Localisation et traduction de vidéos : un service qui tend à prospérer

Le format vidéo est aujourd’hui une excellente passerelle d’informations. Que ce soit les entreprises ou le service public, tous utilisent ce format simple et efficace pour faire passer leur message. Avec les moyens de communication et les plateformes actuels, les vidéos sont des moyens ludiques et rapides de se maintenir informé. Elles fournissent, par ailleurs, un travail important aux sociétés de localisation et de traduction.

suite

Aujourd’hui, de plus en plus d’entreprises utilisent le format vidéo comme un outil marketing. Une vidéo bien réalisée permet de capter l’attention du client sur des points bien précis et devient bien plus efficace qu’un texte. La vidéo se révèle alors être un atout majeur déclinable dans quasiment tous les domaines : l’économie, la publicité, les jeux vidéo, etc.

Les sociétés de traduction ou de localisation ont un rôle majeur car elles permettent la diffusion de cette information. La plupart du temps c’est un produit ou un concept qui est présenté dans ce type de format. Dans l’optique de conquérir les marchés étrangers, il est nécessaire d’adapter le contenu en fonction de la cible visée.

Les sociétés de traduction et de localisation proposent des services variés à leurs clients, maximisant ainsi leur retour sur investissement. Voici les principaux services qu’elles peuvent offrir :

  • Doublage : vise à remplacer la bande son originale par celle produite dans la langue souhaitée. Le doublage nécessite un processus de traduction particulier en amont, car le linguiste doit, dans un premier temps, analyser le mouvement des lèvres originel afin que la traduction s’y conforme et que le doublage ne se remarque pas.
  • Sous-titrage : consiste à ajouter à l’écran le texte du dialogue ou de la narration, traduit ou non.
  • Voice-over : consiste à remplacer ou à superposer la voix originale par le texte traduit. Il est alors possible de substituer complètement la traduction à la version originale ou de laisser cette dernière en fond sonore.
  • Voix-off : correspond à la voix d’une personne qui n’est pas à l’image. Une fois le script traduit, le comédien délivrera le message en adoptant une diction adéquate et en marquant les pauses nécessaires.

Moins couteux que le doublage, le voice-over et la voix off constituent des alternatives intéressantes au sous-titrage, qui oblige le spectateur à se concentrer sur la lecture, au détriment du reste de la vidéo. Il s’agit d’un service plus souple et plus rapide.

S’agissant d’un format narratif très efficace en termes de communication, la vidéo s’inscrit en permanence dans l’utilisation des réseaux sociaux. Non seulement c’est un support captivant, mais elle est la forme de contenu la plus partagée sur internet.

Arthur CHEVALLIER-LETORT
Révisé par Margaux LECLERC

Quel doublage pour quel budget  ?

Le doublage : une évidence pas si évidente

Quand il s’agit de faire découvrir une œuvre audiovisuelle en langue étrangère au plus grand nombre, le doublage est préféré au sous-titrage. Pas besoin de lire un texte pouvant nous couper de l’action : tous les personnages anglophones, asiatiques ou autres Russes semblent avoir miraculeusement appris le français pour le plus grand confort du spectateur. Christel Salgues, responsable du doublage chez TF1, parle d’une chute d’audience d’environ 30 % pour les programmes sous-titrés en comparaison avec les œuvres doublées.

suite

Cependant, si cette hausse de visibilité est alléchante, doubler des films ou des séries est loin d’être une décision évidente à prendre. En effet, le doublage a un prix, et pas des moindres : au lieu d’une simple traduction prenant en compte la longueur des phrases, tout un travail audio est également effectué, faisant alors gonfler les coûts. Tous les doublages ne se valant pas en ce qui concerne l’utilité et les tarifs, il faut alors sélectionner soigneusement celui qui sera utilisé.

Les moins vivants, les moins coûteux

Il semble évident que les doublages les moins onéreux, que ce soit dans le sens financier ou temporel du terme, sont ceux qui nécessitent le moins de travail en matière de voix. L’exemple le plus flagrant est la voix off, comme dans le cas de documentaires par exemple : il s’agit dans ce cas de remplacer la voix originale par la voix du doubleur, avec pour seule contrainte la durée de parole, afin de cadrer avec les scènes visuelles. Vingt minutes de voix off sont enregistrées en une heure de studio.

Le voice-over est une technique répandue dans le domaine journalistique, fréquemment utilisée lors d’interviews étrangères : la voix originale est conservée pendant deux à trois secondes, puis son volume est diminué afin de faire place au doublage. Là encore, pas d’artifice ni d’émotion : la phrase est débitée pour coller au timing de l’interview, mais rien d’autre n’est à prendre en compte. De ce fait, environ un quart d’heure de voice-over peut être enregistré en une heure de travail.

On peut également noter l’apparition récente des voix de synthèse pour les textes courts ne nécessitant pas de voix humaine, tels que des tutoriels ou nos répondeurs téléphoniques. Elles représentent une économie non négligeable, puisqu’il n’y a pas de recours à un doubleur ; les voix sont générées automatiquement par l’ordinateur.

Du doubleur au comédien de doublage

Si les techniques précédentes sont économiques, elles manquent indubitablement d’émotion et de profondeur. Pour remédier à cela, il faut savoir faire la différence entre un doubleur et un comédien de doublage. Ce dernier a pour but de faire « vivre » le doublage, remplaçant la voix originale par une interprétation tout aussi humaine.

On parle dans un premier temps de synchronisation de phrases : le comédien interprète phrase après phrase, s’appliquant à commencer au moment où un personnage parle et à finir au moment même où il s’arrête. Cette méthode laissant beaucoup moins de liberté à l’auteur de la traduction ainsi qu’à la personne donnant sa voix, une heure de travail est nécessaire pour produire dix minutes de synchronisation.

Enfin, le doublage auquel nous sommes confrontés dès que nous regardons un film ou une série américaine se nomme le lip-sync, comprendre par là « synchronisation des lèvres ». Tout est dans le mot : il s’agit de faire correspondre non seulement le texte, l’émotion et le temps de parole, mais également le mouvement des lèvres. Ceci requiert un travail complexe de la part des auteurs, puisqu’il leur faut adapter les sonorités de la traduction aux lèvres des acteurs. Le rendu est évidemment le plus apprécié, puisque cela donne l’impression que les acteurs parlent la langue cible comme s’ils étaient natifs ! Cependant, qui dit travail supplémentaire dit coûts supplémentaires. Seuls les films et séries diffusés par de grands distributeurs auront la chance d’avoir un budget alloué à leur doublage « lip-sync ». Le temps à consacrer est également plus conséquent, représentant une heure de travail en studio pour moins de cinq minutes de résultat final.

Pour faire simple, si notre cher Harry Potter maîtrise aujourd’hui aussi bien l’anglais que le français ou le népalais, il n’en aurait pas été autant si sa popularité n’avait pas été aussi fulgurante… et si son compte à Gringotts n’avait pas été aussi rempli.

Avatar du rédacteur Camille Herriau

Sources :

Sajan (source principale) : https ://www.sajan.com/variations-of-voice-over-dubbings/

Slate : http ://www.slate.fr/story/18195/pourquoi-la-france-double-t-elle-tout-le-monde