, etc.) n’y échappent pas non plus. Même si ces applications deviennent de plus en plus précises, elles restent encore loin des performances des traducteurs professionnels.

Margaux LECLERC

Source : https ://www.gala-global.org/blog/6-reasons-avoid-using-google-translate

Trucs et astuces pour une traduction culinaire aux petits oignons

Voilà maintenant quelques années que vous roulez bien votre bosse en anglais – plutôt bien, même. Vous avez voyagé à travers le monde, grisé par l’idée de pouvoir échanger avec 99 % de la population. Vous êtes capable de comprendre des manuels d’instruction sur le fonctionnement d’extrudeuses bivis ou sur la façon de remplacer le filtre à carburant de votre voiture. Vous êtes devenu un fin gourmet qui refuse toute forme de série ou de film si ce n’est pas en VO (et qui vous jetterait la pierre ?). Bref, c’est comme si, depuis vos études de traduction, les barrières culturelles n’existaient plus… Enfin, à un détail près.

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C’est dimanche après-midi, vous avez rayé le dernier élément de votre to-do list et maintenant, vous ne savez plus quoi faire. C’est alors que, comme toute personne sensée, vous vous dites : « Et si je faisais des cookies ? ». Vous tapez donc les mots clés (en anglais, bien entendu) dans la barre de recherche et vous vous laissez tenter par une des recettes. Et là, c’est le drame. Ces hérétiques mesurent tout en cups et en tablespoons ! Mais comme vous êtes une personne pleine de ressources qu’aucun obstacle ne saurait arrêter, vous ouvrez un nouvel onglet et allez chercher les équivalences à ces mesures. Certains sites offrent des tableaux de conversion en fonction du type d’ingrédient (une cup de farine n’est pas équivalente à une cup de cassonade, et encore moins à une cup de lait), d’autres sites font même la conversion à votre place. Une chose reste certaine : rien ne sera aussi précis que si vous étiez dans le pays d’origine avec les instruments de mesure d’origine. Mais si l’enjeu n’est pas énorme en ce qui concerne vos cookies du dimanche après-midi, imaginez les sueurs froides le jour où on vous approchera pour vous demander de traduire un livre de cuisine.

Si la traduction culinaire met l’eau à la bouche, la créativité qu’elle requiert est à la hauteur de la diversité des recettes, et elle comporte certains obstacles pouvant se révéler compliqués à surmonter pour le traducteur.

L’écueil le plus évident est celui des mesures. Si vous avez de la chance, un tableau de conversion aura été ajouté à la fin du livre que vous devez traduire. Cependant, on s’imagine bien que ce procédé peut vite devenir agaçant pour le lecteur, et il est probable que vous deviez vous résoudre à utiliser votre vieille calculatrice Casio pour adapter le contenu du livre de cuisine au public cible. Pour ce faire, on peut procéder à un remplacement des mesures du texte source et les conserver entre parenthèses, mais ce n’est pas une méthode très commune car elle risque d’embrouiller le lecteur. On procède donc généralement à un remplacement complet, c’est-à- dire que l’on effectue la conversion et que l’on indique « 240 g de farine » pour une recette de base qui en requiert précisément deux cups. Il faut
cependant se montrer très prudent avec cette méthode d’équivalences car la cuisine est un art capricieux.

« D’accord, mais encore faut-il pouvoir se procurer tous les ingrédients indiqués », me direz-vous, et vous aurez bien raison. Si vous traduisez un livre de recettes japonaises, attendez-vous à devoir inclure de nombreux ingrédients que l’on ne peut acheter que dans des supermarchés spécialisés : le dashi, un bouillon de poisson, constitue par exemple la base de la soupe miso ou des bouillons pour les nouilles. C’est ce genre d’ingrédients qui peut justifier l’ajout d’un glossaire dans le livre de recettes.

L’obstacle de la différence culturelle s’étend même aux ustensiles de cuisine. Ainsi, vous avez beau vivre en France et être amateur d’orgies de sushis faits maison, cela ne signifie pas forcément que vous disposez du bac en bois traditionnel japonais dans lequel on remue le riz avec une cuillère spéciale tout en le refroidissant avec un éventail. C’est dans ce genre de situations qu’il vous serait utile de connaître des personnes issues de la culture source qui pourraient éventuellement vous donner des astuces pour adapter la recette au public cible.

Il est cependant important de préciser que votre rôle de traducteur vous impose de coller à la recette d’origine autant que possible, et que vous devrez systématiquement justifier vos suggestions de substitution. Cela peut sembler évident, mais face à une recette à base de homard, vous ne pouvez pas estimer que c’est un ingrédient trop cher ou trop compliqué à se procurer et décider de le remplacer par des crevettes.

En conclusion, l’important est donc de trouver le juste milieu entre une recette dénaturée car trop localisée et une recette absolument incompréhensible pour un public ignorant tout de la culture source. En tant que traducteur, vous devriez essayer autant que possible de réaliser vous-même les recettes pour vous assurer que le goût et l’apparence sont bien similaires à ceux de la recette d’origine.

Rachel Renouf
Révisé par Camille Le Corre et Virginie Le Diagon

Source : http ://www.translationdirectory.com/articles/article2047.php