Recherches en psychopathologie clinique : Champs et pratiques spécifiques (RENNES 2)

Le thème prévalent de la composante Champs et pratiques spécifiques porte sur l’articulation de l’objet épistémologique fondateur : la psychopathologie, dans ses approches et paradigmes épistémologiques, au regard de ses modes d’expérience dans les domaines distincts de professionnalité qui y font appel. Il s’agit d’examiner à chaque fois les conditions scientifiques et pratiques des logiques de transversalités, de collaboration pluri- professionnelles (médecine, droit, éducation), et multi-disciplinaires. Considérant que nombre de jeunes praticiens formés se tournent vers nos équipes pour approfondir leurs liens à la recherche, cette composante est le lieu de fédération de problématiques professionnelles construites, incluses dans les divers partenariats fondateurs. Deux grands axes informent cette composante : les problématiques de corps et de pratiques médicales « Clinique en milieu médical », et les questions liées au champ judiciaire, pénal, des différents modes de surveillance, et plus généralement criminologique.


Sous-composante « Clinique en milieu médical » :

La Sous-composante Clinique en milieu médical bénéficie de l’implantation renouvelée de chercheurs du site rennais dans différents hôpitaux, services de médecine, structures sanitaires et sociales mais aussi plus généralement de la fédération d’intérêts portés sur les liens entre corps, sujet et discours, sur l’ensemble des varias que comportent les rapports entre corps somatique et trouble psychique, entre corps malade et position subjective. Ces centres d’intérêt amènent à questionner et étudier les modes de prises en charge cliniques comme les discours qui ont cours au sein de différents services spécialisés (oncologie, dermatologie, soins palliatifs, psychiatrie, etc.), mais aussi dans le cadre des institutions éducatives. Les recherches nationales et internationales pluridisciplinaires en cours portent sur la place du sujet dans les pratiques soignantes contemporaines autour d’enjeux sanitaires majeurs pour notre société : atteintes corporelles (marques corporelles, implants, violences envers soi, phénomènes psychosomatiques, etc..), syndromes douloureux persistants (fibromyalgie), maladies dégénératives (Alzheimer) et auto-immunes (psoriasis, lupus, etc.), pratiques addictives et de l’excès (binge dringing, toxicomanie), clinique du trauma, prise en charge du mourir. Il s’agit de dépasser l’orientation thérapeutique relevant du seul modèle biopsychosocial pour engager une réflexion sur les fonctions psychiques qu’inaugurent dans leur chronicité et actualité ces usages particuliers du corps.

Responsable

Jean-Luc GASPARD (MC)


Sous–composante « Clinique en milieu judiciaire » :

La Sous-composante Clinique en milieu judiciaire distribue ses recherches au long d’axes principaux de travail : Méthodes et moyens d’analyse ; Responsabilité, avec ses définitions judiciaire et psychopathologiques : dangerosité et expertises : questions éthiques ; questions de maltraitance et violences domestiques ; modes émergents de délits et crimes. L’analyse des conduites de violence et d’agression est une thématique générale qui permet de discriminer des logiques distinctes, et de définir les concepts et méthodes qui se conçoivent en fonction des types dégagés, voire exemplaires : homicides, agressions sexuelles, violences aux personnes etc. Les notions de socialisation et transgression, celles de conduites d’agression et de violence chez l’enfant et l’adolescent, les types d’articulation entre déviance et délinquance chez l’adolescent sont développées au regard et par approches psychopathologiques, afin de contribuer au débat sociologique et juridique de ces questions. Les violences privées sont intégrées comme objets d’étude : violences conjugales, violences familiales, violences parentales (enfants maltraités, parents martyrs etc.) ; pratiques de défi et de prise de risque en groupes ; psychologie de la peur (insécurité, violences d’emprise, etc.) ; criminalité et espaces urbains ainsi que les violences organisationnelles (sectes, harcèlement au travail, stress, abus de pouvoir, épuisement professionnel, suicide). Enfin les questions de fanatisme et d’enfermement : carcéralité, hospitalisation, « travail psychique » de la peine) le vécu carcéral, violences (auto et hétéro) et la prison requièrent actuellement un intérêt particulier.

Responsable

Pierre Paul COSTANTINI (MC)
02.99.14.19.57


Membres statutaires enseignants-chercheurs